Novembre 2014. François Hollande, alors président de la République, annonce la fin prochaine des crédits à l'export pour les projets liés au charbon, un an avant la tenue de la COP21. Ce n'est finalement que cinq ans plus tard, dans le cadre du vote du projet de loi finance (PLF) 2020, que la France officialise la fin des garanties pour les projets à l'étranger à ce combustible fossile responsable d'environ 40% des émissions planétaires de CO2. Le but : décarboner ses flux d'investissement pour les aligner avec l'Accord de Paris de maintien des températures sous les +2°C, si possible +1,5°C, d'ici à la fin du siècle par rapport à l'ère pré-industrielle.
Un engagement critiqué par plusieurs ONG environnementales, qui regrettent à l'époque que l'Etat ne s'attaque pas aussi aux autres énergies fossiles (le pétrole et le gaz conventionnels), pourtant majoritaires parmi les garanties octroyées. Reste que l'Hexagone n'est pas le pire élève en la matière : en octobre 2021, la plupart des pays de l'OCDE continuent en effet de soutenir le charbon parmi les ventes réalisées à l'étranger. Et ce, alors même qu'une majorité ont cherché à réduire ce combustible de leur mix électrique national, afin d'honorer leurs ambitions climatiques.
Mais cela devrait rapidement changer : au début du mois, l'Union européenne avait appelé à l'action à travers un arrangement de l'OCDE sur le financement des projets à l'étranger. Après d'âpres négociations, celui-ci a porté ses premiers fruits : à quelques jours de la COP26 à Glasgow, un accord a émergé entre plusieurs pays permettant d'interdire l'octroi de crédits à l'exportation pour les centrales électriques conventionnelles au charbon.