Après l’accalmie de ces derniers jours sur les valeurs bancaires, la première banque allemande a été fortement attaquée sur les marchés ce vendredi. Les chefs d’Etat et la BCE ont pourtant réaffirmé la solidité du secteur en Europe. Mais les investisseurs s’interrogent toujours sur un possible effet de contagion des évènements qui ont touché les banques moyennes américaines et Crédit Suisse le week-end dernier.Après Credit Suisse, Deutsche Bank ? L'opération de sauvetage de la deuxième banque suisse par la première, UBS, le week-end dernier, a ramené le calme sur les marchés, et même provoqué un vrai rebond des valeurs bancaires étrillées la semaine précédente par les déboires de petites banques américaines. L'engagement des banques centrales et des autorités publiques à soutenir, si besoin, le secteur a également joué un rôle déterminant.
Las, ce vendredi 24 mars, les banques décrochent à nouveau en Bourse. La plus attaquée est la première banque allemande, Deutsche Bank, qui chute de près de 15 % en séance pour finalement clôturer en baisse de 8,53 %. L'indice Stoxx des 600 premières banques européennes cotées recule d'environ 5% à mi-journée et de 2,5 % en fin de séance. Certaines banques, jugées plus fragiles, comme Commerzbank ou Société générale accusent également des pertes importantes. Le tout sur des marchés boursiers franchement baissiers.
Les autorités rassurent sur la solidité du système
Et pourtant, les décideurs politiques européens, réunis ce jour à Bruxelles pour un conseil européen, s'efforcent de calmer les nerfs des investisseurs. « Le système bancaire en Europe est stable », assure le Chancelier Olaf Scholz. « Le secteur bancaire de la zone euro est résilient car il dispose de solides positions en termes de capital et de liquidités », a même indiqué aux chefs d'Etat Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.
Ce brusque décrochage de l'action Deutsche Bank, qui a entraîné les autres valeurs, aurait comme principale source la hausse ces derniers jours du titre CDS (credit default swap) à 5 ans de la banque (sorte d'assurance en cas de défaut de paiement), qui a frôlé les 220 points de base en matinée (contre 135 points de base mercredi), un plus haut depuis 2018. Mais comme toujours, c'est l'histoire du serpent qui se mord la queue, difficile de savoir si c'est la baisse de l'action qui entraîne le CDS par le fond, ou l'inverse. La banque allemande a également annoncé le rachat d'une dette subordonnée Lower Tier-2, ce qui a été parfois avancé comme un problème potentiel.