Procès Kerviel : "Vous ne pouviez pas vous en mettre vous-même des limites ? ""

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Suivez en direct le procès en appel de Jérôme Kerviel qui s'est ouvert ce lundi 4 juin pour un mois. La présidente de la Cour ne semble pas vouloir ménager l'ancien trader condamné le 5 octobre 2010 à cinq ans de prison, dont trois fermes, ainsi qu'à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts. Un trader qui dès les premières heures de l'audience s'est défendu pied à pied

Jérome Kerviel est sous le coup de trois chefs d'accusation : abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé, faux et usage de faux. Son procès en appel a commencé ce ce lundi 4 juin. Suivez en direct la première journée d'audience couverte par notre journaliste Laura Fort.

8h50  - entrée dans l'arène

Jérôme Kerviel et son avocat Me David Koubbi arrivent les premiers dans la salle d'audience de la première chambre de la cour d'appel de Paris, encerclés par les journalistes. Dans la salle encore vide et silencieuse, Jérôme Kerviel, en costume bleu sombre, échange regards et sourires avec son avocat. Me Koubbi dépose deux imposants dossiers rouge et bleu sur sa table. Jérôme Kerviel, lui, est assis devant la table de Me Koubbi.
Me Jean Veil, avocat de la Société Générale, fait son entrée quelques minutes plus tard, sort ses codes, une pile de feuilles et son ordinateur.
Claire Dumas, adjointe au directeur des risques opérationnels et directrice du programme ERM (Enterprise Risk Management), est là aussi et s'installe à la gauche de Me Veil. Elle avait représenté la Société Générale lors du procès en correctionnelle.
L'état major de la communication de la banque a également fait le déplacement.
Le public, lui, est à cette heure-ci encore clairsemé.
Le décor est de nouveau planté, la première audience du procès en appel de Jérôme Kerviel peut débuter.

9h12. Me Veil, ne faites pas de caprices !
Mireille Filippini, présidente de la cour d'appel et ancienne juge d'instruction au pôle financier, fait son entrée.
Le premier débat porte sur... l'installation des parties civiles, trop nombreuses, qui se placent des deux côtés de la cour.
Mireille Filippini : Il n'est pas question que les parties civiles se mettent du côté gauche. Me Veil, ne faites pas de caprices. Il faut laisser tout le monde avoir sa place.
Me Koubbi, taquin : Faut-il en conclure le retrait des parties civiles ?
Mireille Filippini : Abstenez-vous de tout commentaire. Les problèmes d'intendance étant résolus, nous allons peut-être pouvoir commencer. Finalement, Me Veil s'installera à l'arrière, en retrait.

9h20. Au menu
La présidente de la cour présente le menu des audiences des témoins.
A titre d'exemple, Luc François (ancien N+5 de Kerviel) et Philippe Baboulin (N+3) témoigneront le 13 juin, Michel Tudel, commissaire aux comptes, le 14 juin, Eric Cordelle (N+1) le 18 juin au matin, Martial Rouyère (N+2) et Richard Paolantonnaci, ancien responsable des développements projets le 18 juin après-midi, Christophe Mianné (N+6) le 20 juin, Daniel Bouton, ancien président de Société générale le 21 juin.
M. Filippini : Mr Kerviel, veuillez vous lever. Les témoins qui sont dans la salle, veuillez sortir et vous ne rentrez plus jusqu'au jour de votre audience.
Kerviel se présente comme sans profession depuis un an. Il précise avoir été auparavant responsable administratif dans une société de conseil en informatique.
M. Filippini : Vous avez des revenus actuellement ?
J. Kerviel : Non
M. Filippini : Pourquoi avez-vous fait appel ?
J. Kerviel : Je considère que je ne suis pas responsable de cette perte.
M. Filippini rappelle la condamnation de Jérôme Kerviel en première instance et fait un rapport sur l'activité de l'ancien trader et celle des organismes de contrôle. Elle en fait une lecture laborieuse, butant sur les nombreux anglicismes. Elle revient sur l'organisation du desk Delta One, dont faisait partie Jérôme Kerviel et sur celle de la banque de financement et d'investissement de Société Générale, SG CIB.
Elle décrit ensuite les différents produits et techniques utilisés par Jérôme Kerviel, ainsi que son mandat.

