Saint-Gobain : Chalendar veut accélérer la décentralisation du groupe en 2019

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Le PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar.
Le PDG de Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar. (Crédits : DR)
Pour faire des économies et générer davantage d'autofinancement, le fabricant de verre et de matériaux de construction a entamé une revue de projets pays par pays. Le groupe du CAC 40 compte céder plus de 3 milliards d'euros d'actifs d'ici à fin 2019.

Renforcer la proximité avec ses grands clients industriels et accentuer sa dimension mondiale. Trois mois après avoir lancé un grand plan de transformation, Saint-Gobain veut accentuer sa décentralisation en quatre pôles régionaux : Europe du Nord, Europe du Sud, Amériques et Asie-Pacifique. "C'est un changement radical : en raccourcissant les circuits de décision, la ligne managériale sera plus directe, plus responsabilisante", a souligné jeudi 21 février le PDG Pierre-André de Chalendar à l'occasion de la présentation des résultats annuels.

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En réalité, le fabricant de verres et de matériaux de construction doit faire des économies. De 250 millions d'euros annoncés fin novembre, le montant est passé à 300 millions d'euros "supplémentaires par rapport à 2018" auxquels il faut ajouter 50 millions dès cette année dans le cadre de sa réorganisation. 2018 a été "un bon exercice" avec un chiffre d'affaires qui augmente de 4,4% par rapport en 2017.

Une filière cédée en Allemagne pour 1,9 milliard d'euros


Pour "libérer le potentiel de croissance", Saint-Gobain mise donc sur un programme de 3 milliards d'euros de cessions d'ici à fin 2019. Pierre-André de Chalendar s'est néanmoins refusé à en préciser les contours. "Nous serons pragmatiques", a-t-il seulement déclaré. Toujours est-il que la revue de projets a déjà commencé sous la houlette des patrons régionaux. Cette analyse se fera non plus par ligne de métiers mais par pays selon une "approche locale". "C'est un gros changement" a insisté le PDG. En attendant, le groupe du CAC 40 a déjà cédé sa filière de distribution du bâtiment en Allemagne pour près de 1,9 milliard d'euros ainsi que ses canalisations en Chine ou ses activités liées au silicium. "Sur le plan stratégique, nous avons considéré que c'était mieux d'en sortir."

A cinq semaines du Brexit qui le fragilise au Royaume-Uni et du fait d'un ralentissement du marché automobile en Allemagne, le groupe du CAC 40 souhaite en outre investir davantage hors Europe occidentale "avec un focus sur la transformation numérique, et sur la recherche et le développement pour se différencier" et surtout générer de l'autofinancement. Pierre-André de Chalendar promet donc un "nouveau Saint-Gobain plus agile" avec "une nouvelle progression du résultat d'exploitation".

Suffisant pour convaincre les investisseurs ? Le PDG l'espère, lui qui se désole de voir le cours de l'action toujours malmené. Après une chute de près de 30% en 2018, Saint-Gobain se redresse, lentement. Après une clôture à 32,95 euros jeudi 21 février avant l'annonce des résultats, l'action accusait néanmoins une baisse de près de 1% à 32,65 euros à midi. Seule consolation pour les actionnaires, le dividende augmentera de 1,33 euros en 2019.

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Commentaires
a écrit le 24/02/2019 à 11:05 :
saint gobain se prépare à délocaliser au maximum ses activités de "vieille économie" , et cherche un nouveau modèle de développement ; ça ne va pas être facile tant sa culture est ancrée dans le principe d'activité monopolistique .
pas étonnant que le marché boursier soit prudent .

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