Comment Renault mise sur sa nouvelle Zoé pour préserver son rang de leader

 |   |  830  mots
La nouvelle Renault Zoé.
La nouvelle Renault Zoé. (Crédits : Renault)
Le constructeur automobile français vient de lever le voile sur sa nouvelle Zoé, la voiture électrique la plus vendue en Europe. A la veille d'une large offensive concurrentielle sur ce segment, Renault fait le choix de conserver la carrosserie et de miser plutôt sur une nouvelle architecture de performance.

Une nouvelle Zoé ? Presque... Certes, la "troisième génération" de la citadine électrique de Renault garde, ce qui dans une version thermique serait qualifiée d'essentiel : le châssis, la carrosserie. Oui mais voilà, Zoé a tout changé dans ce qui, dans une voiture électrique constitue le véritable essentiel : l'architecture électronique et la motorisation électrique.

A l'intérieur, tout a été revu

Bien entendu, pour faire bonne figure, plusieurs éléments de carrosserie ont été modifiés. "On a réinventé la Zoé", insiste Gilles Normand, directeur du véhicule électrique chez Renault. Selon lui, il n'y avait aucune raison de changer son look. "Son style est toujours sa première raison d'achat", a-t-il expliqué à un parterre de journalistes venus pour le lancement du modèle. Pour Agneta Dahlgren, la directrice du design véhicule électrique, il y a toutefois eu quelques modifications à la marge pour "affirmer davantage le profil devenu iconique" de la Zoé. De la planche de bord, aux couleurs de caisse (3 teintes supplémentaires), en passant par la qualité perçue des matériaux, de nouveaux textiles (recyclés), mais également le confort des sièges et la signature lumineuse, tout a été revu.

Zoé 2019

La nouvelle Zoé se veut "plus dynamique et plus chic pour confirmer sur le design, la performance accrue et l'autonomie prolongée", confirme Agneta Dahlgren. Ainsi la nouvelle version d'une des voitures électriques les plus vendues en Europe voit son autonomie augmentée de 25% pour atteindre 390 km (norme WLTP). Elle se dote également d'un nouveau moteur de 135 chevaux qui voit son couple augmenter à 245 Nm. Pour Elizabeth Delval, directrice du programme Zoé, la réactivité moteur et donc le confort de conduite est nettement améliorée puisque le conducteur gagne 2 secondes pour passer de 80 à 120 km/h.

Une Zoé compétitive

Pour Gilles Normand, il faut se rendre compte que toutes les innovations apportées à la nouvelle Zoé comme ces nouveaux moteurs, mais également les Adass (systèmes d'assistance de conduite) ont impliqué une révision complète de l'infrastructure électronique de la voiture. Sans parler du nouveau système de connectivité et des nouveaux écrans. Autre exemple, "les nouvelles batteries ont fait prendre 45 kilogrammes à la voiture, il a fallu modifier tout le bilan de freinage et tout ce que cela implique dans l'analyse des chocs latéraux, etc...", explique Gilles Normand. "Nous avons ajouté de la valeur ajoutée à la Zoé et dans un contexte concurrentiel, nous nous sommes dotés des bonnes armes pour nous défendre et être offensifs", assène-t-il.

Le marché de l'électromobilité est effectivement en forte croissance en Europe. Depuis le début de l'année, les ventes ont augmenté de 41% en France d'après les chiffres de l'Avere. Zoé, redevenu numéro un en Europe en avril et mai avec 18% de parts de marché, doit prendre en compte l'arrivée sur le marché d'une nuée de concurrents comme la 208, mais également toute une offensive côté Volkswagen. Gilles Normand estime que l'évolution du marché va permettre à la Zoé d'entrer dans une autre dimension: "nous arrivons vers des niveaux de production qui commencent à devenir raisonnable dans les standards de rendements de l'industrie automobile", s'est-il réjoui. Autre poste de compétitivité : le choix de conserver l'essentiel du châssis et de la carrosserie permet à Renault de faire d'importantes économies en termes de développement mais également sur les process industriels. La Zoé devrait donc garder un véritable avantage compétitif grâce à cette silhouette largement amortie.

Un axe stratégique majeur pour Renault

L'électromobilité reste un axe stratégique primordial pour Renault qui se revendique, à raison, pionnier, en coopération avec son allié Nissan. Le groupe français a annoncé un investissement d'un milliard d'euros pour confirmer la France comme un pôle d'excellence de l'électromobilité au sein de l'Alliance. Ainsi, le site de Cléon va multiplier par trois la production de moteurs électriques, celui de Douai va être équipé de la plateforme CMF-EV qui va lui permettre de produire des voitures 100% électrique, l'usine de Flins va voir ses capacités de production de la Zoé doublée et tandis que Maubeuge se verra assigné la Kangoo ZE (zéro émission).

