Inflation : la sécheresse va faire encore monter le prix du lait

Ayant déjà progressé de 4,5% en un an, le prix du lait va encore augmenter en raison de la sécheresse exceptionnelle en France, qui réduit le volume d'herbe pour nourrir les vaches, ce qui renchérit les coûts de production.
Pour les produits laitiers, le prix des yaourts a augmenté de 4,5% entre juin 2021 et juin 2022, le lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%, le beurre de 9,8% et le fromage de 5,2%.
Pour les produits laitiers, le prix des yaourts a augmenté de 4,5% entre juin 2021 et juin 2022, le lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%, le beurre de 9,8% et le fromage de 5,2%. (Crédits : Reuters)

"Les augmentations de prix, qui existent depuis plusieurs mois, vont perdurer sur les produits laitiers", prévient Benoît Rouyer, directeur économique du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), cité par l'AFP.

Depuis un an, entre la rapide reprise post-Covid et la guerre en Ukraine, une succession de chocs a nourri l'inflation sur les produits alimentaires. Pour les produits laitiers, le prix des yaourts a augmenté de 4,5% entre juin 2021 et juin 2022, le lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%, le beurre de 9,8% et le fromage de 5,2%. "Mauvaise nouvelle pour le consommateur, on ne voit pas l'inflation baisser sur les produits laitiers dans les semaines à venir", poursuit l'économiste.

Un record de 70 ans

Le réchauffement climatique a lui aussi eu un effet très concret. Le mois de mai a été anormalement chaud et sec, trois fortes canicules ont suivi en juin, en juillet et début août. La sécheresse est "la plus marquée des 70 dernières années", relève Christian Huyghe, directeur scientifique Agriculture de l'Inrae.

Cette sécheresse a eu pour conséquence de faire baisser la production d'herbe de 21% par rapport à la normale en juillet, à une période où les vaches laitière se nourrissent en grande partie au pâturage, selon les données d'Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture. Lorsque dans les prairies, l'herbe n'est plus verte, trois options se présentent aux éleveurs: puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, acheter de l'alimentation animale, ou vendre une partie du cheptel pour réduire leurs charges.

Les prix des aliments pour les vaches laitières ayant augmenté de 25,9% en mai par rapport à mai 2021 selon Agreste, de nombreux éleveurs s'accordent à dire que le plus rentable reste de se séparer d'une partie de ses animaux.

Il y aura encore du lait dans les rayons, mais un "manque de lait" pourra se faire sentir, estime Benoît Rouyer. "Globalement, un manque de lait va induire une diminution des possibilités de produire du beurre, de la crème, des briques de lait, des fromages... Et quand vous avez un manque de produit, qu'importe la filière, il y a un impact sur le prix", explique-t-il.

Négociations avec les distributeurs

Avec une subtilité: dans le système agroalimentaire actuel, des négociations commerciales sur les prix alimentaires ont lieu une fois par an et les prix auxquels les distributeurs (hyper et supermarchés...) achètent le lait aux producteurs ne montent pas automatiquement au rythme des hausses des coûts de production subies par les éleveurs. Les négociations ont été rouvertes au printemps, et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) demande que le litre de lait vendu dans les rayons de supermarchés approche l'euro d'ici la rentrée "contre 78 centimes en hard-discount", selon les observations que leur réseau a menées cet été.

En 2021, les prix du lait de vache payés aux producteurs s'élevaient à environ 390 euros les 1.000 litres en moyenne, en hausse de 4,3% par rapport à 2020. Si le prix est monté à 427 euros en mai 2022, les syndicats clament que ce nouveau prix ne couvre toujours par leurs coûts de production et demandent de nouvelles hausse. En comparaison, "en Allemagne, la tonne de lait coûte 480 euros, en Belgique c'est environ 500 euros et aux Pays-Bas on monte à 540 euros les 1.000 litres", explique Thierry Roquefeuil, président de la FNPL.

Si la France n'atteint pas les niveaux de ses voisins européens sur le prix du lait, la fédération menace de passer à "un syndicalisme de destruction" à la rentrée, prévient-il.

(avec AFP)

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Commentaires 4
à écrit le 09/08/2022 à 12:57
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l est normal de payer le fruit du travail de nos agriculteurs. Le lait est un produit dont le prix est très variable. En Allemagne, le lait FRAIS pasteurisé coûte en dessous de €1 le litre, chez nous c'est au dessus. Sion prend les voisins immédiats,...

à écrit le 09/08/2022 à 11:51
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Votre site négationniste sur le sujet du réchauffement climatique et donc climato sceptique comme toute la droite ultralibérale hyperatlantiste LREM, MODEM, LR et RN, ignore la sécheresse millénaire actuelle en France qui a et qui aura des conséquenc...

à écrit le 09/08/2022 à 11:31
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Y'a trois mois y'avait des stocks pléthoriques les producteurs ont lancé un appel pour que chaque foyer acète un pack de 6 bouteilles pour faire fondre les stocks. On nous prend pour des jambons, pour ne pas dire autre chose !!!!!!!!!!!! LAMENTABLE

le 09/08/2022 à 18:38
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Le lait est un produit que je consomme QUE frais pasteurisé ou cru fermier:) Le goût!!!! J'ai essayé le UHT, beurk! Immonde....à la ferme du coin que je ne citerai pas mais qui se trouve du côté de Pleslin dans le 22, c'est €1.60 le litre pour du lai...

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