ADP explose ses bénéfices avant sa (probable) privatisation

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Tiré par un très fort dynamisme du trafic aérien, ADP a vu son chiffre d'affaires progresser de 22,7% à 3,617 milliards d'euros, l'Ebitda de 31,1% à 1,567 milliard et le résultat net de 31,2% à 571 millions d'euros. Pour 2018, le groupe table sur une hausse de 10% à 15% de son Ebitda consolidé.

De quoi alimenter les débats des prochaines Assises du transport aérien sur le partage de la valeur dans le secteur. Et conforter également l'Etat, actionnaire du gestionnaire des aéroports parisiens à hauteur de 50,6%, qu'il encaissera un très gros chèque en cas de privatisation d'ADP, comme il l'étudie actuellement. La capitalisation d'ADP dépasse les 16 milliards d'euros. Et sa valeur pourrait atteindre une dizaine de milliards supplémentaires en cas de cession, selon certains observateurs.

Trafic en hausse de 7,4%

Tiré par un très fort dynamisme du trafic aérien et par l'intégration globale de TAV Airports au second semestre, l'année 2017 a été un excellent millésime pour ADP. Avec un trafic de 101,5 millions de passagers dans les aéroports de Roissy et d'Orly (+4,5%) et des hausses encore plus fortes enregistrées dans les aéroports gérés à l'international, le trafic du groupe a atteint 228,2 millions de passagers (+7,4%).

Au total, le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 22,7% à 3,617 milliards d'euros, l'Ebitda de 31,1% à 1,567 milliard, le résultat opérationnel courant de 55,1%, à 1,030 milliard d'euros et le résultat net de 31,2%, à 1,030 milliard d'euros, des chiffres supérieurs au consensus Thomson Reuters I/B/E/S. A titre de comparaison, Air France, 5 fois plus gros qu'ADP, a généré en 2017 un résultat d'exploitation de 588 millions d'euros.

Après deux années marquées par un ralentissement de la fréquentation de la destination Paris en raison des attentats, les visiteurs sont revenus en 2017. Dans les deux aéroports parisiens, le chiffre d'affaires des activités aéronautiques s'est inscrit en hausse de 4%, à 1,813 milliard d'euros. Celui des activités commerciales (loyers perçus sur les boutiques, les bars et restaurants, les activités banque et change et les loueurs de voitures ainsi que le chiffre d'affaires lié à la publicité) est en hausse de 2,2 % en 2017, à 459 millions d'euros, selon ADP.

« La performance solide du groupe en 2017 constitue "un socle pour une croissance à long terme", a souligné Philippe Pascal, directeur général adjoint finances, au cours d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Une hausse de trafic prévue en 2018 entre 2,5 et 3,5%

Pour 2018, ADP prévoit une croissance du trafic comprise entre 2,5% et 3,5% dans ses aéroports de la région parisienne et de l'ordre de 10 à 12% dans ceux gérés par TAV.

L'année en cours s'annonce encore meilleure. Sauf coup dur qui ferait chuter le trafic, les recettes vont en effet fortement augmenter. A Paris, la hausse du nombre de passagers attendue sera combinée à celle de plus de 2% des redevances aéroportuaires, validée la semaine dernière par l'autorité de supervision indépendante (ASI), selon nos informations.

Le groupe vise ainsi une une progression de 10% à 15% de son Ebitda consolidé cette année, avec le maintien d'un taux de distribution du dividende de 60% du résultat net (3,46 euros par action proposé au titre de 2017).

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a écrit le 08/03/2018 à 0:16 :
Aprés la vente des logements d'Icade en Ile de France, pour quel bénéfice sur le logement, le directeur actuel d'ADP s'apprête donc à privatiser ADP aprés avoir investi en Turquie, pour quel bénéfice. Les investissements hors sol sont ils utiles aux Francais, celà permet de se payer de belles amendes aux Etats Unis par exemple comme celà a été le cas pour plusieurs sociétés francaises. Autre situation Dexia exemple même de la privatisation foireuse, qui nous a permis de bénéficier des avantages des subprimes. Certes il y a une utilité à assurer des services à l'étranger, mais nos autres aéroports français sont ils si bien pourvus pour que l'on aille investir en dehors du territoire pour une société qui a une participation importante de l'Etat. Avec Vinci nous avons le précédent de la vente des autoroutes d'un Etat qui ne sait pas raisonner ses dépenses et observe une vision à court terme alors qu'il a tous les pouvoirs pour organiser l'avenir.
a écrit le 24/02/2018 à 16:33 :
Par contre la qualité est toujours déplorable

Une signalétique trop compliqué
Pas de fauteuils pour ce reposer pas de places assises dans Les Halles
Des restos hyper cher
Etc...
Priorité au fric
Et maintenant si on les vend ça sera le pire des scandales
Réponse de le 24/02/2018 à 17:58 :
+ 100
a écrit le 24/02/2018 à 15:38 :
Des privatisations avaient effectivement été annoncées mais presque un an après l’arrivée de la nouvelle gouvernance, il ne s’est toujours rien passé !! C’est comme le reste, beaucoup d’annonces mais peu de réalisations.....
a écrit le 24/02/2018 à 12:10 :
la question est surtout comment l'état peut il privatiser un bien commun hautement stratégique notamment pour la sécurité des français .
a écrit le 24/02/2018 à 8:06 :
Il faudrait écrire en français. On "n'explose pas un bénéfice"
a écrit le 23/02/2018 à 12:25 :
L'état va faire comme avec les concessions d'autoroute et enrichir quelques grand groupe. Céder une entreprise qui dégage un résultat net de plus de 30 % par rapport a son chiffre d'affaire est une aberration. L'état envisage une concession de longue durée pour ADP. En envisageant un résultat net de 500 millions d'euro en moyenne pour les prochaine année, en 50 ans ADP peut engranger 25 milliard d'euro de bénéfice. La cession D’ADP est totalement contraire a l’intérêt général.
a écrit le 23/02/2018 à 11:56 :
L'état va faire comme avec les concessions d'autoroute et enrichir quelques grand groupe. Céder une entreprise qui dégage un résultat net de plus de 30 % par rapport a son chiffre d'affaire est une aberration. L'état envisage une concession de longue durée pour ADP. En envisageant un résultat net de 500 millions d'euro en moyenne pour les prochaine année, en 50 ans ADP peut engranger 25 milliard d'euro de bénéfice. La cession D’ADP est totalement contraire a l’intérêt général.
a écrit le 23/02/2018 à 10:44 :
Dommage , l'état ferait mieux de se débarrasser des actifs non rentables, les dividendes, c'est toujours moins d'impôts potentiellement.
a écrit le 23/02/2018 à 9:04 :
Comment l'état, c'est à dire nous, pouvons nous séparer d'une entreprise qui dégage des bénéfices alors que l'investissement fut réalisé sur fond public ? Serait-ce encore un exemple du renforcement de l'idée ou les profits seraient privatisés et les investissements mutualisés. J'avoue ne pas comprendre.
a écrit le 23/02/2018 à 8:37 :
Toujours la même question. Comment est il possible de privatiser un monopole ?

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