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SNCF : 150.000 voyageurs ne pourront pas partir en vacances à cause de la grève des contrôleurs

latribune.fr

Publié le 16 février 2024 à 18:18 - Mis à jour le 16 février 2024 à 19:04

Trois contrôleurs sur quatre sont en grève ce vendredi (Photo d'illustration).

Trois contrôleurs sur quatre sont en grève ce vendredi (Photo d'illustration).

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Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La SNCF a averti que la circulation des trains est déjà « fortement perturbée » depuis ce vendredi matin : trois contrôleurs sur quatre sont absents. L'opérateur ferroviaire connaît, en effet, une importante grève depuis jeudi soir. Le mouvement social doit durer jusqu'à lundi.

[ Article publié le vendredi 16 février 2024 à 14h58, mis à jour à 17h09, puis 19h15]

150.000 voyageurs privés de vacances. C'est le triste bilan communiqué par la SNCF ce vendredi. 150.000 voyageurs « ne vont pas pouvoir partir » en vacances sur un million a annoncé le patron de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet. La conséquence à la suppression d'un TGV sur deux en France pour le premier chassé-croisé des vacances d'hiver en raisin d'une grève des contrôleurs.

« 850.000 Français vont pouvoir finalement partir en vacances » mais « je regrette que 150.000 Français ne vont pas pouvoir partir », a-t-il déclaré sur BFMTV, concédant que « nous ne sommes pas au rendez-vous ».

Avec trois contrôleurs sur quatre en grève ce vendredi, la circulation des trains est « fortement perturbée » depuis jeudi 20 heures, et ce, et jusqu'à lundi 8 heures, a prévenu l'opérateur ferroviaire.

Ce vendredi, le service est réduit de moitié sur les lignes TGV Inoui et Ouigo, ainsi que pour les Intercités. Dans le détail, la compagnie a annoncé un trafic « normal » pour les trains Ouigo classiques et « perturbé » pour les liaisons européennes, comme l'Eurostar. La circulation est meilleure sur les lignes locales avec « en moyenne, 8 TER sur 10 ». Elle est annoncée « normale » en Bourgogne, « perturbée » dans le Nord-Pas-de-Calais, et « légèrement perturbée » sur l'axe Marseille-Toulon, selon les sites régionaux.

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« C'est une grève qui aurait pu être évitée », a-t-il ajouté, lors d'un déplacement à la gare Montparnasse, appelant « chacun à retrouver le sens des responsabilités » lundi. « Je pense qu'à partir de lundi, nous aurons un dialogue social équilibré », a-t-il avancé, au micro de BFMTV.

« Tous les Français ne pourront pas voyager », avait assumé jeudi Christophe Fanichet, le patron de SNCF Voyageurs, assurant donner « la priorité » aux « trains qui sont complets et... en février, ce sont les trains des Alpes ». Les trains à destination et en provenance des Alpes dont les wagons étaient complets devraient, en principe, tous circuler. En contrepartie, certaines lignes sont davantage touchées, à l'image de Paris-Bordeaux, où les deux tiers des trains sont annulés. Les stations des Pyrénées sont aussi plus difficilement desservies, avec de nombreux TGV annulés de Paris vers Lourdes, Tarbes ou Pau.

Face aux nombreux trains complets ou supprimés qui s'affichent sur l'application SNCF Connect, beaucoup optent pour le bus ou la voiture. Le trafic était normal sur les routes françaises vendredi matin, selon Bison Futé, mais le service d'information routière prévoit des difficultés liées aux départs et retours de vacances dans l'après-midi sur l'A6 et samedi en Auvergne-Rhône-Alpes, sur les axes reliant les stations de ski.

Des perturbations liées à la grève pourraient également venir « renforcer les difficultés de circulation attendues ce week-end sur l'ensemble du réseau routier », a prévenu Bison Futé. La plateforme Blablacar a observé un « doublement de la demande de réservations pour le covoiturage et les bus depuis l'annonce du plan de transport de la SNCF mercredi ». L'opérateur de bus a indiqué qu'il comptait ajouter des trajets supplémentaires pour « faire face à la demande », notamment de Paris vers Rennes, Toulouse et Marseille, et qu'il restait des places en covoiturage.

Des perturbations attendues dimanche

Pour rappel, deux syndicats de la SNCF, la CGT-Cheminots et Sud-Rail ont annoncé début février qu'une importante grève dans tout le pays allait avoir lieu ce week-end du 16 au 19 février, en plein chassé-croisé des vacances - au milieu des vacances scolaires de la zone C (Île-de-France, académies de Montpellier et Toulouse) et au début de celles de la zone A (académies de Besançon, Dijon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Limoges et Poitiers).

