Quels sont les enjeux du conseil ministériel de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui se tient à Paris les 22 et 23 novembre ? Organisé tous les trois ans, le conseil ministériel de l'ESA réunit les ministres en charge du spatial des 22 États membres de l'Agence, dont trois de ses membres ne font pas partie de l'Union européenne (Grande-Bretagne, Norvège et Suisse), pour déterminer ses grandes orientations stratégiques et son budget triennal (2023-2025). Ce conseil est particulièrement important pour la structuration du travail de l'ESA pour les trois prochaines années, voire au-delà jusqu'en 2027. Le dernier conseil ministériel de l'ESA, qui a eu lieu à Séville en Espagne en novembre 2019, avait permis à l'Agence d'obtenir un budget triennal record de 14,38 milliards d'euros pour préparer, lancer et poursuivre les programmes spatiaux européens sélectionnés par l'ESA.
Le directeur général de l'ESA Josef Aschbacher demande aux États membres de souscrire 18,7 milliards d'euros lors de ce conseil ministériel de l'ESA. La marche pourrait être trop haute pour un budget triennal, comme estimait il y a une quinzaine de jours une source française proche du dossier. La contribution totale des États membres pourrait atterrir à moins de 17 milliards d'euros (autour de 16,3 milliards), évaluait cette source. Pour autant, les pays, notamment les grandes puissances spatiales (Allemagne, France, Italie), se gardent toujours des marges de manœuvre lors des négociations. En revanche, elle s'élèvera très certainement à 18,7 milliards d'euros sur les cinq prochaines années (2023-2027).
Car comme le rappelait début novembre le PDG du CNES Philippe Baptiste lors d'une audition à l'Assemblée nationale par l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), « la conférence ministérielle est vraiment un moment important parce qu'il marque les ambitions de tous les États membres et il permet de voir aussi sur les différents sujets qui va prendre le leadership sur tel ou tel programme pour être extrêmement concret ». Le bilan d'une ministérielle permet in fine de mesurer le poids que vont peser les 22 membres de l'ESA dans le domaine spatial. Ce qui n'est pas rien compte tenu des enjeux stratégiques liés au spatial (accès à l'espace, télécoms, observation de la Terre, climat, exploration...)