Rouvrir le 20 janvier ? La déprime des restaurateurs qui vont rater la période des fêtes
Mehdi Cheifia et Ulysse Bellier, AFP

Photo d'illustration
Reuters
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Une perspective, certes, mais encore lointaine: le président Emmanuel Macron a fixé mardi l'horizon d'une réouverture des restaurants au 20 janvier, leur faisant rater l'importante période des fêtes d'une année 2020 catastrophique jusqu'au bout, tandis que les bars et les discothèques restent dans le flou.
Depuis fin octobre, à l'image des commerces définis comme "non essentiels", les restaurants et les bars sont fermés en France, dans le cadre du reconfinement décidé par l'exécutif afin de contenir la deuxième vague du Covid-19.
Les discothèques, pour leur part, n'ont pas ouvert depuis la mi-mars et le premier confinement.
Alors que les boutiques vont recommencer à accueillir des consommateurs samedi, le Premier ministre Jean Castex avait déjà prévenu les restaurateurs et les cafetiers que la fin de leur fermeture n'interviendrait pas dans l'immédiat.
Les annonces d'Emmanuel Macron mardi ont donc été accueillies avec fatalisme par la profession.
"La décision du président de la République, nous nous y attendions. Hélas, ce n'est pas une surprise", a réagi auprès de l'AFP Didier Chenet, président du GNI (Groupement national des indépendants), syndicat patronal des indépendants du secteur de l'hôtellerie et de la restauration.
"Il est plus raisonnable d'ouvrir le 20 janvier que de faire un +stop and go+ en décembre après 15 jours d'ouverture", a-t-il ajouté.
Roland Héguy, président de l'Umih, a pour sa part relevé qu'Emmanuel Macron venait "enfin d'annoncer un calendrier".
Selon le patron du GNI, le mois de décembre est essentiel pour les restaurateurs, représentant quelque 20% de leur chiffre d'affaires. En être privé va donc les affaiblir encore davantage, après une année 2020 déjà très difficile.
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La fermeture brutale mi-mars a entraîné la perte des stocks, la réouverture au printemps avec la distanciation physique a fait perdre des couverts, avant que le couvre-feu dans certaines métropoles ne limite le nombre de services et que le reconfinement ne contraigne les restaurants aux seules livraisons et commandes à emporter.
Devançant cette éventualité d'une fin d'année manquée, certains restaurateurs avaient pris les devants en mettant par exemple au point des "kits Réveillon" afin de sauver ce qui pouvait encore l'être.
Pour les bars et les discothèques, aucune date n'a en revanche été avancée par M. Macron, au grand désarroi de leurs représentants.
De son côté, Thierry Fontaine, président de l'Umih Nuit, s'est dit "content" d'avoir entendu le mot "discothèques" dans l'allocution: "C'est déjà un bon point, on existe".
Pour compenser le manque à gagner, Emmanuel Macron a promis aux entreprises qui restent fermées administrativement qu'elles pourront obtenir une aide correspondant à 20% de leur chiffre d'affaires annuel de 2019, au lieu des 10.000 euros du fonds de solidarité déjà proposés, si cette option est plus favorable.
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"Il n'a pas dit qui pourrait bénéficier de l'aide. Est-ce que c'est tout le monde ou une catégorie de restaurateurs ? C'est encore extrêmement flou", s'est inquiété Kamel Boulhadid, patron du groupe BK qui compte 82 restaurants de 7 marques.
Mehdi Cheifia et Ulysse Bellier, AFP