10h25. "On apprend sur le tas quelles sont nos obligations"
M. Filippini : Mr Kerviel, levez-vous. Nous allons aborder votre curriculum vitae.
J. Kerviel : J'ai fait un bac économique et social, une maîtrise en finance à Nantes, puis un DESS en finance que j'ai obtenu à Lyon, dans le cadre duquel j'ai opéré un stage chez BNP Paribas.
- A quel âge entrez-vous à la Société Générale ?
- A 23 ans, en août 2000, comme chargé de middle office référentiel jusqu'en 2002.
- Vous connaissiez bien les instruments financiers alors ?
- Mes connaissances des instruments financiers étaient plutôt universitaires.
- J'ai votre dossier. Vous n'aviez pas aussi en charge la mise en place d'une base de données sur les contreparties ?
- Je n'ai pas du tout participé à ces programmes. Ca m'arrivait d'épauler mes collègues là-dessus mais j'étais en charge des référentiels des OPCVM, pas du référentiel contrepartie. Evidemment j'en ai entendu parler, parce qu'on était en open-space.
- Que faisiez-vous ensuite en tant qu'assistant trader ?
- J'avais pour mission d'assister plusieurs traders dans leur activité quotidienne. Au début j'étais attaché à plusieurs traders et j'étais aussi en charge d'une activité statistique.
- Vous aviez aussi en charge l'analyse des risques?
- On fait un reporting tous les soirs, mais ça n'est pas notre rôle principal.
- Vous étiez aussi chargé du suivi de la trésorerie ?
- Oui, on regarde, mais cela dépend de ce que le trader accepte de déléguer.
- Vous avez signé une charte déontologique lorsque vous êtes devenu trader en 2006 ?
- Je ne l'ai pas lu à l'époque, mais oui, je l'ai signée.
- C'est peut-être regrettable. Il indique quand même quelles sont vos obligations
- On apprend sur le tas quelles sont nos obligations.

10h45. "Et vous ne pouviez pas vous en mettre vous-même des limites?"
M. Filippini : Connaissiez vous la limite de 125 millions d'euros ? Et receviez-vous un mail vous informant que la limite était dépassée ?
J. Kerviel : On recevait tous les matins un mail collectif publiant les chiffres de dépassement pour l'ensemble de l'équipe, avec les portefeuilles les plus exposés. On était très très régulièrement en dépassement.
- Que faisiez-vous quand c'était votre portefeuille qui était pointé du doigt ?
- Ca dépendait du montant du dépassement.
- Quand on vous indique par mail « tu peux relancer », qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ca veut dire relancer la procédure pour recalculer la position.
- Je passais une transaction qui équilibrait le portefeuille dans Eliot.
- Vous corrigiez à chaque fois ?
- Non.
- Et qu'est-ce qui se passait ?
- On restait en dépassement.
- Qu'est-ce que votre chef vous disait quand vous étiez en dépassement ?
- Rien du tout.
J. Kerviel précise ensuite que courant 2007, ses supérieurs étaient plus attentifs aux dépassements suite à une circulaire qui leur a été transmise. La présidente insiste ensuite sur la communication entre traders sur ces dépassements. J. Kerviel indique que les traders ne communiquait pas entre eux sur leurs dépassements et découvraient chaque matin l'ampleur des dépassements.
La présidente finira par lancer : Et vous ne pouviez pas vous en mettre vous-même des limites ?

