"Gagner la guerre avant la guerre". C'est le mantra du nouveau chef d'état-major des armées. Au-delà de la formule qui frappe les esprits, le général Thierry Burkhard a naturellement en tête les opérations hybrides menées par des adversaires de la France (États, organisations terroristes, mercenariat, individus...), qui ne franchissent pas pour autant la ligne jaune du conflit armé. Cette guerre hybride se joue entre autres tous les jours sur internet en général, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, où apparaissent de nouvelles formes de conflictualité et de confrontation. C'est la fameuse guerre informationnelle.
"La frontière entre compétition et confrontation, qui permettait de distinguer le temps de paix (...) crise (...) guerre, est aujourd'hui profondément diluée. Elle laisse place à de multiples zones grises où, sous couvert d'asymétrie ou d'hybridité, se déploient des actions d'influence, de nuisance voire d'intimidation, qui pourraient dégénérer", avait expliqué en février 2020, le président de la République Emmanuel Macron.
"Lorsqu'elle est utilisée à bon escient, l'arme de l'information permet de gagner sans combattre", a confirmé mercredi la ministre des Armées Florence Parly, qui a présenté l'action des armées dans le domaine de la lutte informatique d'influence (L2I). Une lutte destinée essentiellement aux théâtres d'opération extérieurs (OPEX) sur lesquels les armées françaises sont présentes, notamment au Sahel et au Levant. La L2I menée par les armées vient en complément du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum,), qui est une agence nationale de lutte contre les manipulations de l'information placée auprès du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).