Métavers : le rapport remis au gouvernement souligne les limites de la vision de Facebook (Meta)
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
iStock
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
iStock
Fin 2021, Facebook change son nom en Meta, propulse le terme "métavers" dans le vocabulaire commun et entraîne de nombreux grands groupes dans son sillage. Pour ne pas manquer la potentielle prochaine révolution technologique, le gouvernement français ordonne trois mois plus tard une mission exploratoire sur les métavers pour en cerner les enjeux. Le rapport de 116 pages issu de cette recherche et d'une centaine d'entretiens, remis en juillet, vient d'être publié.
Son objectif : esquisser le paysage industriel et culturel du métavers en France, et émettre des recommandations pour la stratégie d'investissement à adopter. Le gouvernement reprend ainsi la stratégie qu'il avait eu avec le rapport de Cédric Villani sur l'intelligence artificielle (en 2018) et celui de Paula Forteza sur l'informatique quantique (en 2020), qui ont mené à des plans d'investissements de plus d'un milliard d'euros chacun.
Les trois co-auteurs du rapport, Camille François (chercheuse à Columbia Université et directrice Trust and Safety chez Niantic), Adrien Basdevant (avocat), et Rémi Ronfard (chercheur à l'Inria) se sont rapidement confronté à un premier obstacle : chacun de leurs interlocuteurs avait une définition différente du métavers, de sorte qu'une "grand confusion" règne dans le secteur.
À lire également
Dans la vision de Meta par exemple, métavers rime avec réalité virtuelle (VR). L'entreprise de Mark Zuckerberg a acheté le pionnier du secteur Oculus en 2014 et s'est imposé depuis comme le premier vendeur de casques de VR. Avec son Meta Store -le magasin d'application installé sur les casques-, il projette aussi de se tailler la part du lion dans la vente d'applications, en ponctionnant des commissions élevées sur les achats, comme le font Apple et Google sur les smartphones avec l'App Store et le Play Store. Mais alors que Meta pousse cette vision, d'autres entreprises comme Epic Games (éditeur du jeu vidéo à succès Fortnite) avancent un discours différent. Pour ce dernier, le métavers est un terrain de jeu en ligne, communautaire, qui permet de passer d'un univers virtuel à un autre sans barrière.
François Manens