Rouvrir le 20 janvier ? La déprime des restaurateurs qui vont rater la période des fêtes

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(Crédits : Reuters)
Pour eux, l'année 2020 aura été catastrophique jusqu'au bout. Alors que les boutiques vont recommencer à accueillir des consommateurs dès ce samedi 28 novembre, le Premier ministre Jean Castex avait déjà prévenu les restaurateurs et les cafetiers que la fin de leur fermeture n'interviendrait pas dans l'immédiat. Hier soir, le président Emmanuel Macron a enfoncé le clou, au propre comme au figuré, en fixant l'horizon d'une réouverture des restaurants au 20 janvier.

Une perspective, certes, mais encore lointaine: le président Emmanuel Macron a fixé mardi l'horizon d'une réouverture des restaurants au 20 janvier, leur faisant rater l'importante période des fêtes d'une année 2020 catastrophique jusqu'au bout, tandis que les bars et les discothèques restent dans le flou.

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"Si le nombre de contaminations demeure en dessous de 5.000 cas par jour, (...) les restaurants pourront rouvrir", a souligné le chef de l'État au cours de son allocution télévisée d'hier, mardi soir.

Depuis fin octobre, à l'image des commerces définis comme "non essentiels", les restaurants et les bars sont fermés en France, dans le cadre du reconfinement décidé par l'exécutif afin de contenir la deuxième vague du Covid-19.

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Les discothèques, pour leur part, n'ont pas ouvert depuis la mi-mars et le premier confinement.

Alors que les boutiques vont recommencer à accueillir des consommateurs samedi, le Premier ministre Jean Castex avait déjà prévenu les restaurateurs et les cafetiers que la fin de leur fermeture n'interviendrait pas dans l'immédiat.

Fatalisme

Les annonces d'Emmanuel Macron mardi ont donc été accueillies avec fatalisme par la profession.

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"La décision du président de la République, nous nous y attendions. Hélas, ce n'est pas une surprise", a réagi auprès de l'AFP Didier Chenet, président du GNI (Groupement national des indépendants), syndicat patronal des indépendants du secteur de l'hôtellerie et de la restauration.

"Il est plus raisonnable d'ouvrir le 20 janvier que de faire un +stop and go+ en décembre après 15 jours d'ouverture", a-t-il ajouté.

Pour l'Umih, "le président a été sourd au désespoir exprimé par nos métiers"

Roland Héguy, président de l'Umih, a pour sa part relevé qu'Emmanuel Macron venait "enfin d'annoncer un calendrier".

"Mais, malgré nos différents appels, le président a été sourd au désespoir exprimé par nos métiers et il a décidé de condamner tout un pan de l'économie", a-t-il regretté.

Selon le patron du GNI, le mois de décembre est essentiel pour les restaurateurs, représentant quelque 20% de leur chiffre d'affaires.  En être privé va donc les affaiblir encore davantage, après une année 2020 déjà très difficile.

Pas de retour des clients "tout de suite"

La fermeture brutale mi-mars a entraîné la perte des stocks, la réouverture au printemps avec la distanciation physique a fait perdre des couverts, avant que le couvre-feu dans certaines métropoles ne limite le nombre de services et que le reconfinement ne contraigne les restaurants aux seules livraisons et commandes à emporter.

Devançant cette éventualité d'une fin d'année manquée, certains restaurateurs avaient pris les devants en mettant par exemple au point des "kits Réveillon" afin de sauver ce qui pouvait encore l'être.

Bars et discothèques : le grand désarroi

Pour les bars et les discothèques, aucune date n'a en revanche été avancée par M. Macron, au grand désarroi de leurs représentants.

"Cette absence de prise en considération des bars n'est pas sans nous inquiéter. Nous n'avons rien du tout comme perspective", s'est alarmé M. Chenet.

De son côté, Thierry Fontaine, président de l'Umih Nuit, s'est dit "content" d'avoir entendu le mot "discothèques" dans l'allocution: "C'est déjà un bon point, on existe".

"On espère que les bars soient ouverts en même temps que les discothèques, que les deux soient associés et ouvrent 15 jours après (les restaurants), autour du 5 février", a-t-il ajouté.

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Manque à gagner et compensations : "C'est encore extrêmement flou"

Pour compenser le manque à gagner, Emmanuel Macron a promis aux entreprises qui restent fermées administrativement qu'elles pourront obtenir une aide correspondant à 20% de leur chiffre d'affaires annuel de 2019, au lieu des 10.000 euros du fonds de solidarité déjà proposés, si cette option est plus favorable.

"Il n'a pas dit qui pourrait bénéficier de l'aide. Est-ce que c'est tout le monde ou une catégorie de restaurateurs ? C'est encore extrêmement flou", s'est inquiété Kamel Boulhadid, patron du groupe BK qui compte 82 restaurants de 7 marques.

"Ces aides, c'est un effort reconnu par la profession mais qui ne sera pas suffisant dans le temps. Si on rouvre le 20 janvier, ce n'est pas tout de suite que nos clients reviendront en nombre", a anticipé de son côté M. Héguy.

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Commentaires
a écrit le 25/11/2020 à 17:19 :
Tout ça suite à un étude américaine faite au printemps dans une ville ou la population mange que des MacDdo avec un fort taux d’obésité et de comorbidité.On croit rêver
a écrit le 25/11/2020 à 15:56 :
Pour une raison que tout le monde ignore (un traumatisme infantile, une déception gastronomique ancienne, d'incessants râteaux en boite de nuit??), Macron a décidé d'avoir la peau des restaurateurs-cafetiers-divertissement... un peu comme pour les salariés d'Alstom. Une guerre personnelle en somme. C'est ça les petits jeunes qui souffrent de troubles...
a écrit le 25/11/2020 à 13:07 :
Il ne faut indemniser que les vrais restaurateurs, ceux qui cuisinent des produits frais. Pas ceux qui se contentent de servir du surgelé pour laquelle ne sont nécessaires qu'un congélateur, un ciseau un ouvre boîte et quelques outils de réchauffage ou cuisson.
Au vu de mon expérience, ça ne devrait pas coûter beaucoup !
a écrit le 25/11/2020 à 12:42 :
Tout ça à cause d'un gouvernement et certains médecins qui ont pris en compte une étude américaine qui date du printemps dernier (alors que d'autres démontrent le contraire ,mais bizarrement ignorée) fait dans une ville sur la restauration américaine à base de fast foodet avec une population à taux d’obésité énorme et des comorbidités importante.On rêve.
a écrit le 25/11/2020 à 12:24 :
J'habite AIX et quand je vois le nombre de bars qui sont ouverts avec une pancarte " vente à emporter " généralement de patisserie ; il y a matière a etre perplexe ! D'autant qu'on peut facilement n'y achetre qu'un café ou une boisson .
a écrit le 25/11/2020 à 11:34 :
Ben on espère juste que parmi les centaines de milliards offerts chaque mois aux actionnaires milliardaires et à leurs paradis fiscaux une petite partie au moins permette d'effacer cette bien triste réalité !

Sinon c'est du véritable génocide économique mais bon de la part d'un gouvernement germano compatible ce ne serait pas étonnant.

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