«On aura un train sur deux dimanche et nos clients reçoivent un mail, un SMS pour leur préciser si leur train est confirmé ou annulé» a prévenu ce vendredi Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités sur TF1.
Grève : "On aura un train sur deux dimanche", Alain Krakovitch directeur de TGV-Intercités#BonjourLaMatinaleTF1pic.twitter.com/ICCXAQ3HTu— TF1Info (@TF1Info)February 16, 2024

Les voyageurs dont le train est supprimé pourront échanger leur billet sans frais ou se le faire rembourser. Le transporteur offre également une réduction de 50% sur leur prochain voyage aux clients concernés. La SNCF doit faire un point ce vendredi sur le nombre d'échanges de billets effectués.

Bras de fer entre la SNCF et les syndicats

A l'origine de ce mouvement, les syndicats grévistes estiment que l'accord de sortie de crise négocié fin 2022 - quand une grève le week-end de Noël avait laissé 200.000 voyageurs sur le carreau -, tarde à être appliqué. Ils demandent aussi une renégociation de l'accord sur les fins de carrière.

Pour éviter un mouvement social, le PDG du groupe, Jean-Pierre Farandou, a fait quelques promesses supplémentaires pour contenter tous les cheminots, et pas seulement les chefs de bord. La direction a décidé du versement d'une prime supplémentaire de 400 euros en mars pour les cheminots. En outre, elle a revalorisé l'indemnité de résidence pour les salariés habitant là où le marché immobilier est en tension et a consenti à 3.000 promotions supplémentaires. Enfin, elle a accepté la création de 1.100 emplois supplémentaires, dont 200 contrôleurs. L'accord « est en place à 87%, ce sera 92% fin 2024 et 100% en 2025 », a aussi assuré Jean-Pierre Farandou le 8 février.

Mais si la CFDT-Cheminots a été convaincue et a levé son préavis, ce ne fut pas le cas de la CGT-Cheminots et Sud-Rail. Or, ces deux organisations représentent environ 60% des salariés au niveau du groupe et les deux-tiers des contrôleurs. De son côté, l'Unsa ferroviaire n'a pas appelé à la grève.

« On ne peut pas dire oui à tout », a déclaré ce vendredi Alain Krakovitch, qui juge « très corrects » les 17% d'augmentations de salaire en trois ans dans le groupe. « Beaucoup de Français ne sont pas dans cette situation », a-t-il observé. Le directeur TGV-Intercités a, lui, estimé que la grève « interdit à beaucoup de Français de partir ou de revenir de vacances dans des conditions sereines », a-t-il déploré, estimant devoir « des excuses » aux clients.

Le droit de grève questionné par la droite

Du côté de l'exécutif, cette grève, lancée à l'initiative d'un collectif informel de contrôleurs, a relancé le débat sur le droit de grève pendant certaines périodes. Le Premier ministre Gabriel Attal a déploré mercredi « une forme d'habitude » à voir une grève des cheminots « à chaque vacances ».

«Je suis effectivement un peu surpris de cette grève ce week-end (...) parce qu'il a été acté par la direction des primes et des augmentations de salaires qui fait envie à beaucoup de nos concitoyens», a-t-il ajouté, précisant que « la catégorie d'agents qui se mobilise ce week-end en a largement bénéficié, avec presque 20% de hausse de salaire en deux ans».

« La grève doit être l'arme ultime », or elle est « devenue un instrument de la négociation », a pointé de son côté le président du Sénat Gérard Larcher, ouvert à la discussion sur des dispositifs pour encadrer des mouvements sociaux comme celui des contrôleurs de la SNCF. Un texte de la droite sénatoriale interdisant les préavis autour des jours fériés et sur « les deux premiers et les deux derniers jours » des vacances scolaires serait ainsi actuellement dans les tuyaux législatifs.

Mathilde Panot (LFI) encourage les Français à faire grève

De l'autre côté du spectre politique, le son de cloche est radicalement différent. La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a encouragé ce vendredi les Français à faire grève avant et pendant les Jeux olympiques, face « à un gouvernement qui n'écoute rien ni personne » selon elle.

« Le droit de grève, c'est la démocratie sociale », a martelé l'insoumise sur BFMTV/RMC, interrogée sur la grève des contrôleurs SNCF. Quand « le gouvernement n'entend que le rapport de force, et bien il faut utiliser le rapport de force au maximum », a-t-elle estimé. Pour Mathilde Panot, le gouvernement va « à l'inverse de tout ce qui est le progrès social qu'il y a eu dans notre pays depuis des années et qui a été conquis par la grève ».

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La cheffe des députés LFI a par ailleurs reproché au patron du Sénat Gérard Larcher, qui a proposé de restreindre le droit de grève pendant les vacances scolaires, de « ne pas souhaiter respecter la Constitution ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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