Cette semaine, le décret qui conditionne l'accès au bonus écologique doit être publié au Journal officiel. Basée sur les critères de production des matériaux du véhicule, sa batterie ainsi que son transport, cette subvention, exclurait, de fait, les constructeurs chinois. Certains industriels européens pourraient, eux aussi, être évincés, comme Renault. Et pour cause, la Dacia Spring électrique est produite en Chine. Cette mesure s'inscrit pourtant dans un contexte décisif pour l'Europe, en particulier pour la France, qui souhaite protéger son industrie automobile face à l'afflux massif sur le marché des voitures électriques venues de l'Empire du Milieu.
L'Union européenne a en effet annoncé la semaine dernière son intention de lancer une enquête sur les subventions massives du gouvernement chinois accordées à son industrie automobile électrique. En retour, les Etats-Unis ont également accéléré cette transition grâce à leur Inflation Reduction Act. De son côté, la France compte bien protéger ses constructeurs nationaux, en lançant son bonus écologique conditionné à l'empreinte carbone. Si le bonus peut sembler vertueux en terme écologique, il n'est toutefois pas certain que l'industrie européenne, et surtout française, gagne au change.
Le bonus écologique s'étendra bien à l'Europe, peu importe si la voiture est produite en Slovénie ou en France, du moment qu'elle respecte les conditions - disons-le, assez souples - de la subvention. Les voitures électriques éligibles devront coûter moins de 47.000 euros. Certains modèles, produits en France, devraient donc rentrer dans les clous, comme la Megane ou la Zoe de Renault, ainsi que la DS3 et l'Opel Mokka de Stellantis. Ainsi, seuls quatre modèles made in France pourront continuer à bénéficier de cette remise de 5.000 à 7.000 euros à partir du 15 décembre prochain.