En Île-de-France, les activités économiques inégalement impactées par le Covid-19
César Armand

Le président du Medef IDF, Daniel Weizmann,
Medef IDF
César Armand

Le président du Medef IDF, Daniel Weizmann,
Medef IDF
Un secteur touristique et événementiel totalement à l'arrêt ou presque, une branche automobile "totalement décimée", une formation professionnelle qui tourne à 10% d'activité, des métiers du conseil à 25%, une métallurgie et une ingénierie à, chacune, 50%, une chimie à 75-80% et des éditeurs de solutions informatiques qui tournent à plein régime. C'est la situation économique francilienne que décrit, pour La Tribune, le président du Medef Île-de-France, un mois après le début du confinement. Malgré tout, "nous avons le sentiment que des activités redémarrent", souligne Daniel Weizmann qui déclare que les activités de production chez Airbus tournent à 20-25%.
Pour paraphraser le président national du Mouvement des entreprises de France, Geoffroy Roux de Bézieux dans Le Figaro du 11 avril, faudra-t-il par ailleurs "se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire" ?
Vice-président d'un groupe implanté en Espagne et en Italie, le patron des patrons franciliens estime en outre que notre pays est l'État européen où le confinement a été poussé "au maximum" en termes économiques. "Dans le reste de l'Europe, l'activité ne s'est pas arrêtée autant qu'en France. L'accélération va être forte - du moins, je l'espère - sinon, ce sera dramatique", déclare-t-il.
Relancé sur ces salariés qui doivent faire du télétravail subi, avec des enfants à occuper, et qui ont peur de se retrouver fatigués à la sortie, Daniel Weizmann estime qu'"en réalité, le rythme du télétravail suit le rythme du business".
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Là encore, le président du Medef Île-de-France compare le salaire net garanti à 84%, voire à 100% si l'employeur compense, à "nos voisins européens où la perte en salaire net est beaucoup plus significative".
Au-delà des petites phrases des uns et des autres, Daniel Weizmann a organisé, le 16 avril, un webinar* avec la Banque publique d'investissement (Bpi) IDF et la Fédération bancaire française (FBF) IDF. Parmi ses 5.000 adhérents en direct via les territoires, "dont beaucoup de PME", 1.000 l'ont suivi et en sont sortis, selon ses dires, "rassurés".
Refus, délais, obstacles, des entreprises rament pourtant face aux banques dans le cadre du Prêt garanti par l'État. "Les banques font remarquablement leur travail", dédouane-t-il. "Mais il y a toujours des cas compliqués. Il faut dire aussi qu'elles voient des dossiers difficiles d'entreprises au bord du dépôt de bilan ou déjà en grosse difficulté avant la crise", martèle le patron des patrons franciliens.
Plus généralement, Daniel Weizmann accompagne ses membres, "noyés dans la quantité d'informations et le changement quasi-quotidien des dispositifs". "Nous intervenons pour en faire le décryptage et sommes aussi actifs sur le terrain auprès des interlocuteurs bancaires et de la Direccte pour remonter des dossiers concrets", dit-il. Tous les trois ou quatre jours, il a en effet le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) au téléphone.
Après la crise, "nous n'allons pas reprendre le travail tel que nous l'avons laissé le 16 mars compte tenu des impératifs sanitaires que nous allons devoir gérer pour la protection de nos salariés", considère-t-il. Pour lui, la relance de l'État devra être incitative, ne serait-ce parce que "nous sommes en concurrence" avec nos voisins dont bon nombre ont redémarré dès cette semaine.
Comme ses collègues régionaux, le président du Medef Île-de-France juge que les impôts de production "pénalisent" la France. La taxe sur les salaires, les versements mobilités, la contribution économique territoriale, les taxes foncières et la contribution sociale de solidarité des sociétés représentent "70 milliards d'euros quand ils coûtent 10 milliards à l'Allemagne", pointe-t-il.
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Daniel Weizmann imagine également un plan de relance financier. "C'est nécessaire au vu de la fragilité de la trésorerie des entreprises après deux mois de crise. Il faut de la sérénité pour réinvestir", exhorte-t-il. Il mise enfin sur l'épargne accumulée pendant cette période. "La réponse passera aussi par la relance de la consommation".
*En français : webinaire, contraction entre "web" et "séminaire".
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