Air France-KLM : Ben Smith veut être aussi rentable que Lufthansa et IAG

 |   |  526  mots
(Crédits : DR)
PARIS AIR FORUM 2019 | Taxes, low cost long courrier, compagnies du Golfe, environnement : Ben Smith a abordé tous ces thèmes au Paris Air Forum.

« La France a les taxes les plus fortes d'Europe. C'est un des endroits du monde les plus difficiles pour faire du business. Si nous pouvions transférer les infrastructures de Paris à Amsterdam, nous économiserions entre 800 millions et 1 milliard d'euros », a regretté Ben Smith, nouveau pdg d'Air France KLM lors du Paris Air Forum.

Un message clair à l'Etat français, actionnaire du groupe à hauteur de 14%, comme l'Etat néerlandais.

Mais hormis cette sortie, le patron canadien est resté très consensuel et tout en maîtrise. Les pilotes d'Air France sont ils prêts à passer sur Transavia France, la compagnie low-cost du groupe ?

« Nos discussions sont confidentielles », a affirmé Ben Smith avec un petit sourire, mais il a ajouté que « ça se passe bien, et qu'il y a eu beaucoup de progrès sur la gouvernance ». Selon le patron canadien, les relations entre les deux compagnies française et néerlandaise se sont normalisées.

Et les employés d'Air France ressentent « beaucoup de fierté vis-à-vis de la société, à un niveau que je n'avais jamais vu auparavant ». Ces deux éléments suffiront-ils à combler le gap avec ses concurrents IAG (British Airways et Iberia) et Lufthansa Group et égaler leurs niveaux de rentabilité ?

C'est possible d'ici 5 ans selon le pdg, car après l'abandon de Joon, qui n'était ni une low cost ni une compagnie long courrier, Air France KLM sera devenu d'ici février un « groupe normal avec trois marques et donc plus facile à gérer ». Ben Smith n'envisage aucune fusion à terme des deux entités française et néerlandaise.  Le low cost long courrier a-t-il un avenir ? Non selon lui : « nous ne sommes pas intéressés par un modèle qui n'a pas prouvé sa rentabilité ».

Les compagnies du Golfe, menace numéro un

Quid de la concurrence des compagnies du Golfe ? « C'est la menace numéro un. Nous nous battons contre des gouvernements, pas des compagnies privées. Et avoir accès à ces pays n'est pas intéressant pour nous alors que pour eux, les marchés français et hollandais sont énormes », estime le patron du groupe aérien, pour qui les accords open sky en discussion (ouverture du trafic aérien entre l'UE et les pays du Golfe) « ne sont pas favorables ». Les vols bon marché augmentent-ils la pollution et le transport aérien sera-t-il encore acceptable dans dix ans?

Pour Ben Smith, « les améliorations sont déjà considérables et nous ne traitons pas ce problème à la légère. Le TGV est par exemple un moyen de voyager de manière durable. Un partenariat avec la SNCF est envisageable ».

Traité de fou par ses amis et ses collègues quand il a accepté de prendre les rênes de la compagnie française, considérée comme ingouvernable dans les pays anglo-saxons, Ben Smith compte s'appuyer sur quatre piliers pour gérer le groupe : confiance, respect, transparence et confidentialité.

« Air France est une marque iconique dotée d'une énorme valeur pour la France qui saura se tailler une place de leader en Europe », a affirmé Ben Smith, qui envisage une privatisation graduelle d'Air France

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/06/2019 à 23:26 :
C'est un capitaine d'industrie comme il y en trop peu en France .
Il faut l'encourager pour un meilleur avenir d'Air France.
a écrit le 18/06/2019 à 10:18 :
Vraiment un patron charismatique, avec une vision industrielle long terme incroyable!
Plus de dumping fiscal en localisant aux Pays-Bas, plus de rentabilité, comprendre destruction de l'emploi et de l'organisation, plus de communication et de dépeçage

Bref, un "grand" patron comme les autres, ultralibéral et court-termiste, sans insipiration
Réponse de le 18/06/2019 à 15:44 :
À voir. Un patron qui a augmenté les frais salariaux de 6%. Un patron qui essaye de donner un avenir a une compagnie. C'est sur que l'on peut préférer quelqu'un qui se moque de la rentabilité et de la compétitivité par rapport a la concurrence, mais AF vivra combien de temps ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :