Flambée des procédures contre Monsanto aux Etats-Unis, Bayer même pas peur

 |   |  472  mots
Bayer a annoncé jeudi que le nombre de plaintes déposées aux Etats-Unis contre Monsanto, qu'il vient de racheter, s'établissait à 8.000 à fin juillet. Ce décompte a été établi avant la lourde condamnation dont le fabricant du Roundup a écopé le 10 août, lorsqu'un jury californien a considéré que le désherbant était à l'origine du cancer développé par un agent d'entretien et a condamné Monsanto à lui verser 289 millions de dollars.
Bayer a annoncé jeudi que le nombre de plaintes déposées aux Etats-Unis contre Monsanto, qu'il vient de racheter, s'établissait à 8.000 à fin juillet. Ce décompte a été établi avant la lourde condamnation dont le fabricant du Roundup a écopé le 10 août, lorsqu'un jury californien a considéré que le désherbant était à l'origine du cancer développé par un agent d'entretien et a condamné Monsanto à lui verser 289 millions de dollars. (Crédits : Mike Blake)
+ 54% en un mois : le nombre de plaintes déposées aux États-Unis contre le glyphosate de Monsanto s'établissait à 8.000 à fin juillet, contre 5.200 quand le chimiste européen Bayer avait bouclé fin juin le rachat pour 63 milliards de dollars du géant américain de l'agrochimie. Sachant que ce décompte a été établi avant la lourde condamnation dont le fabricant du désherbant Roundup a écopé le 10 août, le chiffre pourrait donc augmenter encore sensiblement.

Environ 8.000 requêtes judiciaires visent actuellement l'herbicide au glyphosate de Monsanto aux Etats-Unis, récemment condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier qui utilisait ce produit, a annoncé jeudi le chimiste allemand Bayer.

Bayer, en passe d'avaler Monsanto après avoir bouclé ce mariage historique pour 63 milliards de dollars (54 millions d'euros), a mis à jour le dernier chiffre circulant sur ces procédures, qui était "d'environ 5000".

bas

Lire aussi : Fusion Monsanto-Bayer : quand les synergies comptent plus que la réputation

Lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers, le président du directoire de Bayer, Werner Baumann, a indiqué à propos du glyphosate:

"Le nombre de plaignants, aussi bien devant des juridictions d'États qu'au niveau fédéral, est d'environ 8.000 à fin juillet."

"Le nombre n'est pas une indication du bien-fondé des procès"

Werner Baumann, qui s'est dit déterminé à "défendre énergiquement" ce produit, ajoutait :

"Ces chiffres peuvent augmenter ou diminuer avec le temps mais de notre point de vue, le nombre n'est pas une indication du bien-fondé des procès."

Monsanto a été condamné vendredi 10 août, par un tribunal californien, à indemniser un jardinier atteint d'un cancer incurable, pour ne pas l'avoir suffisamment informé de la dangerosité de son herbicide au glyphosate, le RoundUp.

Bayer lance ses avocats dans la bataille et pense gagner en appel

Ce jugement retentissant avait immédiatement fait plonger en Bourse Bayer de 10% dès le lundi suivant, mettant en lumière l'important risque juridique associé au rachat de Monsanto, dont le groupe allemand a débuté l'intégration la semaine dernière.

Le titre avait rechuté à peine quelques jours après, le jeudi 16 août, après qu'un grand hebdomadaire allemand eût évoqué l'existence de nouvelles procédures judiciaires aux Etats-Unis contre un autre herbicide de Monsanto, le dicamba.

Lire aussi : Bayer replonge en Bourse, le dicamba de Monsanto visé par des agriculteurs américains

Mais Bayer martèle depuis que "rien n'a changé" dans sa stratégie et ses objectifs, et qu'il demeure "très optimiste pour l'avenir de son activité", basée sur le rôle croissant de la chimie dans l'agriculture, a répété jeudi M. Baumann.

Le groupe de Leverkusen (ville allemande de Rhénanie-du-Nord-Westphalie où le chimiste a son siège), qui a jeté ses propres forces dans la bataille judiciaire, espère que le jugement de San Francisco sera invalidé en appel et répète que de nombreuses études scientifiques concluent à l'innocuité du glyphosate.

A la Bourse de Francfort, le titre Bayer lâchait encore 1,79% à 81,94 euros jeudi 23 août vers 15H00 GMT, portant à 20% son recul depuis le début de l'année. Le titre se redressait légèrement ce vendredi matin vers 10 heures, de 0,29%, à 82,19 euros.

