L’industrie consent à dévoiler (partiellement) ses études sur le glyphosate

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Le Round-Up, commercialisé par Monsanto, est utilisé partout dans le monde.
Le Round-Up, commercialisé par Monsanto, est utilisé partout dans le monde. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Sous la pression de la Commission européenne, le lobby pro-glyphosate a donné accès aux études réalisées sur la dangerosité du fameux pesticide. La censure partielle des textes est cependant dénoncée par Greenpeace. Un article de notre partenaire Euractiv.

Fin juin, la Commission européenne a étendu l'autorisation de commercialisation du glyphosate de 18 mois, afin de laisser le temps à l'Agence européenne des produits chimiques, l'ECHA, de terminer son évaluation du pesticide, qui devrait être publiée avant le 31 décembre 2017.

     >Lire : Bruxelles prolonge l'autorisation du glyphosate

Le Groupe de travail sur le glyphosate (GTF), un consortium d'entreprises défendant le pesticide, a décidé de donner accès à 71 études toxicologiques menées par l'industrie sur l'herbicide, dans des salles de lecture.

Dans un communiqué, le groupe insiste sur le fait que toutes les études soumises dans le cadre du processus de renouvellement de l'autorisation de vente européenne ont été examinées par les spécialistes de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et des États membres.

« Ces experts ont conclu que le glyphosate n'est pas susceptible de poser un danger cancérogène pour les humains' et qu'il ne démontre pas de propriétés mutagènes ni d'effets sur la fertilité, la reproduction ou le développement embryonnaire », rappelle le communiqué.

La validité de ce jugement a été mise en cause par les ONG, qui reprochent à l'EFSA de s'être basée en trop grande partie sur des données fournies par l'industrie. Les ONG soupçonnent par ailleurs le glyphosate d'être un perturbateur endocrinien.

     >Lire : Les trois quarts des Allemands contaminés au glyphosate

La Commission encourage la transparence

Selon les informations obtenues par EurActiv, la décision du GTF a été prise à la suite d'un commentaire de Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la santé, qui a encouragé l'industrie à faire preuve de plus de transparence.

Le 4 avril, le commissaire avait ainsi envoyé une lettre au consortium, demandant la publication des études sur la cancérogénicité du glyphosate chez les animaux de laboratoire. Ce sont ces études qui ont servi de fondement à l'évaluation de l'EFSA.

Enrico Brivio, porte-parole de la Commission, a récemment confirmé que l'exécutif tentait d'instaurer une meilleure transparence sur la question du glyphosate. « Le Commissaire Andriukaitis a invité le Groupe de travail sur le glyphosate à publier les études [...] Le commissaire reste convaincu qu'il faut davantage de transparence sur ces études », a-t-il expliqué à EurActiv.

Les salles de lecture, un dispositif insuffisant

L'ONG Greenpeace, qui milite pour une interdiction complète du glyphosate, a cependant critiqué le fait que les études ne sont accessibles que via des salles de lectures. Selon Marco Contiero, directeur pour l'alimentation et l'agriculture chez Greenpeace, cette solution est loin de régler la question de la transparence. Les études ont en outre été modifiées.

« Les études sur la dangerosité des produits chimiques auxquels les humains et l'environnement sont constamment exposés doivent être accessibles au public, comme le stipule le droit européen », martèle-t-il.

Pour que les scientifiques indépendants, comme ceux qui travaillent pour le Centre international de recherche sur le cancer, de l'Organisation mondiale de la santé, puissent évaluer la dangerosité de ce type de produits, il faut que toutes les études scientifiques soient entièrement accessibles à tous.

« Pas seulement une sélection [des études réalisées], après l'évaluation et uniquement dans une salle de lecture », précise-t-il.

Selon le GTF, une très petite quantité d'informations a été censurée dans les documents accessibles, et cette correction a été faite dans le respect du règlement n° 1107/2009 sur la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

     >Lire : Glyphosate : les caprices de la Commission menacent les Européens

Une position « déraisonnable », selon Monsanto

Monsanto, membre du GTF qui produit notamment le pesticide Round-Up, à base de glyphosate, assure cependant que les salles de lecture sont une bonne solution, puisqu'elles permettent un accès aux études tout en protégeant les intérêts des entreprises privées.

Brandon Mitchener, directeur des affaires publiques pour Monsanto Europe, insiste sur le fait que certaines ONG refusent de reconnaître le droit des entreprises à protéger des informations confidentielles.

« C'est une position déraisonnable qui n'est partagée par aucun gouvernement dans le monde [...] Le droit européen lui-même reconnait explicitement le droit des entreprises à garder certaines informations secrètes, pour des raisons de compétitivité », estime-t-il.

     >Lire : Glyphosate et Brexit, même combat ?

