Île-de-France : cet été, le pass Navigo passe à 75,20 euros

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Le forfait Navigo augmente de 3%, mais en moyenne l'augmentation de l'ensemble des tarifs des transports s'établit à 2,5%, précise la région. Le forfait Imagine R, destiné aux jeunes franciliens, a augmenté de 2,5% en mars dernier.
Le forfait Navigo augmente de 3%, mais "en moyenne l'augmentation de l'ensemble des tarifs des transports s'établit à 2,5%", précise la région. Le forfait Imagine R, destiné aux jeunes franciliens, a augmenté de 2,5% en mars dernier. (Crédits : DR)
Le titre d'abonnement aux transports en commun des Franciliens augmentera de 2,20 euros par mois à compter du 1er août.

A partir du 1er août, le pass Navigo à tarif unique, le titre d'abonnement aux transports des Franciliens, augmentera de 2,20 euros, passant ainsi à 75,20 euros mensuel, a appris l'AFP mardi auprès de la région Île-de-France, confirmant une information du Parisien. Cette décision sera actée lors d'un conseil d'administration du syndicat des transports d'Île-de-France (Stif), présidé par la présidente (LR) de la région Valérie Pécresse, le 28 juin.

Après une première augmentation de 3 euros en 2016 pour atteindre 73 euros, cette nouvelle hausse n'est pas une surprise. En février, la région Île-de-France en avait effectivement évoqué l'hypothèse, à l'occasion d'une table ronde sur "les financements durables et innovants pour les transports publics franciliens".

Le forfait Navigo augmente de 3%, mais "en moyenne l'augmentation de l'ensemble des tarifs des transports s'établit à 2,5%", précise la région. Le forfait Imagine R, destiné aux jeunes franciliens, a augmenté de 2,5% en mars dernier.

Un ticket unitaire pas si pratique

La région, qui fait part de sa "préoccupation sociale", souligne aussi que le prix du ticket à l'unité (souvent choisi par les plus modestes) est, lui, "gelé", tout comme les billets "origine/destination" sur les plus longues distance, c'est-à-dire les billets "Paris-banlieue de plus de 7 euros" et les billets "banlieue-banlieue de plus de 6,5 euros".

Cependant, notons à cet égard que le ticket à l'unité "t+" donne accès au réseau des transports en commun (métro, bus, tram) dans les zones 1 et 2. En revanche, pour le RER, il donne uniquement accès aux stations dans Paris intra-muros, comme c'est indiqué sur le titre de transport, lorsqu'on l'on prend la peine de le déchiffrer. C'est pour cette raison qu'il n'est pas possible de se rendre à la station Stade de France - St Denis du RER D par exemple, alors que l'on peut allègrement se rendre à la station de métro Carrefour Pleyel (ligne 13), bien qu'étant en zone 2. C'est le même schéma pour la station du RER A La Défense, accessible pour les détenteurs d'un pass navigo (dézoné), tandis que les usagers utilisant un ticket t+ devront préférer la ligne 1 du métro pour s'y rendre...

Par ailleurs, un ticket ne favorise pas la multimodalité, dans la mesure où s'il permet un changement de ligne de métro ou de RER, il faut composter un second ticket si l'on veut prendre le bus en sortant du RER ou du métro par exemple. Une correspondance en bus est toutefois permise depuis peu. Cela a donc tendance à inciter les usagers à opter pour un pass Navigo, que Valérie Pécresse veut rendre multimodal et dématérialisé. A terme, le "smart Navigo", doit pouvoir donner accès au Vélib', à Autolib', Batobus, etc.

Financer la modernisation du réseau

La région justifie cette nouvelle augmentation par la nécessité de moderniser le réseau, avec notamment 700 rames neuves ou rénovées promises d'ici à 2021. "75%" de ces rames sont déjà "commandées" et "20%" livrées, avait assuré Valérie Pécresse en mai.