Lire aussi : Impacts du glyphosate sur la santé et l'environnement, ce que dit la science

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/09/2018 à 1:00 :
L'université de Caen a étudié la composition du Roundup : 40% environ de glyphosate et le reste contenant diverses substances dont de l'arsenic. Elle a publié un article dans Toxicology Report.
Plusieurs interrogations :
- pourquoi la composition du Roundup n'îndique pas la présence d'arsenic ?
(Le produit aurait été interdit à la vente);
- pourquoi les autorités ont autorisé ce produit sans vérifier sa composition ?
(Il est en vente depuis des décennies);
- quel impact réel sur notre santé au final avec un tel "cocktail" ? L'arsenic étant bien plus létal que le glyphosate.
Un constat : les plaintes vont affluer dorénavant.

Réponse de le 01/09/2018 à 8:49 :
Le Roundup est aussi utilisé dans nos forêts en pulvérisation pour "nettoyer" les sous bois (ronces, etc) ... Y compris parfois par des représentants de l'Etat, en l'occurrence l'Office National des Forêts, mais pas exclusivement.
J'imaginais me promener tranquillement avec mon chien en sécurité, voir en ramassant quelques champignons... Roundupes dans les bois proches de chez moi... Certains n'ont aucun respect pour la nature !
Reporterre, le Courrier Picard et plus récemment France Bleu Poitou ont abordé ce comportement soit disant légal récemment. Révoltant, en tout cas pour moi.
a écrit le 25/08/2018 à 19:12 :
N'attendons pas de pitié de la part de Bayer.Ces individus à la fin de la dernière guerre avaient racheté IG Farben,fabricant du Ziclon B ,responsable de la mort de millions de personnes.
Aujourd'hui ils rachètent Monsanto ,responsable de milliers de cancers à travers le monde.
Ces gens n'ont pas une once d'humanité,seul le profit compte.
a écrit le 25/08/2018 à 16:44 :
maintenant que monsanto est allemand, l'administration trump pourra le faire liquider en toute amitie americano germanique, grace a des class actions regardees avec impartialite yankee par la justice eponyme, dont chacun sait que l'integrite n'est absolument pas a remettre en cause.........
par retour, il faut que les autorites europeennes regardent avec impartialite europeenne ce que font les banques americaines et leurs collent des amendes impartiales du meme montant ' en toute amitie'...
a écrit le 25/08/2018 à 9:23 :
Le lessivage des esprits sur la prétendue toxicité des produits utilisés normalement, relayée par les médias en quête de sensationnel, est préoccupant. Il sort notre Monde de la Raison. Je crois que le Monde ne tiendrait pas trois ans si on décidait de se passer de tous les produits phytosanitaires. Pour ceux qui sont convaincus du contraire, pourquoi diable n'achètent-ils pas exclusivement des produits dits bios, issus de traitement dits "naturels", souvent plus dangereux que la chimie de synthèse (les procédures d'homologation incluent évidemment une obligation d'améliorer l'existant, y compris, et à commencer par, les impacts environnementaux et bien sûr la sécurité sanitaire.
a écrit le 24/08/2018 à 18:12 :
Aux USA, Mosanto est poursuivi, les américains sont courageux et surtout très soucieux de préserver la santé des citoyens américains ;

En France, les associations de consommateurs et la Sécurité Sociale pourraient engager des poursuites judiciaires contre les distributeurs épandeurs européens et Français des pesticides reconnus cancérogènes par l'OMS Organisation Mondiale de la Santé

car in finé, engager des procédures judiciaires contre les épandeurs (souvent des sous-traitants des agriculteurs ...) de ces produits tueurs ca ne couterai pas si cher

et

soit les distributeurs n'oseraient plus vendre les pesticides de la mort

soit les agriculteurs ne trouveraient plus de sous traitants pour épandre la mort,

