Saint-Gobain se rêve en modèle de tour durable

Haute de 165 mètres, la prochaine tour de 44 niveaux de Saint-Gobain se veut une vitrine de son excellence. Reportage à La Défense, sur le chantier du futur siège du groupe du CAC40.
César Armand

4 mn

(Crédits : DR)

Leed, Breeam, HQE... Pour les néophytes de l'immobilier « vert », ces sigles ne signifient pas grandchose. Ils renvoient, en réalité, à des certifications environnementales exigeantes, à savoir Leadership in energy and environnemental design (en pointe dans la conception énergétique et environnementale), Building research establishment environmental assessment method (méthode d'évaluation d'environnementale du bâtiment), et haute qualité environnementale.

Le fabricant de verre et de matériaux de construction Saint-Gobain veut effectivement faire de sa prochaine tour de 44 niveaux une vitrine de son excellence. Avant même le début des opérations en mai 2016, le groupe du CAC 40 a imposé 80 de ses produits dans le cahier des charges. Maintenant que le gros oeuvre est terminé, il reste quelques mois à Bateg et Adim Paris Île-de-France pour réussir cette gageure.

Toutefois, avant de monter dans l'ascenseur-monte-charge, il faut se vêtir d'un casque, de lunettes, de gants et d'un gilet... orange. Comme cette tenue de chantier, la façade est dite « double peau ». « Elle est constituée d'un simple vitrage de contrôle solaire à l'extérieur et d'un double vitrage pour l'efficacité énergétique et le confort acoustique à l'intérieur », explique Thomas Peranzi, chef de projet à la direction des affaires immobilières de la Compagnie de Saint-Gobain. Entre les deux vitrages se trouvent des stores pilotés par la gestion technique. « Les collaborateurs pourront les régler par eux-mêmes s'ils le désirent », assure d'ores et déjà ce cadre.

L'accent est également mis sur la qualité de l'air intérieur du sol au plafond.

« L'air est soufflé en façade via le faux plancher à température avant d'être repris via le plafond dans les circulations. Cela crée un mouvement diagonal qui offre un renouvellement optimal », précise Thomas Peranzi.

Dans le plafond, une plaque de plâtre renferme une plaque de métal microperforée, des serpentins de cuivre et une laine acoustique, afin d'offrir, là encore, confort acoustique et thermique.

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saint gobain

[Pour sa prochaine tour de 44 niveaux, le fabricant de verres et de matériaux de construction a imposé 80 de ses produits dans le cahier des charges. Crédits : DR]

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Un verre qui s'éclaircit ou s'obscurcit

Au 32e étage, la salle du conseil (d'administration) est bardée de larges et hautes vitres, offrant un vaste panorama sur le Grand Paris. Ici, le verre est électrochrome. Concrètement, il s'agit d'un verre intelligent qui s'éclaircit ou s'obscurcit selon le degré d'ensoleillement. « Il apporte une quantité optimale de lumière naturelle à l'intérieur et maîtrise les apports de chaleur solaire ainsi que l'éblouissement », détaille le représentant de Saint-Gobain.

Lunettes de réalité virtuelle

Cinq étages plus haut, trône l'espace « Plein ciel » qui servira aussi bien aux voeux du PDG, Pierre-André de Chalendar, qu'à la troupe de théâtre. Les 2.700 collaborateurs qui occuperont les lieux ont d'ailleurs été invités à porter des lunettes de réalité virtuelle pour découvrir leurs futurs espaces de travail. « Suite à cette immersion, plus de 1.000 d'entre eux se sont interrogés sur les règles de vie : puis-je personnaliser mon espace de travail ? Quels seront les services proposés ? », se souvient Thomas Peranzi, mais il est encore trop tôt pour connaître les réponses.

L'ouvrage est par ailleurs dupliqué intégralement sur une maquette numérique (Building Information Modeling, ou BIM) pour s'en servir à la fois durant cette phase de conception puis pendant la phase d'exploitation.

« Le BIM est utilisé par l'ensemble des sous-traitants. Tout le monde travaille sur la même base », confirme François-Xavier Duplantier, directeur adjoint du projet pour Adim Paris Ile-de-France, tablette tactile à la main. « Cela nous permet d'imaginer les choses telles qu'elles le seront. Le plombier, par exemple, prévoit au mieux son réseau pour contourner la climatisation. »

Le BIM permet en outre d'inscrire la construction dans une démarche d'économie circulaire. « Cela permet de mieux gérer les approvisionnements, le nombre de mètres linéaires pour les cloisons et plus généralement l'interface avec un planning travaux », poursuit le permanent de la filiale de Vinci Construction France.

Aussi, lorsque les travaux s'achèveront, au deuxième semestre 2019, après trois ans et demi de chantier, l'occupant-salarié bénéficiera à la fois des révolutions écologiques, énergétique et numérique.

César Armand

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