La Cour des comptes critique le lancement du programme Taranis par le CNES
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le résultat net du CNES est passé de 26,7 millions d'euros en 2018 à - 55,5 millions en 2020.
REGIS DUVIGNAU
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le résultat net du CNES est passé de 26,7 millions d'euros en 2018 à - 55,5 millions en 2020.
REGIS DUVIGNAU
La Cour des comptes a appuyé là où cela fait vraiment mal au sein du CNES, le programme Taranis. Car la perte en novembre 2020 de ce satellite, qui devait explorer la face cachée des orages, huit minutes après le décollage du lanceur léger italien Vega a été vécu à l'époque comme une énorme déception par le CNES. Initialement, il était pourtant prévu sur Soyuz. Près de trois ans après cet échec, les Sages de la rue Cambon n'ont pas été tendres avec ce programme. « Le fait qu'un successeur au programme Taranis ait été envisagé pendant un temps avant d'être abandonné interroge sur l'opportunité même du développement du programme initial », écrit la Cour des comptes en marge d'une mission de contrôle ayant fait l'objet d'un référé publié jeudi. Le programme a été définitivement abandonné par le CNES faute de ressources suffisante. Ce que regrette le Comité des programmes scientifiques (CPS) du CES.
Le projet Taranis a été proposé en avril 2001 par le CEA. Une étude phase 0 menée en 2001 a démontré la faisabilité technique de cette mission. Puis, la revue de fin de phase A qui s'est tenue en mai 2006 a permis de valider le projet, qui a été recommandé par le CPS en avril 2007. Après la revue de fin de phase B les 11 et 12 mai 2009, la phase C a démarré formellement en janvier 2011. Le conseil d'administration du CNES a décidé le 10 décembre 2010 l'engagement des phases C/D/E1 de Taranis. Ensuite, ce programme a connu différents aléas techniques, qui ont retardé l'intégration de la charge utile de trois ans. Pour son lancement, le CNES a signé un contrat de service de lancement avec Arianespace en juillet 2012. Le coût complet du programme s'est élevé à 113,1 millions d'euros.
À lire également
Ce qui ne plaît pas à la Cour des comptes, c'est que cet échec révèle « les difficultés que rencontre l'organisme pour capitaliser sur les développements accomplis dans le cadre de programmes de haute technologie ». Ce constat risque de faire grincer les dents au sein du CNES, qui s'enflammait peu de temps avant le lancement de Taranis, qui est intervenu dans la nuit du 16 au 17 novembre 2020, en affirmant que ce programme était « exceptionnel à plus d'un titre. Outre son intérêt pour la recherche fondamentale, la mission illustre la qualité de la coopération entre le CNES et les laboratoires scientifiques ».
Filière française du liège : cette guerre des bouchons qui cache une crise plus profonde
Neogy, Delfox, Tehtris : nouvelle hécatombe de start-up dans l'écosystème bordelais
Nouvelle usine à Douvrin, projet à Toulouse... L'ETI Netexial surfe sur les quelques succès de la réindustrialisation tricolore
Gaz : une hausse de 7,4% au 1er juillet pour 6 millions de ménages