Régionales en Île-de-France : le patronat, candidat surprise

RÉGIONALES. La Chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France, la confédération des PME Paris Île-de-France, le Medef francilien et l'Union des entreprises de proximité IDF s'invitent dans le débat des élections des 20 et 27 juin prochain. Au menu des prochaines assemblées régionales : le développement économique bien sûr, mais aussi l'avenir du télétravail, le soutien à la numérisation et l'employabilité des jeunes.
César Armand

6 mn

Tous les représentants du travail souhaitent systématiser leur coopération avec le conseil régional. « Cette pandémie a boosté nos interactions et permis de prendre des décisions assez rapides et opérationnelles. Nous voulons continuer à travailler ensemble pour définir les axes de stratégie », déclare Daniel Weizmann, président du Medef IDF.
Tous les représentants du travail souhaitent systématiser leur coopération avec le conseil régional. « Cette pandémie a boosté nos interactions et permis de prendre des décisions assez rapides et opérationnelles. Nous voulons continuer à travailler ensemble pour définir les axes de stratégie », déclare Daniel Weizmann, président du Medef IDF. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Envers et contre tout, la région Île-de-France demeure la plus riche de France et même d'Europe avec 31% du PIB national. Selon les données de la chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France, elle concentre 23% des emplois et même 44% des emplois stratégiques ainsi que 40% des dépenses nationales de recherche et développement (R&D). De la même manière qu'elle s'affiche comme la première région aérospatiale française, la première région automobile en termes de R&D et d'effectifs, la première place européenne en termes d'offres d'espaces dédiés aux événements et la deuxième plateforme aéroportuaire d'Europe, au regard des données de l'Institut Paris Région.

Le télétravail pour... le meilleur et pour le pire

En réalité, depuis le début de la crise économique et sanitaire, c'est le télétravail qui s'est imposé dans les entreprises... pour le meilleur et pour le pire, souligne le président de la confédération des PME Paris Île-de-France (6.000 adhérents). « Il y a eu beaucoup de difficultés avec l'exiguïté des lieux, le mal-être, mais aussi plus de liberté et d'espaces de vie à consacrer à soi-même et aux siens », relève Bernard Cohen-Hadad.

« On ne doit pas légiférer mais négocier entreprise par entreprise », estime, de son côté, le président du Medef Ile-de-France (4.000 adhérents, 38 branches). « L'équilibre vie personnelle - vie professionnelle doit particulièrement être pris en compte ici, compte tenu des transports et du logement », ajoute Daniel Weizmann.

Dans un livre blanc paru à l'occasion de ces élections régionales, la Chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France, qui a auditionné les candidats à son siège, milite d'ailleurs pour la relance de la production de logements, notamment intermédiaires. L'habitat neuf est particulièrement en crise depuis près d'un an et demi, mais la compétence, comme partout en France, est éparpillée façon puzzle.

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Généraliser le chèque numérique du conseil régional

Tous ces patrons plaident donc pour une accélération des subventions dédiées aux équipements numériques dans la continuité d'un chèque numérique du conseil régional d'Île-de-France pouvant aller jusqu'à 1.500 euros et permettant d'acquérir des solutions de gestion, de marketing ou de e-commerce. Ce dernier étant réservé aux commerçants de proximité ou artisans, Bernard Cohen-Hadad appelle à l'ouvrir à toutes les entreprises et à former les salariés aux logiciels.

« La numérisation demande des investissements importants en termes d'acquisition de logiciels et de matériels comme en maintenance », abonde Daniel Attali, président de l'Union des entreprises de proximité (U2P) Île-de-France (730.000 entreprises, 810.000 emplois). « En matière de transformation numérique, le confinement a dévoilé pour certains pas mal de lacunes et pour d'autres pas mal de possibilités », poursuit-il.

Avant d'appeler à créer des systèmes d'amorçage pour les créateurs d'entreprises qui ont besoin de locaux pour démarrer leur activité. Daniel Weizmann mise, pour sa part, sur le coworking, sachant que de nombreuses entreprises vont réduire leurs mètres carrés de bureaux. Cela tombe bien : la région est compétente en matière d'aménagement du territoire et de mobilités afin de mieux articuler ces deux politiques locales. Pas question pour autant de financer la gratuité des transports telle que la veut la candidate socialiste Audrey Pulvar.

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Les jeunes, premières victimes de la crise

Autre priorité et non des moindres : l'employabilité des jeunes.

« Ils sont les premières victimes de la crise économique», selon le président de CPME Paris IDF. « Nous devons les accompagner vers des formations car les PME ont besoin de leurs compétences pour rebondir », insiste Bernard Cohen-Hadad.

« Cela nécessite une adéquation du développement des compétences et des attentes des entreprises. Développer à fond l'apprentissage constitue une clé de la réussite », appuie le président du Medef IDF Daniel Weizmann. En collaboration avec les chambres de métier départementales, son homologue de l'U2P IDF Daniel Attali revendique, lui, d'intervenir en mission locale, parfois en collège et lycée, afin d'inviter les moins de 25 ans à s'inscrire dans les métiers en alternance.

Systématiser la coopération avec la région

Tous ces représentants du travail souhaitent en outre systématiser leur coopération avec le conseil régional. « Cette pandémie a boosté nos interactions et permis de prendre des décisions assez rapides et opérationnelles. Nous voulons continuer à travailler ensemble pour définir les axes de stratégie », déclare Daniel Weizmann, président du Medef IDF.

« La région pourra compter sur les entreprises pour répondre aux attentes sociétales et favoriser une commande publique exemplaire », vante Didier Kling, président de la CCI Paris IDF.

En attendant, les patrons rêvent à voix haute de moratoire fiscal (Medef), de banques moins frileuses (U2P) comme de tourisme local (CCI, CPME) tout en érigeant la transition écologique, une compétence que les régions espèrent décrocher, en opportunité économique. Par exemple, la priorisation des locaux professionnels pour accélérer la rénovation énergétique (CPME) ou la construction de nouvelles filières industrielles dans l'économie circulaire et les énergies alternatives (CCI).

Pour un énième choc de simplification

Reste que cela ne suffira pas. A leurs yeux, seul un choc de simplification institutionnel permettrait de concilier action publique et développement économique. « Les cinq échelons politiques et administratifs (ville de Paris, départements, intercommunalités, métropole et région, Ndlr) ont tendance à brouiller les messages. Il faut une synergie au service de l'économie de proximité », s'impatiente le patron de la CPME Paris IDF. « L'enjeu consiste à simplifier la gouvernance liée à la multiplicité des étages. Cela ne pourra que fluidifier les relations », renchérit le patron du Medef IDF.

Un souhait qui risque de rester un vœu pieu. Dès juillet 2017, le président de la République s'était engagé à « simplifier drastiquement les structures » de la région-capitale. Reste que quatre ans se sont écoulés et que de rapport en consultation, le big bang ne s'est pas produit. Peut-être sera-ce à l'ordre du jour du prochain quinquennat?

César Armand

6 mn

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Commentaire 1
à écrit le 16/06/2021 à 17:18
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Un candidat de plus à droite donc.

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