L'industrie automobile se prépare à la plus grave crise de son histoire
Nabil Bourassi
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Crise automobile
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Ce n'est pas seulement la fin d'une ère... C'est bien la fin d'une histoire ! Si le très fort ralentissement (on parle même de retournement sur certains marchés) succède à la plus longue période de croissance qu'ait connue l'industrie automobile dans son histoire, il est surtout concomitant d'une profonde transformation structurelle et conceptuelle. Depuis un an, on savait effectivement que le marché automobile mondial allait se tasser... Ce qui était une hypothèse prudente s'est en réalité emballé sur certains marchés. Le marché chinois a signé en juin son douzième mois consécutif de baisse, déjouant les pronostics de tous les observateurs qui tablaient sur une stagnation. Et depuis, le premier marché automobile du monde n'a cessé de se détériorer. Ce sont toutes les projections, même les plus récentes, qui s'en trouvent chamboulées.
« La Chine et l'Inde ont sous-performé les attentes. Du coup, nos prévisions de juillet paraissent désormais optimistes », explique Laurent Petizon, directeur chargé de l'automobile chez AlixPartners. Même tendance au Boston Consulting Group (BCG), où Xavier Mosquet, directeur associé spécialiste de l'automobile, n'est pas davantage optimiste : « On savait que nous avions atteint un maximum de marché, il nous manquait simplement de savoir si le gouvernement chinois allait intervenir ou pas. On sait désormais que non. En outre, on voit que les indicateurs macroéconomiques, comme la confiance des consommateurs qui baisse aux États-Unis et la baisse de l'activité en Europe, ne vont pas être favorables au marché. »
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D'après AlixPartners, le marché chinois sera tout bonnement amputé de trois millions de voitures sur l'année 2020. Plus grave encore, les capacités industrielles largement sous-utilisées (moins de 70 %) laissent présager une accentuation de la guerre des prix et des fermetures d'usines. Mais Xavier Mosquet réfute l'idée que celles-ci sont inéluctables : « À court terme, la question des capacités se posera en Chine, mais les constructeurs auront besoin de capacités plus tard, car on est loin d'être sur un marché saturé. » L'autre mauvaise nouvelle, c'est que les grandes régions du monde ne sont plus dans des temporalités contracycliques, qui permettaient de compenser le ralentissement des uns par la dynamique des autres. Ainsi, les marchés américains et européens sont également entrés en phase de ralentissement.
Nabil Bourassi