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"Le contexte économique et social actuel nécessite de poursuivre le Projet Banlieues"

Photo de Christine Lejoux

Propos recueillis par Christine Lejoux

Publié le 20 octobre 2015 à 12:30 - Mis à jour le 20 octobre 2015 à 16:45

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En 2005, dans le sillage des émeutes qui avaient embrasé nombre de quartiers défavorisés en France, BNP Paribas lançait son "Projet Banlieues." Dix ans et 35 millions d'euros de subventions plus tard, la banque ouvre ce projet à sa clientèle d'ETI et de particuliers. Entretien avec Marie-Claire Capobianco, directeur des Réseaux France et membre du comité exécutif de BNP Paribas.

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Quelle est la philosophie du Projet Banlieues de BNP Paribas?

En 2005, à la suite des émeutes qui s'étaient déroulées dans les banlieues françaises, nous avions pris conscience que nous devions agir pour soutenir  les quartiers défavorisés. Notre responsabilité civique en la matière est d'autant plus importante qu'en Seine-Saint-Denis, par exemple, nous sommes le premier employeur privé du département, avec 8.000 collaborateurs. Nous avions donc décidé, en décembre 2005, de lancer dans toute la France le Projet Banlieues, axé sur l'éducation et le renforcement de la cohésion sociale. La force de ce projet, selon moi, c'est qu'il est porté non seulement par la Fondation BNP Paribas, qui apporte les subsides financiers et son tissu de relations avec les grandes associations, mais également par les hommes et les femmes du réseau banque de détail de BNP Paribas en France. Ce projet concerne en effet aujourd'hui 600 agences BNP Paribas, contre 350 en 2005, et 800 collaborateurs bénévoles.

Quel bilan dressez-vous de ce projet, dix ans après son lancement ?

En ce qui concerne le premier volet de ce projet, à savoir l'aide à la création d'emplois par le microcrédit, au travers de notre partenariat avec l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique), nous avons aidé à créer 8.000 emplois, en l'espace de dix ans. Le deuxième volet du projet, consacré à l'accompagnement scolaire, en partenariat avec l'Afev (Association pour la Fondation étudiante pour la ville), a bénéficié chaque année à 7.000 enfants. Enfin, le troisième volet du Projet Banlieues, dédié aux associations de quartier, a permis de soutenir 320 associations depuis 2005, tant par des dons que par du bénévolat de compétence. Au total, plus de 182.000 personnes ont bénéficié de ce soutien à des associations locales agissant pour l'amélioration du vivre ensemble, comme les épiceries solidaires ou les associations éducatives.

Quel investissement financier le Projet Banlieues représente-t-il pour BNP Paribas ?

Initialement, en 2005, le budget doté par notre Fondation était de plus de trois millions d'euros sur trois ans. Lorsque nous l'avons reconduit en 2012, nous avons décidé de le porter au global à plus de 4,5 millions d'euros par an, et nous allons rester sur cette tendance. Au total, le budget a été multiplié par quatre depuis 2005, ce sont donc près de 35 millions d'euros de subventions qui ont été alloués au Projet Banlieues, en dix ans. Mais, bien qu'il s'agisse là d'un montant significatif, ce qui nous importe, c'est aussi l'engagement humain en faveur des banlieues, dont nos équipes sont encore plus fières que de l'accompagnement financier.  

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

Le contexte économique et social actuel nécessite de poursuivre le Projet Banlieues et, même, d'aller encore plus loin. Nous allons ainsi augmenter de 60%, à 410.000 euros en 2015, les subventions en faveur des associations éducatives, dont l'Afev sera le principal bénéficiaire. Parallèlement, nous allons ouvrir le Projet Banlieues  à notre clientèle d'ETI (entreprises de taille intermédiaire) et de particuliers. En effet, à la différence des grands groupes, les ETI n'ont pas forcément les moyens financiers et humains d'agir en faveur des associations locales, qui sont un facteur-clé de cohésion sociale. C'est pourquoi, dans le même esprit que notre programme "Innov & Connect", dédié à l'open innovation entre startups et ETI, nous lancerons en 2016 le projet "Banlieues & Connect." Nous avons en effet un rôle de connexion à jouer entre les associations que nous finançons et nos 3.000 ETI clientes.

Comment être sûr qu'il existe un réel potentiel d'adhésion des ETI à ce projet ?

Comme il s'agit là d'une démarche très innovante, nous avons sondé l'appétit des entreprises, dans le cadre d'une enquête menée en septembre avec TNS Sofres. Il en est ressorti que les deux-tiers des sociétés interrogées seraient prêtes à s'engager auprès d'une grande entreprise leur proposant un dispositif clé en main pour agir en faveur des associations. Certaines ETI, comme TIBCO, un prestataire de services informatiques basé à Nantes, nous ont d'ores et déjà assuré qu'elles rejoindraient le projet Banlieues & Connect dès le début.

Comment se déroulera ce projet, concrètement ?

D'ici à la fin 2016, les directeurs de nos 17 groupes d'agence, avec les directeurs des centres d'affaires entreprises des territoires correspondants, présenteront à nos ETI clientes les associations qu'ils ont choisi d'accompagner. Et ce, dans le cadre de comités qui se tiendront deux fois par an à l'échelle locale, dans la continuité du comité de sélection national que je préside deux fois par an, au côté de la Fondation BNP Paribas, où ces mêmes Directeurs viennent défendre les projets des associations de leur secteur dont ils sont convaincus. Chaque ETI pourra alors décider de soutenir le projet de son choix, par des subventions, des dons de matériel, du bénévolat ou du mécénat de compétence. Nous pensons qu'une quarantaine d'ETI pourraient se montrer réellement intéressées dès l'an prochain.

Comment la clientèle des particuliers s'intègre-t-elle dans le projet Banlieues & Connect ?

Cela se fera à trois niveaux. D'abord, en décembre 2015, nous offrirons à 15 associations des espaces de création publicitaire et de communication digitale en vitrine de 900 de nos agences, afin de favoriser leur visibilité auprès des clients particuliers, de donner à ces derniers envie d'investir ou de s'investir dans des associations. Dans la même perspective, nous accueillerons quelque  200 associations dans une centaine d'agences, le 16 décembre prochain, au cours d'une journée baptisée "Parlons Cœur." De plus, nous allons offrir la possibilité aux associations que nous soutenons de faire appel au crowdfunding (financement participatif). En décembre, nous leur offrirons ainsi un accompagnement personnalisé avec notre partenaire Ulule. Et la fondation BNP Paribas abondera les dons levés, pour des montants significatifs.

___

   >> Lire aussi, ce soir à partir de 19 heures, dans votre édition du Quotidien numérique (réservée aux abonnés à La Tribune) :

 Ces sociétés de capital-investissement qui misent sur le social

Propos recueillis par Christine Lejoux

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