LVMH et Tiffany finalisent un mariage à moindre coût, à 15,7 milliards d'euros

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(Crédits : Charles Platiau)
Après une période de fiançailles mouvementée, le joaillier américain Tiffany a accepté de baisser son prix pour sauver son mariage avec le géant du luxe français.

LVMH et Tiffany ont fait la paix et décidé de se marier à nouveau, après des fiançailles rompues en septembre, mais à moindre coût pour le géant mondial du luxe, a annoncé ce dernier jeudi. Un rapprochement définitif estimé à un montant final d'environ 15,775 milliards d'euros.

LVMH devrait ainsi débourser 131,50 dollars par action du joailler américain, contre 135 dollars prévus au départ. Aussi, par rapport à un rachat de 16,2 milliards de dollars initialement prévus, cela représente "une réduction de l'ordre de 425 millions", a précisé une source proche du dossier".

Les deux groupes ont "conclu ce jour un accord modifiant certains termes du contrat de fusion conclu en novembre 2019" et "aux termes de cet accord, le prix d'offre a été diminué et est désormais de 131,50 dollars par action et la certitude de réalisation de l'opération a été renforcée", détaille LVMH dans un communiqué.

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Un "potentiel formidable" pour Bernard Arnault

"Cet accord équilibré trouvé avec le Conseil d'administration de Tiffany permet à LVMH de travailler à l'acquisition de Tiffany en toute sérénité et de reprendre le cours des discussions menées avec le management de Tiffany sur les modalités d'intégration", a affirmé le PDG de LVMH, Bernard Arnault, cité dans le communiqué qui s'est dit "plus que jamais convaincus du potentiel formidable de la marque" américaine.

"Nous continuons de croire dans la puissance et la valeur de la marque Tiffany et dans les incontestables bénéfices stratégiques et financiers à long terme de cette union", a déclaré pour sa part Alessandro Bogliolo, directeur général de Tiffany.

Le mariage devrait être définitivement scellé courant janvier, après une assemblée générale chez Tiffany, en début du même mois, car le nouvel accord nécessite l'approbation des actionnaires, a ajouté la même source proche du dossier.

Dès que ce feu vert est obtenu, l'union pourra être officialisée, car les autorisations déjà données par les autorités concernées restent valables pour le nouvel accord.

Des fiançailles mouvementées

Peu avant l'accord, le propriétaire des griffes Christian Dior et Givenchy reprochait à la direction du joaillier sa mauvaise gestion en temps de crise. La pandémie a affecté les ventes du fleuron américain, dont le célèbre magasin amiral jouxte la Tour Trump sur la Ve Avenue à Manhattan. En cause aussi, le versement d'un dividende élevé au moment où l'entreprise subissait des pertes.

Pour justifier sa volonté de rompre les fiançailles, LVMH avait aussi invoqué une lettre de Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères français, lui demandant de reporter l'acquisition au regard du conflit commercial entre les Etats-Unis et l'Union européenne.

Ce dernier élément était vu comme un moyen déguisé pour le groupe français de ne pas froisser ses partenaires aux Etats-Unis, où il est très actif.

M. Le Drian a par la suite assuré devant les députés français avoir, avec ce courrier, "répondu à une demande du groupe LVMH."

La société américaine avait en tout cas immédiatement déposé plainte auprès d'une Cour de Justice du Delaware (est), arguant que le géant du luxe ne cherchait qu'à se soustraire à ses obligations et à ne pas payer le prix d'origine.

LVMH avait accepté fin 2019 de mettre sur la table plus de 16 milliards de dollars pour ajouter le joaillier à sa gamme de produits de luxe.

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