FoodTech : le livreur de paniers recettes bio Rutabago lève 1,8 million d'euros

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Rutabago compte aujourd'hui 3.000 clients. Avec 12 salariés en CDI, la startup devrait atteindre un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euro en 2019.
Rutabago compte aujourd'hui 3.000 clients. Avec 12 salariés en CDI, la startup devrait atteindre un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euro en 2019. (Crédits : DR)
Les deux principaux actionnaires de l'entreprise, créée en 2016, deviennent Biocoop et le fonds NovESS. L'objectif est de livrer un million de repas en 2020.

Dans l'écosystème foisonnant de la FoodTech, Rutabago occupe une niche. Celle de la livraison, mais non pas de plats préparés : plutôt de paniers recettes, contenant tous les ingrédients et les instructions pour cuisiner soi-même son dîner. Une niche dans la niche, en réalité, puisque tous les aliments compris dans le panier livré chaque semaine - après souscription d'un abonnement sans engagement, personnalisé selon le nombre de repas et de convives choisi - sont de surcroît certifiés bio, alors que les recettes sont conçues par des chefs et validées par des nutritionnistes.

Portée par la tendance sociale du retour au "fait maison", ainsi que par la croissance de la demande de produits bio, cette niche semble toutefois prometteuse. Créé en 2016 par trois entrepreneurs à la recherche "d'un projet faisant sens et ayant un impact positif", Rutabago compte aujourd'hui 3.000 clients. Avec 12 salariés en CDI, la startup devrait atteindre un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euro en 2019, et affirme avoir réalisé, depuis son lancement, une croissance mensuelle moyenne de 25 %.

"En 2020, le marché des paniers recettes prêts à cuisiner devrait atteindre 10 milliards d'euros, et on estime que la France pourrait en capter 5%", ajoute Younes El Hajjami, cofondateur et directeur général de Rutabago.

Des synergies en vue avec Biocoop

Une dizaine d'acteurs de la transition alimentaire et de l'économie sociale et solidaire ont donc décidé de parier sur l'entreprise. Après avoir levé 210.000 euros en 2016, Rutabago vient en effet de finaliser son deuxième tour de financement, d'un montant de 1,8 million d'euros.

Ses deux principaux nouveaux actionnaires deviennent ainsi le leader français de la distribution spécialisée bio Biocoop, qui collabore déjà avec la startup depuis janvier, et qui par cet investissement espère développer des synergies en termes d'approvisionnement comme d'offre; et le fonds de financement de l'économie sociale et solidaire NovESS. A ces investisseurs s'ajoutent la Fondation Daniel & Nina Carasso (à travers son fonds d'investissement à impact, spécialisé dans l'alimentation durable et géré par la société Quadia), le réseau Club Invest IDF et la plateforme de financement participatif et solidaire Lita.co, ainsi que la coopérative financière La Nef, la Région Île-de-France et trois "autres acteurs financiers et institutionnels".

L'enjeu : augmenter les volumes

Le choix de ces investisseurs est censé garantir l'engagement de l'entreprise sur des objectifs aussi extra-financiers. Depuis mars 2019, la société a en effet inscrit dans ses statuts son objectif de contribuer à une société plus responsable et se déclare "entreprise sociale et solidaire". Rutabago, dont la vocation première est de soutenir l'essor de la filière bio, se prévaut d'ailleurs aussi de contribuer à la diminution de la consommation de viande, en proposant une majorité de recettes végétariennes, ainsi qu'à celle du gaspillage alimentaire, grâce au pré-dosage des ingrédients.

Si les aliments livrés ne sont pas de provenance locale - les recettes étant les mêmes dans toute la France, et les paniers étant préparés à Paris -, Rutabago affirme néanmoins œuvrer à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport des marchandises et à la livraison des repas, et compenser le reste. L'objectif de la levée de fonds est de permettre à la jeune entreprise de livrer un million de repas en 2020, à savoir quatre fois plus qu'en 2019. En effet, si "chaque panier est en lui-même rentable", Rutabago dans son ensemble ne l'est pas encore, les volumes n'étant pas suffisants, note le directeur général. L'argent collecté doit alors servir à améliorer la notoriété de l'entreprise, et en parallèle à automatiser la chaîne de production des paniers, aujourd'hui essentiellement manuelle, explique Younes El Hajjami.

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Commentaires
a écrit le 11/09/2019 à 0:39 :
Bonne initiative pour accroître l'offre alimentaire bio. Mais il y a qd même un gros hic. L'offre proposant un fort contenu de légumes frais ne garantit plus leur fraîcheur que maintiennent des circuits courts à l'élaboration comme à la livraison.
Qui interdit à ce que les ingrédients viennent d'Espagne, des pays bas, d'Allemagne pourvu qu'ils soient bio et soient réexpédiés après transfo à Paris sur Nantes, Strasbourg ou Marseille. Bjr le bilan CO2 et le développement de la filière bio en France. Si le service est à ce prix, autant garder le bon panier des AMAP et trouver les recettes sur internet.
Un tel service est à déconcentrer ds les magasins Biocoop locaux qui traitent alors tt en local.
a écrit le 10/09/2019 à 18:35 :
Quelle riche idee.... bientot McDO livrera tous les ingredients pour faire son BigMac a la maison, mais en le payant plus cher...
et aussi un service d'uber-cuistots pour aller cuisiner le bon panier bio pour les invites.... Et apres, on se plaint de son "pouvoir d'achat"?

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