LA TRIBUNE- Quelle est votre analyse de la loi de programmation militaire (LPM) dans le domaine des hélicoptères, une capacité qui semble-t-il a été rabotée par rapport aux ambitions initiales ? En tant que commandant de l'Aviation légère de l'armée de terre (ALAT), êtes-vous satisfait ?
GENERAL PIERRE MEYER, COMMANDANT DE L'ALAT- Je suis un commandant de l'ALAT optimiste, qu'il s'agisse de nos hélicoptères de reconnaissance et d'attaque (HRA), de nos hélicoptères de transport manœuvre et d'assaut (HMA) mais aussi de notre futur hélicoptère, le Guépard. Dans cette LPM, la pérennisation du Tigre semble en bonne voie en coopération avec l'Espagne. L'armée de Terre conservera ainsi sa cible de 67 Tigre. Les discussions sont en cours et je ne doute pas que nous trouverons un niveau d'ambition technologique commun qui permettra d'employer le Tigre jusqu'aux années 2040/2045 et donc d'attendre son successeur, le système d'attaque de l'aérocombat du futur (SAAF). La LPM voit également la poursuite de la modernisation et de l'homogénéisation de la flotte HMA (+ 8 Caïman) ainsi que l'arrivée des premiers Guépard.
Mais le niveau d'ambition de la modernisation du Tigre a été revu à la baisse avec la fin du standard 3. Sur le plan opérationnel, y aura-t-il des répercussions pour l'ALAT ?
En intégrant les attentes de notre allié espagnol, n
otre objectif aujourd'hui est de fixer quel ser
a
le niveau d'ambition pour pallier
la fin du standard 3. J'ai de bons espoirs que l'on parvienne à
un standard permettant à l'ALAT de continuer à disposer de capacités performantes dans le cadre
de la haute intensité. Le Tigre est-il vraiment un hélicoptère conçu pour la haute intensité ?
Sans a
ucun doute. Le Tigre est conçu
pour le combat de
haute intensité. C'est un point très important parce qu'on a entendu beaucoup de choses contradictoires
dans le cadre de
la guerre en Ukraine. J'
affirme que le Tigre est bien l'arme de la haute intensité dès lors qu'on l'emploie correctement. L'ALAT a ainsi
toujours développé un concept original d'aérocombat, enseigné en école et appliqué
en opération y compris de haute intensité. P
eu de pays ont ce savoir-faire
: les États-Unis et la France, qui est la seule en Europe.