« Compte tenu de la morosité actuelle du marché liée à des surstocks importants chez les distributeurs et à un attentisme des consommateurs en ces temps d'inflation, nous nous donnons cinq ans pour atteindre le cap des 100.000 vélos », observe, prudente, Sophie Guieysse, directrice générale de Neomouv qui, au printemps dernier, annonçait l'acquisition, via sa maison mère VAxE, de 80% du capital d'Unibike, son partenaire historique au Portugal.
Implantée depuis trente ans à Soza, dans la Bike Valley portugaise, cette manufacture de vélos, experte en peinture et en assemblage, victime d'un incendie, a été entièrement reconstruite en 2020 et 2021 pour en faire une unité eco-friendly, considérée comme l'une des plus modernes d'Europe. Equipée de panneaux solaires, dotée de chaines automatisées, capable de produire jusqu'à 250.000 unités par an, elle assemble et peint chaque année quelques 100.000 vélos, dont un tiers pour Neomouv. Ce partenariat a permis à l'entreprise sarthoise, basée à la Flèche (72) de passer la crise sanitaire sans rupture et sans fermeture.
Alors, lorsque le patron portugais Sergio Ramos décide, pour des raisons personnelles, de prendre du recul, Philippe Vaxelaire, fondateur et PDG de Neomouv, ne laisse pas passer cette opportunité. Sur un marché en pleine croissance, où Neomouv vient d'être référencée par l'enseigne de sport Decathlon, le pionnier du VAE sécurise sa supply chain. « Sur un marché où la tendance est de rapatrier les productions chinoises, voire américaines, en Europe, le risque, c'était de voir un concurrent mettre la main sur cet outil industriel », reconnait Sophie Guieysse. Ce projet de Neomouv est soutenu par Sodero Participation, actionnaire historique et des investisseurs privés. L'augmentation de capital a permis de lever 2,7 millions d'euros. A leur tour, BPIFrance, les banques Arkea, Crédit Agricole, Société Générale ont apporté leur soutien au projet de développement. Car, le marché du VAE aiguise les appétits.