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CONTEXTE

L'Autorité européenne de sécurité des aliments a déclaré en novembre 2015 qu'il était peu probable que le glyphosate provoque le cancer chez les hommes et a proposé d'élever les plafonds du pesticide.

L'EFSA conseille les décideurs politiques européens et ses conclusions étaient censées ouvrir la voie à un renouvellement de l'autorisation du glyphosate par les 28 États membres. La molécule est entrée sur le marché en 1974. Elle est rapidement devenue le numéro 1 des ventes, notamment avec le Round Up du géant agrochimique américain Monsanto.

Les groupes environnementaux appellent à une interdiction de la substance depuis que le centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'OMS, a affirmé en mars 2015 que le glyphosate était un « cancérogène probable pour les humains ».

Selon un groupe d'action, 1,4 million de personnes ont signé une pétition appelant l'Union européenne à suspendre l'autorisation du glyphosate en attendant d'autres évaluations.

Greenpeace qualifie pour sa part le rapport de l'EFSA de « camouflage ».

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PROCHAINES ÉTAPES

  • D'ici à la fin 2017 : L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) aura rendu son opinion sur le glyphosate.

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PLUS D'INFORMATION

Commission européenne

Groupe de travail sur le glyphosate

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Par Sarantis Michalopoulos, EurActiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le lundi 29 août 2016 à 9:41)

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Commentaires
a écrit le 30/08/2016 à 14:42 :
peut-être que certains de nos chers eurocrates rêvent d'un poste grassement payé comme "conseillers" dans les entreprises de la filière. Baroso n'était que le sommet de l'icebreg
a écrit le 29/08/2016 à 20:07 :
LES LOBYS PLANETAIRE T ELLE QUE MOSANTOS ON BEAUCOUP D ARGENT ET ACHETENT BEAUCOUP DE JOURNALISTES? DES EXPERTS? ET MEME DES GOUVERNEMENTS? A FIN D ARRIVE A VENDRE LEURS POISON EN TOUTE LEGALITE? AVEC LES TRUSTS PHARMASOTICS LES INDUSTRIES CHIMIQUE CONTINUE A FAIRE SE QU IL VEULENT? RESULTAT PLUS D ENFANT ANDICAPE VIE ET PLUS DE CANCER?PLUS DE MORT UN SUR TROIS ET DU AUX CANCERS? TRISTE BILAN POUR DES EMTREPRISES QUI FONT PARTIE DE NOTRE SOCIETE T QUI DEVRAIS ETRE PLUS RIGOUREUSE AVANT DE METTRE SUR LE MARCHE DES PRODUITS QUE TOUS LE MONDE UTILISE COURAMENT???
a écrit le 29/08/2016 à 17:04 :
Un pas en avant, deux pas en arrière. On sait parfaitement que ce produit est ultra nocif et on tergiverse encore sur la transparence de sa fabrication.

L'union européenne n'est qu'une protection de plus des actionnaires milliardaires, il ne faut pas s'étonner qu'elle aille si mal en méprisant ses citoyens et leur santé comme elle le fait.
a écrit le 29/08/2016 à 15:26 :
"tout en protégeant les intérêts des entreprises privées" le produit est tombé dans le domaine public (brevet arrivé en fin de vie), ses effets médicaux, biologiques sont du ressort de tout le monde, de la planète entière.
En quoi des études de toxicité sont "secrètes" si c'est inoffensif (études payées par les industriels mais à part ça...) sauf si des biais méthodologiques seraient visibles (ne pas montrer ce qu'on veut cacher, donc choisir les moyens de le prouver, les tests, ...) ?
Au contraire,ça permettrait de rassurer les gens avec des études que les spécialistes indépendants déclareraient pertinentes et complètes.
a écrit le 29/08/2016 à 15:07 :
c'est déjà scandaleux en soi, que les euro_députés signent pour la prolongation de ces matières dangereuses pour les humains et pour les animaux. Nous le savons tous que ce groupe est dangereux, qu'il a une armée de lobbyistes à Bruxelles et partout en Europe et dans le monde pour sauver son " venin" qui fait une bonne partie de son C.A. et surtout son bénéfice. Elle s'en fout que les gens meurent de cancers y compris les agriculteurs, mais c'est aussi la faute de nos politiciens corrompus jusqu'à l'os qui vont contre les peuples. Ils devraient tous rendre des comptes, car pour de l'argent ils vendraient pères et mères. Et on s'étonne que plus personne ne leur fait confiance. L'agriculture, la politique est aussi pourrie que le système banquier, et cela avec l'aval de beaucoup de journalistes et des médias. Plus personne n'ose contredire ces faits sauf peut être Awaz, ou journaux complètements indépendants. Les journalistes soient ils marchent avec eux, soit ils se font virer. Ne parlons pas des chaines d'états ou de journaux dont les propriétaires sont à des milliardaires ou de grands groupes qui font leurs propres propagandes. triste époque, triste europe......

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