Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
La France a peur... des punaises de lit ! aurait dit Roger Gicquel. Cinémas ou écoles fermées, droit de retrait des profs dans un lycée parisien, annulation d'un vol Paris-New York, vidéos virales sur les réseaux sociaux, la semaine a été placée sous le signe du nouveau vampire des nuits blanches. Une véritable psychose a fait irruption dans les médias, face aux méfaits de cet hétéroptère hématophage gourmand-piquant. Car c'est un réel fléau moral et financier pour ses victimes. Il en coûte souvent une bonne dépression tant la bestiole est devenue résistante et coûte en moyenne plus de 850 euros pour se débarrasser de ce nuisible.
Pressé d'agir, bien qu'il ne soit pas avéré en pleine Coupe du monde de Rugby, que la France subisse une invasion de ce nuisible, le gouvernement s'est mobilisé : une réunion interministérielle présidée par Elisabeth Borne a mis à l'étude « des réponses » à ce sujet qui inquiète les Français. Le ministre des Transports, Clément Beaune a réclamé « de la transparence » dans les trains, bus et métro, mais reconnaît qu'il n'y a « pas de recrudescence ». Pour rassurer à 300 jours des JO, un grand nettoyage de printemps sera organisé partout où des cas seront avérés.
L'épisode en dit beaucoup aussi sur l'état de santé mentale de nombreux Français trois ans après le Covid. Après l'épidémie, qui n'est d'ailleurs pas finie, tout ce qui affecte la santé fait peur. Plus que jamais, la France se divise en deux camps, ceux qui ont peur et les autres. Devenu nounou, l'Etat en France se veut protecteur, mais plus quoi qu'il en coûte. Malgré le réel impact social du fléau des punaises, il n'est pas question ici de faire un chèque aux plus modestes pour les aider à s'en débarrasser, à la manière du chèque carburant accordé à nouveau par Emmanuel Macron. Mais de montrer juste que l'on prend le sujet au sérieux.
À lire également
A voir la réaction du gouvernement, c'est aussi et peut-être surtout lui qui a peur, d'une nouvelle explosion type Gilets Jaunes. Les prochains jours permettront de prendre la température sociale avec la journée d'action du 13 octobre, prélude à la conférence sur les bas salaires du lundi 16 octobre à Matignon. Elisabeth Borne recevra au préalable les partenaires sociaux en début de semaine. Dans ce climat tendu, le pouvoir fait preuve d'une hyper-vigilance dont la crise de la punaise de lit est un symptôme autant qu'un avant-goût. Il faut tout faire pour éviter d'agiter un chiffon rouge. Avec la revalorisation de 5,2% des retraites du régime général et de 4,9% des complémentaires du privé, plus importante que le Smic horaire à date, la réforme des 64 ans se paie cash, pour rattraper l'inflation. Inutile de réveiller la contestation à l'heure où l'intersyndicale commence à s'ébrécher.