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Ces pratiques que l'on veut discipliner

Christèle Fradin, Fabio Marquety et Thierry Serrouya

Publié le 15 septembre 2009 à 04:18 - Mis à jour le 15 septembre 2009 à 07:25

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La crise financière a mis en lumière les dérives de certains comportements et de techniques de marché.

Les bonus encadrés. La question des bonus est la plus discutée par les pays du G20. Les Européens veulent les limiter, les Américains seulement les encadrer. Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut mettre fin aux bonus garantis sur plusieurs années. Leur versement en totalité en cash est aussi une pratique révolue, au profit d'un paiement partiel en actions. Au-delà de leur montant, leur évaluation est aussi un point crucial des débats. Les bonus ne seront plus calculés en fonction du seul résultat du trader concerné, et l'idée d'un malus fait son chemin lorsqu'une activité de marché se révélera perdante dans la durée.

La gestion alternative sous contrôle. En réponse à la crise, les autorités ont décidé de s'attaquer aux hedge funds. La Commission européenne a proposé, en avril dernier, une directive visant à harmoniser leur régulation. Elle prévoit d'autoriser dans un premier temps la seule vente de fonds domiciliés dans un État membre, sous prétexte qu'ils sont plus protecteurs pour les investisseurs. L'affaire Madoff a montré le contraire... L'effet de levier, cher à cette industrie, pourrait aussi être limité à 200 %. Pour les professionnels, ne plus investir dans un fonds offshore ou limiter l'effet de levier revient à les empêcher de travailler. Autant dire que les gérants anglo-saxons sont très critiques.

La vente à découvert sous condition. Cette technique, consistant à vendre un titre non détenu dans l'espoir de le racheter à meilleur prix, a été accusée d'avoir accéléré la spirale baissière des valeurs financières. À la mi-septembre, de nombreux régulateurs ont suivi les autorités britannique, irlandaise et américaine qui, dans l'urgence, ont interdit cette pratique sur une liste plus ou moins longue de titres financiers. Dans certains pays européens, dont la France, les restrictions courent toujours. La crise a poussé les gendarmes à revoir les obligations de transparence, de livraison des titres et les freins à mettre en place pour stopper d'éventuelles dégringolades. Mais le dispositif est loin d'être abouti. Les États-Unis planchent encore sur un système de test de prix et organisent une table ronde à la fin du mois sur le sujet du prêt-emprunt des titres. En Europe, si les autorités sont parvenues à s'entendre en matière de reporting, les délais de débouclage et les tests de prix font encore débat.

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Les ordres flash en question. Travers de l'évolution technologique et de la course à la rapidité, les ordres flash sont dans le collimateur du régulateur américain. Lancée aux États-Unis par la plate-forme alternative Direct Edge, cette fonctionnalité permet à une poignée de participants d'avoir la primeur des intérêts acheteurs ou vendeurs durant une fraction de seconde avant que les ordres, s'ils n'ont pas trouvé contrepartie, soient diffusés sur des carnets d'ordres publics. Ce qui pose un problème d'égalité d'information. De nouvelles règles du jeu pourraient être mises en place. Plus généralement, les « dark pools », ces pôles de liquidités où s'échangent des blocs de titres, sont devenus un sujet de préoccupation, des deux côtés de l'Atlantique.

Christèle Fradin, Fabio Marquety et Thierry Serrouya

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