11h30. Les contours du "mandat"
La défense conteste le terme de mandat pour désigner l'activité de J. Kerviel. La présidente de la cour et le procureur vont néanmoins s'appesantir sur ce qu'il recouvre.
La première intervention du procureur portera sur ce sujet : est-ce qu'il entrait dans votre mandat la prise de position directionnelle non couverte ? J. Kerviel répondra par l'affirmative, contrairement à ses déclarations en première instance. Et ajoutera : « tout le monde le fait ».
Procureur : En première instance, vous affirmiez avoir été trop loin dans votre mandat. Précisez-nous.
J. Kerviel : sans parler de mandat, 50 milliards d'euros représentait une somme astronomique.
- Que représente la notion de risque pour vous ?
- Perdre de l'argent pour la banque.
Un peu plus tard, la question du mandat sera reposée à Claire Dumas, représentante de la banque, qui répondra que J. Kerviel avait deux mandats : le market making sur des warrants quand il était jeune trader et l'arbitrage sur des warrants de la concurrence lorsqu'il est devenu senior.

11h45. "Pourquoi avez-vous fait trader ?"
La présidente de la cour d'appel lance ensuite de but en blanc à J. Kerviel : pourquoi avez-vous fait trader ?
Ce à quoi il répond : je n'ai absolument pas le profil. J'étais passionné par l'économie et la finance. Après, mon travail était a priori apprécié de mes supérieurs. Je voulais me rapprocher de la salle des marchés, où il y avait plus d'animation.
- Vous êtes devenu trader très rapidement...
- Oui, c'est très rare de passer d'assistant trader à trader.
Interrogée ce sujet, Claire Dumas signale qu'il est déjà arrivé que des assistants passent traders, "mais la majorité a plutôt un diplôme d'ingénieur ou de grandes écoles. Cependant, la banque offre des possibilités de promotion pour ceux qui montrent du goût pour ce métier et du sérieux. Ils sont affectés sur les activités les moins risquées, sur l'arbitrage".

12h40. L'épineuse question des dépassements des limites et des sanctions
Après un débat technique entre Me Koubbi et Claire Dumas pour savoir s'il entrait dans le mandat de J. Kerviel d'assurer la couverture des risques de l'ensemble du desk, le sujet du dépassement des limites est remis sur la table.
Dami Le Coz, collaborateur de Me Koubbi intervient : vous disiez que la limite des 125 millions d'euros est allègrement dépassée par tous les traders du desk...
Claire Dumas : Oui, il arrive que la limite soit dépassée. Quand un trader prend des positions délibérées, il se met dans une situation de dépassement actif, et il est sanctionné. Dans le cas d'un dépassement passif, le trader est rappelé à l'ordre.
M. Filippini intervient : est-il déjà arrivé que d'autres traders que J. Kerviel aient été pointés en dépassement actif ?
Claire Dumas : Oui il y en a eu d'autres. Quand un trader est en dépassement, son responsable regarde comment ses positions ont été construites.
- Quelles sont les sanctions pour un dépassement actif ?
- La sanction est graduelle : d'abord un recadrage, puis un blâme, une lettre d'avertissement jusqu'au licenciement.
- Et y a-t-il eu beaucoup de blâmes infligés aux traders ?
- Beaucoup, non. Mais il y en a eu.
Me Koubbi demande alors à Claire Dumas de préciser ce qu'elle entendait auparavant par « son responsable regarde comment ses positions ont été construites ». Restant floue dans sa réponse, Claire Dumas sera alors interpellée par la présidente qui insistera pour qu'elle précise. Elle explique alors que le chef du desk a un entretien avec son trader, et qu'en fonction de son explication, il peut aller jusqu'à entrer dans son book et reprendre l'analyse de risques qui a été effectuée pour comprendre ce qui pose problème.
A son tour, le procureur intervient : « une position couverte, réellement ou fictivement, peut ne pas apparaître en dépassement ? »
Claire Dumas : non, vous n'avez pas d'alerte.
- Donc le chef n'est pas incité à aller voir ce qui se passe.
- Non.

15h. Une limite informelle pour J. Kerviel
A la reprise de l'audience, la présidente souhaite revenir sur les dépassements des limites et annonce vouloir aborder ensuite les activités de l'ancien trader en 2005 et 2006.
A la barre, Jérôme Kerviel s'explique sur ces dépassements : A aucun moment ma hiérarchie n'est venu me réclamer des documents. La différence entre le cahier de procédures et la vraie vie, c'est un gap monstrueux. Je ne conteste pas l'existence de la limite de 125 millions, mais c'est une limite informelle, informative. Ce n'était pas coercitif. Où on débouclait ou on réalisait une opération fictive et je n'étais pas le seul à le faire.
La présidente lui lance alors : pourquoi couvrir par une opération fictive si c'était informel ?
J. Kerviel : D'abord parce que ces dépassements étaient refacturés, sous forme d'une sorte d'amende pour l'équipe, et parce que ça permettait de garder la position plus longtemps. J'ai fait avec les pratiques dans lesquelles j'évoluais et que j'ai apprises là-bas.
Quelques minutes plus tard l'ancien trader conclue : Lorsque ma position a été découverte en 2005, je n'ai pas été licencié. Or j'étais déjà hors limites.

15h40. Débat de sémantique sur le concept de limite
Dami le Coz, avocat de la défense, déclare : j'ai du mal à admettre intellectuellement l'existence d'une limite et de sa violation. Est-ce qu'à la place du mot limite, on ne peut pas mettre objectif ? Ce qui expliquerait que si l'on dépasse cette limite, il n'y ait aucune sanction, et qu'il n'y ait pas de difficulté tant qu'on n'est pas trop au-dessus. Alors à partir de combien commet-on un abus de confiance ?
A Claire Dumas, il demande : Est-ce que ça vous change beaucoup si on parle d'objectif ?
Claire Dumas : oui ça change si on parle d'objectif. Si l'on cherche un terme différent, on peut plutôt parler de cadre. Et cet objectif s'inscrit dans un cadre.
- Mais peut-on parler de limite quand elle n'est pas respectée ? Et faites-vous une différence entre les limites individuelles et les objectifs individuels ?
La présidente l'interrompt : le risque et la limite sont deux choses différentes.
Me Koubbi y met son grain de sel : Alain Declerck, ancien responsable de J. Kerviel, indiquait en première instance que ces limites avaient une marge de man?uvre, et Benoît Tailleu que leur respect n'était pas impératif.
Pour Jérôme Kerviel, "Ils disent la même chose : que c'est une limite informelle, non impérative".
Me Veil pose à son tour une question : est-ce qu'en prenant une position fictive, ça n'était pas pour ne pas se faire tourmenter par ses voisins de bureaux, qui auraient fini par dénoncer ce qu'il était en train de faire ?
Jérôme Kerviel de répondre : Non, car les opérations fictives ont été vues dès avril 2007 par Mr Cordelle et Mr Baboulin.

16h10."Vous veniez d'arriver. Vous prenez des positions directionnelles sur 15 millions d'euros. C'est un peu stupéfiant."
La présidente revient sur les mécanismes de dissimulation, puis plus précisément sur les positions directionnelles (non couvertes) de 15 millions d'euros prises sur le titre Allianz en 2005 et masquées par des achats fictifs de titres et par une technique de contrepartie dite « échupo », pour lesquelles J. Kerviel avait réalisé au final un gain de 500 000 euros. L'ancien trader avait alors reçu un avertissement oral de sa hiérarchie à l'époque des faits, alors que sa limite de prise de position directionnelle était fixée à un million d'euros en journée.
La présidente demande comment est-ce que ça se passe lorsqu'un deal est annulé.
Claire Dumas : J. Kerviel a raison sur le fait que l'opération, lorsqu'elle a été passée, reste dans le système. Mais les opérations fictives ne sont pas des transactions à l'achat sur le titre Allianz, donc il n'y a aucun moyen de les trouver.
Me Koubbi : Combien faut-il faire de clics pour voir les opérations annulées dans le système Eliot ? Y a-t-il un moyen d'en avoir une vision directe ?
Claire Dumas : Pour faire la recherche, c'est le même principe qu'un filtre dans Excel, mais pour l'exploiter c'est beaucoup plus long, sauf si vous savez les filtres que vous voulez trouver. En 2005, cette recherche n'a pas été effectuée. Il faut d'abord savoir ce qu'on cherche. Après, c'est une requête qui s'apparente à un tri Excel, sachant que c'est un fichier avec dizaine de lignes et milliers de colonnes. Je ne crois pas que Mr Declerck ait recherché les opérations annulées.
- Il existe pourtant un bouton d'accès direct pour les recherches.
- Vous avez effectivement un bouton « all version » qui donne l'historique.
- Peut-on filtrer par portefeuille ?
- Oui, vous mettez ce que vous voulez comme filtre.
- Je peux mettre les dates ?
- Oui, et c'est ce qu'a fait Mr Declerck.
- Donc ce n'est pas des milliers d'opérations.
La présidente s'étonne ensuite de l'opération réalisée, compte tenu de la position de débutant de J. Kerviel : "Vous veniez d'arriver. Vous prenez des positions directionnelles sur 15 millions d'euros. C'est un peu stupéfiant."
Jérôme Kerviel : Ce qui est surtout assez étrange, c'est qu'après la sanction, ils m'augmentent mes limites. Pourquoi, s'ils ne voulaient pas que je recommence ?
- Vous dites que Mr Declerck vous a montré comment masquer des positions ouvertes sur plusieurs jours ?
- Non, j'ai entendu un trader dire sur le desk comment faire pour se couvrir.
- Est-ce que vous aviez l'autorisation de Mr Declerck sur ces 15 millions ?
- Non, mais tout comme à aucun moment il ne m'a parlé de la limite d'un million en intraday.

17h20. Un bébé trader aurait-il dû être plus sévèrement sanctionné ?

M. Filippini s'interroge : Est-ce qu'une faute faite par un bébé trader n'aurait pas dû être plus sévèrement sanctionnée ?
Claire Dumas : C'était certes un bébé trader, en apprentissage, mais c'est quelqu'un qui avait déjà passé plusieurs années dans le groupe, jugé sérieux comme assistant trader. Une réunion formelle avec le N+1 et N+2, c'est peu fréquent. Cette démarche, en pleine panique sur les marchés avec les attentats de Londres, n'était pas anodine.
M. Filippini : C?est la première fois que vous faisiez une opération comme celle-ci ?
J. Kerviel : Oui je pense. Ma première position directionnelle c'est Allianz.
Me Veil intervient pour poser une nouvelle question : si Jérôme Kerviel avait révélé à son N+1 qu?il avait fait une opération de 15 millions et qu?il avait ajouté qu?elle était overnight et qu?il avait passé des opérations fictives pour la dissimuler, aurait-il été licencié ?
Claire Dumas l?affirme : Oui, il aurait été licencié.
La défenese : y a-t-il eu d?autres cas de passage d?opérations fictives que J. Kerviel ?
Claire Dumas : On a eu un autre trader qui a dissimulé des positions fictives, et lorsqu?il a été découvert, il s?est donné la mort. Mais l?ampleur de sa fraude n?a rien à voir avec celle de J. Kerviel.

17h45. "Le témoin anonyme m?amuse beaucoup"
A la pause, Me Veil déclare devant les caméras : "Il n?y a toujours rien de nouveau. La thèse selon laquelle on pouvait tout voir en trois clics avait déjà été évoquée en première instance et déboutée. On assiste à une répétition et à un rabachage de ce qui a été dit en première instance".
Interrogé sur les témoins de la défense, il affirme : "le témoin anonyme m?amuse beaucoup. Ca me rappelle la période de la Kommandantur".
Avant d?ajouter : "Je remarque que Jérôme Kerviel a encore admis aujourd?hui qu?il n?avait jamais mis au courant sa hiérarchie".

18h20. Pourquoi J. Kerviel a-t-il pris très peu de vacances
Le peu de vacances pris par J. Kerviel a fait l?objet de discussions entre les deux parties.
Me Veil s?interroge : le fait qu?il n?ait pas pris de vacances peut-il signifier qu?il avait peur d?être pris ?
Pour Claire Dumas, la réponse est oui, car "ses opérations fictives nécessitaient d?être revues et animées au jour le jour".
Jérôme Kerviel conteste : J?en ai pris en janvier 2007. J?ai posé 15 jours au mois d?août et ils m?ont demandé de revenir au bout d?une semaine. Et il y avait des transactions fictives à ce moment-là quand je suis parti.
La présidente de la cour demande : Qui a pris votre book à ce moment-là ?
J. Kerviel : Mr Cordelle et Mr Zizi.
M. Filippini : Le fait de prendre davantage de vacances était indiqué dans vos entretiens.
Me Koubbi intervient : que vous soyez là ou pas Mr Kerviel, cela n?empêche pas les services de contrôle d?intervenir ?
J. Kerviel : Non.
M. Filippini rebondit : mais il fallait qu?il suive très régulièrement ses positions. Sinon cela se serait tout de suite vu dans les analyses de risques.
Me Veil saisit la balle au bond : l?autre trader s?est d?ailleurs fait surprendre parce qu?on avait regardé son book.
M. Filippini : quelqu?un qui vient utiliser votre book aurait vu tout de suite vos opérations fictives? Et quand vous êtes parti en août 2007, toutes les positions avaient été débouclées et vous ne faisiez à ce moment-là que des opérations fictives pour masquer votre résultat.
Me Koubbi demande : est-ce qu?il était classique qu?un trader ne prenne pas de vacances ?
Claire Dumas : non ça ne l?était pas. On avait un suivi des congés non pris de tous les traders. Il a indiqué régulièrement que J. Kerviel n?en prenait pas. Il a expliqué qu?en raison de difficultés personnelles, un deuil dans sa famille, il n?a pas pris de vacances.
- N?est-ce pas une alerte en soi ?
- Si, c?est pour cette raison que ses supérieurs lui ont demande d?en prendre et que c?est mentionné dans ses objectifs.
- Si c?était une alerte, quel genre de contrôle était couplé à cette alerte ?
- Le secrétariat général des activités de marché a interrogé le supérieur de J. Kerviel, qui a répondu que cela n?était pas anormal car J. Kerviel traversait des difficultés personnelles.

18h45. L?audience se clôt sur un retour sur l?année 2006, pendant laquelle J. Kerviel avait pris des positions sur le secteur de l?énergie renouvelable en Allemagne de plusieurs dizaines de millions d?euros, avec des positions fictives en sens inverse. En 2006, J. Kerviel avait dégagé un résultat de 12 millions d?euros.

Rendez-vous mercredi 6 juin pour le deuxième jour d?audience.
 

Retrouvez également les analyses de Valérie Segond et de François Lenglet après le verdict de 2010, ce que sont devenus les protagonistes de l'affaire, les plaintes déposées par Me David Koubbi (avocat de Jérôme Kerviel) et par Me Jean Veil (avocat de Société Générale), le témoignage de l'ancienne conseillère en communication de Jérôme Kerviel, et le contexte politique dans lequel s'inscrit le procès
- Que faisiez-vous alors ?

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Commentaires
a écrit le 05/06/2012 à 4:21 :
Et quand les banques francaises cherchent des traders de "paille " est que ceci est legal ?et la S.G est dans le coup e puis fort longtemps dans le dos de ces trdaers !
a écrit le 04/06/2012 à 21:35 :
Tant que le petit tradeur gagne, son chef augmente sa mise, à l'insu de son plain grès ...
Le jeu de casino de la banque n'est pas remis en question !Le procès du lampiste !
Les traders jouent au casino.On peut perdre un un seul coup plus que tous ses gains passés cumulés.Plusieurs grandes légendes se sont ruiné plusieur fois avant de devenir richissimes.La majorité n'a pu se rafaire et est resté pauvre et anonyme !
a écrit le 04/06/2012 à 19:18 :
CE qui est stupéfiant c'est qu'un traideur débutant prenne une position ouverte de 15 Millions? sans que cela n'indispose sa direction. La question a poser a la SG devrait étre : que se serait il passer si au lieu de gagner ? 500 000 il aurait perdu ? 500 000. C'est bien le procès de JK et non pas celui de l'incompétence de la SG a contrôler les errements de son personnel auquel nous assistons.
a écrit le 04/06/2012 à 18:19 :
Lors de son premier procès, le Juge a accusé M. Kerviel d'avoir commis une "dérive planétaire" ou quelque chose comme ça. C'est avoir la mémoire un peu courte, car le "délit" de l'accusé n'est pas grand chose par rapport aux 150 Milliards de francs englouti par le crédit lyonnais quelques années auparavant et qui n'ont jamais donné lieu au moindre procès ni à la moindre enquête. Ah c'est vrai toute la comptabilité avait brûlée dans un incendie.... Voilà un beau précédent dont pourrait se servir l'avocat de la défense.
a écrit le 04/06/2012 à 18:10 :
restez brave ce système financier qui nous gouverne ne veut pas se responsabiliser et veut --vous-- faire endosser l' erreur de tout ce petit monde...
à croire qu'une assurance devrait nous couvrir au travail...
bon courage (vive la Bretagne) et bonne soirée JK
a écrit le 04/06/2012 à 17:46 :
Pour ceux qui connaisse le milieu et la Societe Général il est clair que le premier proces etait une mascarade...

Il est temps que tout les coupables soit condamnés
a écrit le 04/06/2012 à 17:45 :
demander á ´Amber Fund filiale de la societe generale les montages aux iles caiman et vous verrez ou sont les voyous !
a écrit le 04/06/2012 à 17:10 :
Franchement une banque qui n'arrive pas à suivre ses positions, je n'y crois pas. Sinon, elle peut mettre la clé sous la porte. Il y a un grand manque de professionnalisme et trop de non dit. Allez Jérome, tiens bon.
Réponse de le 04/06/2012 à 22:00 :
C'est là où vous n'avez RIEN compris. Une banque fait, pour des raisons de rentabilité évidente, du trading pour COMPTE "PROPRE" avec l'argent des clients en dépôt. Soit, elle vous pique votre blé soit disant parce qu'elle le "gère", mais en plus, elle l'utilise pour alimenter ses actionnaires. Tout simple.
Réponse de le 05/06/2012 à 1:38 :
fopro a raison.
Réponse de le 06/06/2012 à 11:32 :
A Yvan : trading en fonds propre, comme son nom l'indique, est du trading avec l'argent de la banque, celui qui lui appartient... Tes sous ne sont jamais passés par ce Desk...
a écrit le 04/06/2012 à 16:50 :
vas-y Jérôme! Même si j'aime pas ton boulot, tu es largement autant victime que coupable.La totalité des 4.9-1.7 milliards devrait être déclarée non remboursable et la hiérarchie SG devrait se bouger le cul pour mettre de l'ordre. Ce qui devrait également être fait, c'est la clause d'illégalité de ce type de procédure pour gagner de l'argent et là, ça me rappelle le lycée, ou déjà t'avais tes idées de droites et moi les miennes. Le changement, c'est maintenant.
a écrit le 04/06/2012 à 16:33 :
A la base. Un trader est un salarié, non..?? Donc, Prud'hommes. Je sens que je vais encore en gêner certains :-)
a écrit le 04/06/2012 à 13:45 :
Qui peut penser un seul instant qu'un salarié peut faire une erreur de 5 Mards sans que ses responsables ne soient parfaitement informés et sans qu'aucune limite ou mouchard informatique ne soit en place ou alors les responsables ne sont pas au bon niveau et c'est un procès d'incompétence notoire vis à vis des responsables qu'il faudrait lancer.
la cible facile est M. Kerviel, M. Bouton étant bien trop haut placé pour être importuné (sommes nous égaux devant la justice???)...
Peut être que la Juge aura la présence d'esprit de rappeler les résultats financiers de la SG et l'impact réel de cette affaire sur la SG?
Réponse de le 04/06/2012 à 14:34 :
Un crime n'a rien à voir avec une erreur.
Réponse de le 04/06/2012 à 16:53 :
a deja commis une faute en ne lisant pas la charte de deontologie - ensuite le fait de prendre des risques fous , a mettre sa propre banque en faillite avec tout cela comporte aussi pr le personnel et les clients de celle-ci - il a bien commis des fautes graves
Réponse de le 04/06/2012 à 16:56 :
par son comportement a nuit a certains qui devaient aussi passer traders -
Réponse de le 04/06/2012 à 16:57 :
qui auraient ete capables de monter vu leur serieux -
a écrit le 04/06/2012 à 13:07 :
Quand les établissements financiers vireront les traders qui leur gagnent de l?argent tout en se torchant avec le règlement interne, alors on pourra prendre au sérieux leur déontologie proclamée. Pourquoi avoir attendu les pertes pour accuser Kerviel de ne pas suivre la ligne de conduite mise au fronton en tout petits caractères ? N?est-ce pas cela l?opportunisme de l?économie stérilement financière ? Pour un retour au vitriol sur cette affaire, cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/search/label/Kerviel
a écrit le 04/06/2012 à 10:24 :
J. Kerviel était formaté pour faire ce travail. S'il y a un procès à faire, c'est celui du système de trading.
Réponse de le 04/06/2012 à 13:38 :
Il etait formate et c'est normal, mais devoir prendre des risques d'environ 10MEUR pour son metier ne donne pas une licence pour en prendre 1000 fois plus. (meme si parfois un depassement de 10MEUR est tolere on est bien loin des montants qu'il cachait) Le systeme de trading n'est en rien responsable des delires d'un trader.
Réponse de le 04/06/2012 à 19:52 :
Non, non, et non. Les systèmes de contrôles internes sont défaillants ou complaisants. Au choix.
Réponse de le 04/06/2012 à 20:58 :
Ancien trader 25 ans dans un autre établissement je pense au vu de ce qui a été dit que les systemes de controles étaient trés défaillants dans le service de JK.
De plus il n'était pas rare que les traders ne prennent pas de vacances, les jeunes traders pensaient que prendre des vacances étaient mal vu par leur hierarchie, leurs postes étaient tellement convoités par les étudiants des grandes ecoles tout le monde voulaient faire ce metier à partir des années 2000
a écrit le 04/06/2012 à 10:21 :
Amusant : je ne savais pas que l'on pouvait avoir été juge d'instruction à un endroit puis Présidente d'une chambre d'appel au même endroit. Une exception "parisienne" sans doute !
a écrit le 04/06/2012 à 10:12 :
A cette allure Kerviel va être engagé comme conseiller du nouveau Président !
a écrit le 04/06/2012 à 10:07 :
le proces de Daniel Bouton aura t il enfin lieu le 21 juin ? ne revons pas !
entre les delits aux iles caimans et le reste meme l AMF ferme les yeux !

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