Une provision de plus pour l'A400M, un cauchemar sans fin pour Airbus ?

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Les provisions passées par Airbus pour le compte de  l'A400M s'élèvent à plus de 10 milliards d'euros depuis le lancement du programme
Les provisions passées par Airbus pour le compte de l'A400M s'élèvent à plus de 10 milliards d'euros depuis le lancement du programme (Crédits : Pascal Rossignol)
La malédiction de l'A400M a encore frappé. Le constructeur européen a encore été contraint de passer sur les comptes de 2017 une charge totale nette de 1,299 milliard d'euros pour le compte de l'avion de transport militaire européen.

Et une provision de plus pour de l'A400M, un programme qui n'a jamais été maîtrisé par Airbus depuis son lancement au début des années 2000. Le constructeur européen a donc encore été contraint de passer sur les comptes de 2017 une charge totale nette de 1,299 milliard d'euros liée à l'avion de transport militaire européen, dont 1,149 milliard au quatrième trimestre. Pour autant, Airbus semblait à la fois confiant pour enfin maîtriser ce programme militaire mais restait prudent. Logique compte tenu de l'historique de ce programme cauchemardesque.

"Nous avons amélioré la situation en matière industrielle et capacitaire , et convenu d'une remise à plat contractuelle avec les clients gouvernementaux, qui devrait sensiblement réduire les risques résiduels du programme", a estimé jeudi Airbus dans le communiqué présentant sur les résultats de 2017.

En 2017, Airbus a livré 19 A400M (contre 17 en 2016). Le constructeur doit en livrer 16 (15 + 1 appareil non livré fin 2017 à l'Allemagne) en 2018 et 11 en 2019. "La cadence de production a été ajustée pour recalibrer les niveaux de stock tandis que la feuille de route des capacités militaires a été redéfinie", a expliqué Airbus.

Pourquoi cet optimisme

En 2017, Airbus a engagé des discussions avec l'OCCAR, l'agence européenne qui gère l'A400M, et surtout les pays clients qui ont conduit à la signature d'une déclaration d'intention (DoI) en février 2018. Elle prévoit "une remise à plat générale du contrat, dont un nouvel échéancier de livraison, une feuille de route actualisée des capacités techniques et un calendrier révisé des opérations de rétrofit".

Cette déclaration représente pour Airbus "un important pas en avant pour parvenir à un accord contractuellement exécutoire qui permette également de réduire l'exposition commerciale tout en répondant aux besoins des clients en termes de capacités et de disponibilité des appareils", a estimé le constructeur. Grâce à cette feuille de route clarifiée, "l'exposition résiduelle d'Airbus à l'avenir devrait être plus limitée", a-t-il assuré.

Nouvelles provisions

Une revue détaillée du programme, qui a inclut une évaluation de l'impact financier des adaptations relatives au calendrier, aux capacités et aux activités de rétrofit,a été conclue au quatrième trimestre 2017. A l'issue de cet exercice, Airbus a été conduit à augmenter de 1,299 milliard d'euros la provision pour pertes à terminaison. Ce qui a conduit le directeur financier Harald Wilhelm a sévèrement recadré en début d'année le patron d'Airbus Defence & Space, Dirk Hoke, prié de serrer les boulons sur l'A400M, selon nos informations. A partir de 2006 (352 millions d'euros), le constructeur a régulièrement provisionné des charges pour faire face à des imprévus et à des aléas sur ce programme maudit.

Sur les trois dernières années (2017, 2016 et 2015), Airbus a passé des provisions de plus de 4,2 milliards d'euros pour le compte du programme A400M. Fin 2009, le surcoût de l'appareil de transport militaire est évalué fin 2009 entre 7,5 et 8 milliards d'euros. En 2008 et 2009, le groupe européen avait notamment dû provisionner respectivement 700 millions et 1,8 milliard d'euros. Soit une addition qui se monte à plus de 10 milliards d'euros...

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Commentaires
a écrit le 16/02/2018 à 14:14 :
"Ce qui a conduit le directeur financier Harald Wilhelm a sévèrement recadré "

à récadrer
a écrit le 15/02/2018 à 13:30 :
L'action à plus de 90 euros , plus de 10% sur la journée . C'est ça l'essentiel
Réponse de le 15/02/2018 à 18:01 :
Non ce n'est pas cela la vraie vie d'une industrie et heureusement
a écrit le 15/02/2018 à 13:11 :
Un Kerviel de provision!
unité de compte devenue banale.
a écrit le 15/02/2018 à 12:41 :
" l'avion de transport militaire européen."
Autant que je sache il n'y a qu'une demi-dizaine de pays qui participent à la construction de cet avion et certains uniquement symboliquement. Alors à parler de " l'avion de transport militaire européen" me semble un peu exagéré.
Berlusconi avait à l'époque prévu que ce serait une arnaque franco-allemande et avait refusé d'en commander.
Bien lui en a pris, les avions américains sont beaucoup moins cher et plus fiables.
Réponse de le 15/02/2018 à 21:09 :
Exact. Quand aux profits positives l'ensemble on l'appele d'un societe francais (chiffres des douanes), par quand des echecs l'entreprise se tourne europienne. Il y a un aspect d'indoctrination.
a écrit le 15/02/2018 à 12:27 :
Même dans une publication de la Tribune, on ne maîtrise pas l'orthographe ? Désolant.
a écrit le 15/02/2018 à 11:05 :
Tout cet argent "evaporé" n'aurait-il pas pour finalité de financer un armement occulté ? Si on considère la question du retour du service militaire en France, l'objectif européen de considérablement augmenter les dépenses militaires, et le contexte international, on a tous ingrédients pour une nouvelle grande guerre. La crise du moyen orient ne serait qu'un exercice de préparation.
Réponse de le 15/02/2018 à 12:47 :
Louis XIV, le roi soleil, avec 54 années de règne dont 33 années de guerre ne risque cependant pas d'être égalé par le nouveau roi soleil Macron.

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