En février, l'entourage de Valérie Pécresse soulignait que "depuis près de dix ans, que ce soit sous la mandature socialiste ou sous la mandature de la nouvelle présidente, les débats d'orientation budgétaire au Stif avaient montré qu'il y avait chaque année un besoin d'augmentation des recettes de 3%, pour pouvoir améliorer l'offre de transport (plus de rames, plus de bus, etc.) et la qualité de service (ponctualité, etc.)"

Enfin, la région va créer en janvier 2018 un forfait-jour "de proximité pour les déplacements occasionnels de banlieue à banlieue", qui sera de 7,5 euros pour deux zones et de 10 euros pour trois zones.

"Les taxes Pécresse s'enchaînent au grand détriment des usagers franciliens qui seront par ailleurs heureux de savoir que la mesure s'effectuera durant les vacances d'été, surement pour mieux les en détourner...", a réagi le Front national.

Pour le Front de Gauche, "les fanfaronnades" de Valérie Pécresse "l'été dernier, lorsqu'elle affirmait avoir sauvé le Passe unique après une première augmentation de 3 euros, n'étaient donc que mensonges. Le passe Navigo à 85 euros que nous redoutions se profile. Et ce, alors que les transports se détériorent".

C'est "une mesure parfaitement injustifiée sur le plan comptable", dénonce le groupe PS. "Si Valérie Pécresse justifie devoir financer des renforts d'offre et des investissements supplémentaires, elles n'explique pas pourquoi 176 millions d'euros d'investissements n'ont finalement jamais été dépensés en 2016 au STIF".

Pour les écologistes, "il est urgent de rappeler à Mme Pécresse non seulement ses promesses de campagne mais aussi que la tarification doit être abordable et juste pour que les transports en commun soient attractifs". "Un coût abordable des transports en commun est un levier contre la pollution de l'air", affirme-t-ils encore.

"Alors que l'IDF vient d'entrer dans un nouvel épisode de pollution, cette décision est un véritable non-sens écologique", ont renchéri les radicaux de gauche sur Twitter, estimant que "les Franciliens paient plus cher pour un service de moins bonne qualité".

Pourquoi pas un tarif social ?

Une solution pourrait être alors l'instauration d'un tarif social plus juste pour les transports publics, qui fonctionnerait sur la base du quotient familial, comme cela se pratique ailleurs en France, dans certaines villes, comme à Strasbourg. Le sénateur LR Louis Nègre, également coprésident du think tank TDIE et président du GART, le groupement responsable des autorités de transport, expliquait ainsi récemment à La Tribune:

"Les collectivités locales peuvent mettre en place des tarifications adaptées aux revenus des voyageurs, en se basant sur le quotient familial par exemple. Ce type de tarification sociale a d'ailleurs déjà été mis en place dans certaines villes, à l'instar de Strasbourg".

A quand la généralisation d'une telle pratique?

Lire aussi : Des transports en commun gratuits, une fausse bonne idée ?

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Commentaires
a écrit le 21/06/2017 à 17:16 :
décidément la France à la haine du célibataire... il faut l'appauvrir par tous les moyens.
a écrit le 20/06/2017 à 17:28 :
Un "tarif social" n'est pas une solution mais une source de coûts supplémentaires. Franchement même si cela devait monter à 85€ par mois, pour pouvoir se déplacer autant qu'on le souhaite dans les transports en commun en idf, ce n'est pas cher payé. Faire circuler des rames aux trois quart vides pour assurer le service public aux heures creuses a un coût qu'il faut payer. En revanche, nous ne devrions pas payer pour des rames achetées uniquement pour maintenir les emplois ALSTOM alors qu'il n'y avait pas de besoin réel.
a écrit le 20/06/2017 à 17:22 :
'cette nouvelle hausse n'est pas une surprise. En février, la région Île-de-France en avait effectivement évoqué l'hypothèse'

Si, c'est une surprise car une hypothèse est une proposition ou une explication que l'on se contente d'énoncer sans prendre position sur son caractère véridique, c'est-à-dire sans l'affirmer ou la nier. Il s'agit donc d'une simple supposition, appartenant au domaine du possible ou du probable.

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