Monsanto essuie une nouveau revers en justice, cette fois en France

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France: ouverture du proces en appel d'un agriculteur contre monsanto
Brendan McDermid

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France: ouverture du proces en appel d'un agriculteur contre monsanto
Brendan McDermid
Les défaites se multiplient décidément pour Monsanto et son actionnaire Bayer. Un agriculteur français, Paul François, a remporté ce jeudi 4 avril, à Lyon, une nouvelle bataille judiciaire dans le combat qu'il mène depuis plusieurs années contre l'entreprise américaine. Le Charentais, qui désigne Monsanto comme responsable de sa grave intoxication en 2004 au Lasso, désherbant désormais interdit, avait déjà obtenu gain de cause en première instance en 2012 et en appel en 2015. Mais Monsanto s'était pourvu en cassation, où la décision avait été annulée en 2017. L'affaire avait donc dû être de nouveau examinée devant la cour d'appel le 6 février dernier. Celle-ci vient de publier sa décision :
Lors de l'audience en février l'avocat de Monsanto, Me Jean-Daniel Bretzner avait pointé la "négligence" de l'agriculteur ce jour d'avril 2004 où ouvrant une cuve au cours d'un épandage il avait inhalé des vapeurs de Lasso, que selon lui il savait "pertinemment" être "des produits dangereux" .
La cour d'appel n'a pas statué sur d'éventuels dommages et intérêts de "plus d'un million d'euros" réclamés par l'agriculteur, qui feront l'objet d'une procédure distincte devant le TGI de Lyon.
Après cet accident , Paul François avait fait plusieurs malaises et été longuement hospitalisé. Il assure souffrir depuis de graves troubles neurologiques. Son mal a été reconnu comme maladie professionnelle. Mais en février, l'avocat de Monsanto s'était employé, à l'audience, à nier l'existence de ces symptômes et invoqué de simples "manifestations anxieuses" ne justifiant aucun préjudice.
La cour d'appel a néanmoins condamné Monsanto à verser 50.000 euros de frais d'avocat à Paul François.
Dans sa décision, la cour d'appel a pour sa part estimé que Monsanto peut être considérée comme "assimilée au producteur", puisque Monsanto France, qui commercialisait le Lasso, a apposé "sur le produit son nom, sa marque".
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Selon Reuters, Bayer a pris acte de la décision et l'étudie avant de réagir, a déclaré une porte-parole de la multinationale. Après l'annonce, l'action du groupe a creusé ses pertes à la Bourse de Francfort. Elle perdait plus de 1% vers 14h00.
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Depuis son acquisition par Bayer en 2018, Monsanto a en effet connu plusieurs déboires spectaculaires en justice aux Etats-Unis. L'été dernier, le groupe a été condamné à verser 289 millions de dollars (253 millions d'euros) à un jardinier qui accuse le Roundup, son herbicide à base de glyphosate, d'être la cause de son cancer. Le mois dernier, un tribunal fédéral de San Francisco a accordé 80,9 millions de dollars (72 millions d'euros) à un plaignant pour le même motif.
Pour Paul François, la victoire remportée aujourd'hui -journée "historique"- est un "message au gouvernement actuel".
Le Lasso est interdit en France depuis novembre 2007, mais il fut banni du Canada dès 1985, puis en 1992 en Belgique et au Royaume-Uni.
(Avec AFP et Reuters)
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