Défense : Archange décolle, les armées espionneront les théâtres d'opérations

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Le programme Archange reposera sur trois Falcon 8X de Dassault Aviation équipés d'une Capacité universelle de guerre électronique (CUGE) développée par Thales
Le programme Archange reposera sur trois Falcon 8X de Dassault Aviation équipés d'une Capacité universelle de guerre électronique (CUGE) développée par Thales (Crédits : Dassault Aviation)
La Direction générale de l’armement a confié à Thales et Dassault Aviation le programme Archange visant à renforcer les capacités de renseignement d’origine électromagnétique. Il reposera sur trois Falcon 8X de Dassault Aviation équipés d’une Capacité universelle de guerre électronique (CUGE) développée par Thales.

C'est un programme important. Un programme qui est également pour Florence Parly l'un des symboles de la remontée en puissance des armées après une décennie de désinvestissements massifs. Dans ce cadre, le ministère des Armées a notifié à Thales et Dassault Aviation le programme Archange (Avion de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GEnération) visant à renforcer les capacités de renseignement d'origine électromagnétique.

Les systèmes Archange devraient accroître significativement les capacités de renseignement électromagnétique aéroporté français et contribueront à l'effort particulier sur la fonction stratégique "connaissance et anticipation", gage de l'autonomie de décision de la France et de sa supériorité en opération. Thales réalisera l'ensemble des capteurs de la charge utile et l'intégration, du système d'ensemble à bord des Falcon 8X de Dassault Aviation. Le programme est évalué à près de 900 millions euros (870 millions).

Un premier système livré avant 2026

Les moyens de renseignement électromagnétique, indispensables à la connaissance des intentions de l'adversaire comme à la protection des aéronefs et des navires, seront modernisés grâce en partie au programme Archange. Car face au développement des technologies numériques de plus en plus présentes sur les théâtres d'opérations, les forces armées renforceront leurs capacités de renseignement. Sur les théâtres d'opérations les armées doivent pouvoir maîtriser des situations tactiques de plus en plus complexes en temps réel grâce à des équipements de surveillance, qui permettent aux services de renseignement de prendre la meilleure décision.

Dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, trois systèmes remplaceront les deux Transall C-160 Gabriel. Un système doit être livré avant la fin de la LPM. Une plateforme d'entraînement au sol dont le déploiement est prévu sur la base aérienne d'Evreux complétera le dispositif.

Trois Falcon 8X comme porteur

Ce programme reposera sur trois Falcon 8X de Dassault Aviation équipés d'une Capacité universelle de guerre électronique (CUGE) développée par Thales. Le triréacteur Falcon 8X est le dernier-né de la gamme Falcon. En version avion d'affaires, il peut transporter 8 passagers et 3 membres d'équipage sur une distance de 12.000 km. Il dispose de commandes de vol numériques directement issues de l'expérience acquise par Dassault Aviation sur le Mirage 2000 et le Rafale. Il est équipé d'un cockpit digital EASy et d'un système de vision combinée FalconEye sans équivalent. La commande des deux premiers appareils a été notifiée par la DGA.

Résultat de dix années d'études sur des technologies de pointe, l'ensemble des capteurs constituant la charge utile sera développé par Thales. Grâce aux dernières technologies, le système permettra pour la première fois de détecter et d'analyser simultanément les émissions radio et les signaux radar. A ce titre, Thales fournira des antennes multi-polarisation, ainsi que ses technologies d'intelligence artificielle qui permettent d'améliorer les traitements automatiques. Tous ces capteurs seront intégrés sur les Falcon 8X. Les informations recueillies par les systèmes seront ensuite analysées par des spécialistes de l'écoute et du renseignement et viendront alimenter les bases de données des armées.

"Dans la course à l'anticipation, la connaissance des risques, et donc un renseignement fiable, constitue l'élément clé des décisions en appui aux opérations", a expliqué le directeur du programme Archange chez Thales, Nadim Traboulsi.

Priorité stratégique du ministère des Armées

La fonction "connaissance et anticipation" est une priorité de la stratégie de défense définie par le plan Ambition 2030, avec un effort accru en matière d'effectifs pour le renseignement sur 2019-2025 (+1.500), mais aussi d'équipements dans le domaine du renseignement, avec notamment l'acquisition de deux avions légers de surveillance et de reconnaissance, de trois avions de reconnaissance stratégique (CUGE) et la commande d'un bâtiment léger de surveillance et de reconnaissance, ainsi que la mise en service de systèmes spatiaux : un système CERES et trois satellites Musis.

Le programme Archange permettra aux armées françaises de disposer d'une capacité spécialisée de recueil de renseignement aéroportée renforcée dès 2025 grâce à la modernisation des moyens de renseignement stratégique fixes ainsi que la commande d'un bâtiment léger de surveillance et de recueil de renseignement (BLSR).

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Commentaires
a écrit le 15/01/2020 à 11:31 :
Vous oubliez dans cette panoplie le strato dirigeable...
a écrit le 15/01/2020 à 6:55 :
Programme central ou Thalès et son actionnaire minoritaire ont un rôle pivot. Quid des PME françaises associées et quel suivi du bon déroulement de l avancée du projet pour éviter qu en 2025 on nous dise qu il faut rajouter x pour cent au budget initial ( un suivi parlementaire serait une voie à mon sens en parallèle avec le travail de la DGA)
Réponse de le 17/01/2020 à 8:12 :
Comique.....
a écrit le 14/01/2020 à 16:38 :
Excellente nouvelle, il était grand temps de remplacer les Transal Gabriel à bout de souffle. On peut toutefois s'interroger sur le choix du porteur. Le Falcon 8x est certes très performant, mais n'aurait-il pas été souhaitable de remplacer cet avion par un drone (type HALE) ? ou d'envisager une combinaison avion/drone, le drone étant naturellement amené à évoluer au plus près des espaces aériens "risqués" sous le contrôle de l'avion resté en retrait ?

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