soit les agriculteurs eux mêmes seraient réduits à ne plus prendre les risques d'épandage des pesticides de la mort
Réponse de le 25/08/2018 à 14:08 :
Et pour les 75.000 morts par an des cancers liés au tabac vous faites quoi ?? Passez les champs de tabac au napalm ???
Réponse de le 25/08/2018 à 16:45 :
le yankee est soucieux de son pognon, le reste c'est de la foutaise
a écrit le 24/08/2018 à 14:50 :
63 milliards de dollars (54milions d'euros)?
Que se serait beau. J'achète.....,😙😙😂😂😂😂
a écrit le 24/08/2018 à 12:47 :
Du fait de son rachat par Bayer, Monsanto va devenir une coquille vide donc insolvable !! La multiplication exponentielle des plaintes aux EU révèle l’espoir des plaignants de faire fortune comme ce jardinier qui s’est vu octroyer 230 millions par la justice.....
a écrit le 24/08/2018 à 12:34 :
Une prime spéciale à la stupidité des dirigeants de BAYER : ceux-ci n'ont pas attendus le résultat du procès pour racheter au prix fort MONSANTO. Que BAYER ait tort ou raison sur le fond ne change rien à l'énorme bourde qui a consisté à racheter MONSANTO, quelques semaines à peine avant le jugement. Cette stupidité est d'ailleurs partagée par de nombreux dirigeants européens qui payent bien souvent des tarifs délirants pour des sociétés US qui ne valent pas grand chose.

En FRANCE, nous avions une société comme ALCATEL, qui était spécialisée dans ce genre de bourde. Depuis ALCATEL a disparu, avec une bonne parte des salariés. Par contre, je ne me fais pas beaucoup de soucis pour les anciens dirigeants totalement in compétents..
a écrit le 24/08/2018 à 12:33 :
Une prime spéciale à la stupidité des dirigeants de BAYER : ceux-ci n'ont pas attendus le résultat du procès pour racheter au prix fort MONSANTO. Que BAYER ait tort ou raison sur le fond ne change rien à l'énorme bourde qui a consisté à racheter MONSANTO, quelques semaines à peine avant le jugement. Cette stupidité est d'ailleurs partagée par de nombreux dirigeants européens qui payent bien souvent des tarifs délirants pour des sociétés US qui ne valent pas grand chose.

En FRANCE, nous avions une société comme ALCATEL, qui était spécialisée dans ce genre de bourde. Depuis ALCATEL a disparu, avec une bonne parte des salariés. Par contre, je ne me fais pas beaucoup de soucis pour les anciens dirigeants totalement in compétents..
a écrit le 24/08/2018 à 11:54 :
Il est évident que les actions doivent se multiplier contre Mosanto,

Il est tout aussi évident que les citoyens ont intérêt à poursuivre aussi les distributeurs et les épandeurs des poisons,

Il est encore plus évident que les Compagnies d'Assurance Vie et les URSSAF se doivent d'engager des poursuite contre les épandeurs,

mais aussi CONTRE LES DIRIGEANTS ET ADMINISTRATEURS de l'AGENCE FRANCAISE SANITAIRE et leurs MINISTREs DE TUTELLEs de l'Ecologie et celui de la santé

Ce n'est pas parce qu'un pesticide produit POISON est en vente que les agriculteurs épandeurs peuvent s'octroyer le droit de mort sur les salariés des dits agriculteurs et des habitants femmes enfants nourissons retraités qui habitent près des épandages, et aussi des citoyens qui consomment les produits infestés par les pesticides poisons
Réponse de le 24/08/2018 à 12:29 :
En effet, l'on est en droit de se poser la question de savoir si c'est à bon droit que les distributeurs des pesticides mortifères devraient être assimilés aux dealers de drogues mortelles,

le cas de Bayer est extrêmement grave : Bayer produirait-il des médicaments pour faire croire soigner les maladies engendrées par les pesticides de sa filiale Mosanto ?
a écrit le 24/08/2018 à 10:17 :
Le titre résume parfaitement les choses.
Réponse de le 24/08/2018 à 12:45 :
Monsanto a déjà subi des centaines de procès dans le monde et les a gagné. C'est ce qui a permis le rachat par BAYER.

Sauf nouvelles preuves scientifiques (et non pas de l'émotivité journalistique) concernant la cancérogenécité du glyphosate il se pourrait que la série continue et que le procès qui sera rejoué en appel soit l'exception qui confirme la règle.
a écrit le 24/08/2018 à 10:12 :
Avec des indemnités à 289 millions de dollars pour un seul particulier, il est évident qu'il allait y avoir une foule de candidats et d'avocats pour lancer des procédures.

Si un cancer permet d'obtenir autant, quelques plaques rouges, une toux, voire un ongle retourné en manipulant un sac ou un bidon de glyphosate doivent bien permettre d'obtenir quelques dizaines, voire quelques centaines de milliers de dollars.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :