Aviation d'affaires : Dassault Aviation arrête le programme 5X

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Dassault Aviation a annoncé le lancement d'un nouvel avion, équipé de moteurs Pratt & Whitney, avec une entrée en service en 2022.
Dassault Aviation a annoncé le lancement d'un nouvel avion, équipé de moteurs Pratt & Whitney, "avec une entrée en service en 2022". (Crédits : dassault Aviation)
L'avionneur tricolore a engagé un processus de résiliation du contrat Silvercrest développé par Safran. Ce qui conduit à l'arrêt du programme Falcon 5X. Dassault Aviation va lancer un nouvel avion motorisé par Pratt & Whitney.

C'est un gâchis retentissant pour Dassault Aviation et Safran. L'avionneur tricolore a engagé un "processus de résiliation du contrat Silvercrest conduisant à l'arrêt du programme Falcon 5X" (...) "au vu de l'ampleur des risques techniques et calendaires" de ce moteur devant équiper le futur avion d'affaires de Dassault Aviation, a-t-il expliqué ce mercredi dans un communiqué. Visiblement, les deux industriels ne partageaient plus l'analyse de la situation du programme. Dans ces conditions, l'avionneur a annoncé le lancement d'un nouvel avion, équipé de moteurs Pratt & Whitney, "avec une entrée en service en 2022".

"Le besoin des clients pour un avion long range et large cabine reste intact", a estimé le PDG de Dassault Aviation Éric Trappier. "J'ai donc décidé le lancement d'un projet de nouveau Falcon équipé de moteurs Pratt & Whitney Canada, reprenant le diamètre fuselage du Falcon 5X, avec un range de 5 500 Nm et prévu pour une entrée en service en 2022".

Les difficultés de trop du Silvercrest

Pourquoi Dassault Aviation en est arrivé à cette décision? Le moteur Silvercrest de Safran Aircraft Engines a rencontré des difficultés successives dans le développement de ce moteur. En 2015 et 2016, "des problèmes majeurs", selon Dassault Aviation, ont conduit Safran à proposer un nouveau calendrier se traduisant par un engagement de livraison de moteurs fin 2017 pour les essais en vol sur Falcon 5X. Initialement, le Silvercrest aurait dû être livré fin 2013 pour les essais en vol. Dans ce cadre, l'avionneur a été contraint de repousser l'entrée en service du Falcon 5X de 2017 à 2020, soit un retard de trois ans. Ce qui a suscité "l'inquiétude des clients et provoqué des annulations de commandes (12 en 2016)", a constaté Dassault Aviation.

Équipé de moteurs provisoires non conformes aux spécifications, le Falcon 5X a réalisé son 1er vol le 5 juillet 2017 et a entamé une campagne d'essais préliminaire limitée par les capacités du moteur. Le comportement de l'avion s'est révélé conforme aux attentes mais à l'automne 2017, Safran a rencontré de nouveaux problèmes sur le compresseur haute pression. Le motoriste a informé Dassault Aviation "d'un retard supplémentaire et de nouvelles dégradations de performances, rendant impossible l'entrée en service de l'avion en 2020". Selon nos informations, le retard était estimé à un an. C'est ce qui a conduit Dassault Aviation à arrêter le programme Falcon 5X.

Négociations musclées entre Safran et Dassault Aviation

Et maintenant ? Dassault Aviation prévoit de lancer des négociations avec Safran, qui a fini par perdre la confiance de l'avionneur. Pour le motoriste, le Silvercrest devait en dépit de son nouveau retard, "atteindre les performances du moteur dans l'ensemble du domaine de vol", a-t-il expliqué dans un communiqué publié dans la foulée de celui de Dassault Aviation. "Safran a bien résolu tous les problèmes", estime-t-on en interne, mais Dassault Aviation n'a pas voulu pousser plus loin avec le motoriste.

S'agissant des futures négociations, le motoriste rappelle à l'intention des marchés, que "les pénalités contractuelles au titre du développement du moteur ont déjà été provisionnées dans ses comptes". Safran confirme donc ses perspectives pour 2017.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2017 à 8:19 :
Que les cadors de Dassault se prennent une gamelle ( par la "faute" d'un fournisseur ? mais il y a d'autres motoristes, non ? ) c'est une très bonne chose. Un peu d'humilité leur fera pas de mal...
a écrit le 15/12/2017 à 8:06 :
que de temps perdu cessna a resilie sa colaboration depuis prêt de deux ans
espérons que le 5x recevra d"autre moteurs
a écrit le 14/12/2017 à 16:09 :
Le retard (1 an) est minime pour un grand programme aeronautique ou spatial (fréquent même dans le nucléaire ou informatique).
je penserai plutôt sur un prétexte de Dassault pour arrêter le 5X. Il serait interessant de connaitre le nombre de clients ou prospects actuellement sur le 5X. Ceci pourait expliquer cela. Dassault en profitant pour redéfinir un nouvel engin mieux placé vis à vis de la concurrence.
Qui veut tuer son chient l' accuse de la rage.
Réponse de le 14/12/2017 à 16:30 :
1 an de retard ? Vous êtes gentil... On parle d'un programme lancé en 2006, et la mise en service du Falcon 5X était prévue au départ en 2016 quand le programme a été lancé. Et là Safran parlait d'une mise en service du moteur en 2020. On parle de minimum 4 ans de retard sans aucune garantie de tenir les performances annoncées... Triste de voir aujourd'hui un tel programme aussi mal géré. Il serait bon que Safran s'explique et explique comment ils éviteront cela dans le futur...
Réponse de le 14/12/2017 à 16:59 :
Le retard est de 4 ans? Safran demande un an de plus sans garantie de réussite. Le nouveau moteur version finale n'est toujours pas au banc. On peut donc logiquement penser à 2 ans.

Pour des clients 6 ans de retard c'est inacceptable. D'où les annulations de commande.
Réponse de le 14/12/2017 à 18:00 :
"Initialement, le Silvercrest aurait dû être livré fin 2013 pour les essais en vol." autrement dit, on est a bien plus que 1 an car ils ont deja 4 ans de retard. Et ils annoncent toujours des problemes ce qui indique que le retard va peut etre encore s accentuer .... Apres il y a aussi la credibilite de safran. Je connais pas l histoire mais si comme une autre societe ou j ai travaille vous annoncez 2 mois avant de livrer 1 an de retard, c est sur que ca fait desordre...
a écrit le 14/12/2017 à 13:15 :
Souvenez-vous du RB211 qui avait failli couler Rolls-Royce. Au final le moteur s'est révélé être excellent et fut la base de la très populaire famille de moteur RR Trent. Les difficultés sont un passage obligé.
a écrit le 14/12/2017 à 10:49 :
De la difficulté de développer un moteur seul quant on a toujours été partenaire dans des projets ambitieux certes mais partenaire. N'est pas intégrateur qui veut ça se mérite.
a écrit le 14/12/2017 à 7:29 :
C’est surtout l’effet délétère Sagem qui persiste chez Safran. Arrogance française, magouilles politico-financières. En dehors de vendre hors de prix des systèmes foireux à notre défense nationale ils ne sont bons à rien et surtout pas sur un marché concurrentiel comme celui des moteurs d’avions. Bravo Dassault, bonne décision courageuse.
Réponse de le 14/12/2017 à 10:31 :
Pour avoir travailler au cœur de ce programme pendant 1 an et demi je peux vous assurer que ce que vous racontez est très bien loin de la réalité. L'arrogance n'est un pas un très de caractère propre aux français et que vient faire l'homme politique dans un programme d'aviation civile? Il s'agirait de prendre du recul dans vos propos et d'arrêter avec les pensées toutes faites (échec industriel = magouille politique, échec de développement = arrogance française...).
Le F5X c'est simplement la preuve que faire un moteur ambitieux c'est très compliqué et que Safran n'y arrive pas seule. (C'était d'ailleurs la première fois que Safran tente un développement en solitaire sans GE ou les russes). Enfin, que vient faire le courage dans cette histoire? C'est un décision stratégique lourde de conséquence mais qui s'appuie sur des faits économiques.
Réponse de le 14/12/2017 à 15:29 :
1 an sur le projet, bigre! Pas comme chef de projet tout de même. Avant nous avions La Snecma qui était un bon motoriste.
Pourquoi une decisions courageuse de Dassault?
Peut être que le gestion d’entreprise vous échappe de même que celle des risques projet.
Abandonner un projet Falcon ce n’est pas tout à fait la meme chose que de planter un client comme Dassault. Quand on ne sait pas faire on n’entraine pas les autres dans l’aventure. La décision de « suspendre » un projet comme le 5x est tres courageuse de la part de Dassault c’est eux qui assument le risque commercial et technique. . Quant au mécano industriel franco français vous devez être sans doute un peu jeune pour connaître les anciens de la SAT et autres. Si l’occasion vous en est donnée parlez leur du miracle des regroupements amicaux avec Sagem pour faire des champions français. C’est instructif. Idem pour Zodiac.
Safran :A supplier of systems and equipment for aerospace, defense and security, Safran holds world or European leadership positions in its core markets. Un peu exagéré, non? Humblement de mes quarante années de direction dans l’industrie aero et defense.
a écrit le 13/12/2017 à 22:47 :
Peut-être Dassault devrait installer des moteurs de la série BR700 développés en Allemagne et parmi les plus fiables. Ah mais non, Mr. Cabirol, ce sont les méchants allemands qui ne savent pas faire de l'aéronautique et qui volent la techno franco-française aux français. Lol!
Réponse de le 14/12/2017 à 7:48 :
Ce qui est rassurant c'est que ce soit une JV avec Rolls Royce ;-) Au delà de la plaisanterie, j'ai beaucoup de respect pour l'industrie et les politiques allemands. J'aimerai tant que la France s'en inspire. Mais ce n'est pas gagné. Bien cordialement. Michel Cabirol
Réponse de le 15/12/2017 à 10:27 :
Oui, Mr. Cabirol, BR était une JV avec Rolls-Royce pour le Commercial surtout et l'access au Service apres-vente de RR. Le centre de recherche et les bureaux d'etudes sont à Dahlewitz et le moteur a été entierement conçu, developpé, testé et certifié en Allemagne. D'ailleurs il est aussi interessant de mentioner que l'allemagne fait l'integration en assemblage final de 3 moteurs civils d'avion TP400, série BR700 et PW1000 GTF Avec 2 motoristes que sont RR à Dahlewitz et Oberursel et MTU à Munich et Berlin.
Oui cordialement..allez.
Réponse de le 15/12/2017 à 10:28 :
TP400 militaire et civil (Certif)
a écrit le 13/12/2017 à 21:54 :
C'est par ce qu'on a les meilleurs ingénieurs... après les US, l'UK, les allemands les japonais... la Zambie, le Botswana etc...
Réponse de le 14/12/2017 à 10:56 :
le probleme c est qu en France, etre ingenieur c est mal considere et mal paye, surtout avec le cancer appelé SSII. donc soit vous bifurquez vers le management ou le commercial, soit vous quittez le pays.
Ce qui est raccord avec la baisse du poids de l industrie en France ...

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