Renault prévoit une gamme de huit voitures 100% électrique d'ici 2022 et vise 10% des ventes totales de la marques à travers cette gamme. En ajoutant toute la gamme de voitures électrifiées (comme la nouvelle Clio qui sera disponible en version hybride), Renault veut doter la moitié de son catalogue d'une version électrifiée. Dans cette optique, il n'y a aucun doute sur le fait que Zoé restera le porte-drapeau de Renault en matière d'électromobilité. Renault espère reproduire ce succès d'image (voiture référence, iconique) en Chine avec le K-ZE, une petite voiture 100% électrique. Mais sur le premier marché des voitures électriques du monde, la guerre est d'ores et déjà bien plus importante, et Renault ne peut jouir de l'image de précurseur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/06/2019 à 14:00 :
Très bien cette nouvelle Zoé, il faut voir aussi plus petit, Twingo électrique, et plus grand, Alpine berline électrique concurrente de Tesla !
a écrit le 19/06/2019 à 7:39 :
Qui achète une voiture électrique ? Pas les journalistes qui écrivent des articles sur le sujet, ni les politiciens qui prônent son développement. Qui alors ? Où est le marché ? Quel est l'usage ? Quel est le taux de pénétration du marché du véhicule particulier comme du véhicule professionnel ? Combien de temps durent réellement les batteries à l'usage et comment les recycle-t-on ? Arrêtons de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes...
a écrit le 18/06/2019 à 13:05 :
sympa la nouvelle Zoé, et au vu de l'amélioration faite, il y a maintenant de la place pour une petite Twingo électrique !
a écrit le 18/06/2019 à 12:34 :
Renault a misé intelligement sur la voiture électrique dite " bon marché" sur en faisant des offres " sans batterie ". La Concurrence c'est plutôt concentré sur les véhicules de taille moyenne pour l'electrification pour des questions de rentabilité.
On comprend mal pourquoi en France la Nissan Leaf est inconnue de beaucoup - question de production car les autres marchés confirme son succès , et dans cette situation, cela arrange la marque Renault.
Il est certain quand on passe aux SUV electriques les prix ne sont plus au niveau de beaucoup - A noter que les SUV hybrides rechargeables ( la plupart avec theoriquement 50 km d'autonomie selon les normes en vigueur) ,sont de mon point de vue qui vont décevoir les acheteurs encore actifs, quand ils constateront la vraie autonomie avec chauffage ou climatisation.
a écrit le 18/06/2019 à 12:06 :
De plus en plus interessant.
Par contre investir dans la K-ZE sur le marché chinois est une erreur. Il n'y a aucune chance de gagner le pari, les chinois sont très en avance. Renault perdra de l'argent en faisant des ventes ridicules et les chinois copieront ce qu'il y a de bon dans ce projet. Investir en Chine est un suicide.
a écrit le 18/06/2019 à 10:05 :
C'est encore trop cher et le manque de stations de recharge ne va pas permettre aux ventes de décoller dans un avenir proche.
Réponse de le 18/06/2019 à 12:29 :
Avec 400 bornes au compteur et un prix contenu fort de l' antériorité des acquis ce sera la ruée, arrêtez de dire n' importe quoi !
Réponse de le 18/06/2019 à 16:41 :
pourtant beaucoup de gens vivent avec tous les jours, mais certain, difficile en appartement !
a écrit le 18/06/2019 à 9:19 :
8900 euros d'écart achat avec et sans batterie. Même si elle tient 10 ans, c'est pas très intéressant. Je consomme largement moins de 75 euros par mois de gazole et faut avancer les sous. Si seulement ils mettaient une consigne de la batterie a la fin pour récupérer les composants chers mais non, ils comptent surement les récupérer gratis ou même faire payer le recyclage.

Ok avec cool Raoul, des voiturettes sans permis électriques bridées a 50 pour la ville, ce serait suffisant pour pas mal de monde en plus avec batteries amovibles a roulettes a rentrer chez soi pour recharger, tout le monde n'a pas un garage avec prise.
a écrit le 18/06/2019 à 9:12 :
L'avantage compétitif du précurseur est qu'il a une longueur d'avance sur l'innovation produit et dans la connaissance du nouveau marché et des besoins des clients. Force est de constater que Tesla est aujourd'hui largement en tête en terme de notoriété, de technologie et de satisfaction des clients. Bruno Lemaire milite pour la construction en 3 ans d'une gigafactory de batteries que Tesla a déjà achevée aux US et qu'il va reproduire en Chine. L'ecosystème entrepreneurial français est en panne depuis de nombreuses années du fait de rigidités réglementaires en tous genres.
Réponse de le 19/06/2019 à 9:21 :
Cher Boule : avec toutes les rigidités réglementaires notre pays réalisa Concorde, c'était l'époque des politiques industrielles soutenues par de puissantes directions techniques hélas remplacées par des banquiers d'affaires ?
a écrit le 18/06/2019 à 8:59 :
Il est dommage que les constructeurs restent sur l'image de la bagnole classique pour leurs modèles électriques. Dans l'état de la technique l'énergie disponible d'une batterie reste modeste comparée à un carburant classique et je crois qu'il y aurait de l'intérêt à brider et alléger certains modèles pour les rendre plus accessibles à un large public au profit de petits trajets. Reste le bilan écologique de ces voitures, commençons par supprimer les plastocs..
a écrit le 18/06/2019 à 8:42 :
dommage qu'ils ne changent pas leur système de location de batterie qui rajoute un coût supplémentaire au prix de revient du véhicule. Changer ma twingo essence qui roule 50 km par jour n'est pas rentable.
a écrit le 18/06/2019 à 7:31 :
la 109 ch elle est deja a 37.500 euros en achat integral, c'est pas donné donné ces bestioles. A combien celle la?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :