Taxe kérosène : Air France évite le pire

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Reuters
Air France peut pousser un ouf de soulagement. L'Assemblée nationale a rejeté vendredi les amendements déposés dans le cadre de la loi d'orientation des mobilités (LOM), visant à taxer le kérosène. Les députés ont suivi la ligne du gouvernement qui préfère renvoyer l'idée d'une taxation du transport aérien à l'échelle européenne afin de renforcer la contribution de ce secteur à la transition écologique".
Air France évite ainsi une taxe sur les seuls vols intérieurs, déjà mal en point, qui aurait été catastrophique. Un tel scénario aurait en effet posé des sérieuses questions de distorsions de concurrence avec les compagnies étrangères assurant des vols intérieurs comme la britannique Easyjet, l'espagnole Volotea, ou l'irlandaise Ryanair, lesquelles entre deux vols dans l'Hexagone, auraient pu assurer une rotation vers un pays limitrophe pour faire le plein. Un scenario qui aurait menacé 4.000 emplois selon la fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), sans avoir d'impact sur les émissions de CO2.
En proposant une telle taxe sur les vols intra-européens, toutes les compagnies seront donc logées à la même enseigne comme c'est déjà le cas pour l'obligation de participer au système d'échanges de permis d'émissions (ETS), mis en place en 2012. Pour autant, trouver un terrain d'entente entre tous les membres de l'UE sur ce sujet s'annonce sportif au regard des différences fiscales.
Les discussions s'annoncent longues et incertaines. Dans l'hypothèse qu'elles aboutissent, les modalités seront à surveiller. Redoutant que cette taxe ne serve qu'à alimenter les caisses des Etats, certains grands pontes du transport aérien plaident pour qu'elle alimente un fonds de recherche pour les biocarburants.
Reste à savoir s'il s'agira bien d'une taxe. Car quel que soit le moyen retenu, l'idée est de renforcer la contribution du transport aérien européen à la lutte contre le réchauffement climatique, à laquelle il participe déjà à travers le système d'échanges de permis d'émission européen et demain dans le cadre du programme mondial CORSIA de compensation de carbone à partir de 2020.
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Pour autant, l'idée de taxer davantage le transport aérien français ne s'arrête pas avec le vote de la LOM. Certains députés de la majorité veulent que la prochaine Loi des Finances intègre des mesures de contribution du transport aérien en France pour la lutte contre le réchauffement climatique. Notamment en instaurant une taxe sur tous les passagers au départ de France, à la manière de la taxe de solidarité (taxe Chirac).
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