« Les villes moyennes attirent une population qualifiée qui participe à la réindustrialisation» (Gil Avérous, Villes de France)
Propos recueillis par César Armand
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LA TRIBUNE - Le 24, les intercommunalités ont regretté la « quasi-absence de dialogue » avec Bercy sur la réindustrialisation. Votre association Villes de France érige ce sujet en axe stratégique de développement pour les villes moyennes. Comment en dialoguez-vous avec le gouvernement en vue du projet de loi sur l'industrie verte ?
GIL AVÉROUS - Nous prenons les devants car les maires portent déjà des projets et sont les plus à même de concerter les entrepreneurs et les aménageurs pour faire des propositions à l'exécutif sur ce qui fonctionne et sur les freins à lever. Nous, les maires, sommes dans l'action et non dans la réglementation. Les villes moyennes sont en outre celles qui ont le plus souffert de désindustrialisation ces cinquante dernières années. Aujourd'hui, la crise sanitaire et la guerre en Ukraine démontrent l'importance de relocaliser les productions stratégiques (industries pharmaceutiques, électroniques et agro-alimentaire).
Quand ferez-vous des propositions en ce sens, tel que vous l'avez annoncé lors de vos vœux il y a quelques jours ?
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Si nous voulons que la réindustrialisation soit efficace, elle doit passer par nos villes moyennes de 10 à 100.000 habitants, trait d'union entre les métropoles et les villages ruraux. Nous avons encore du foncier à prix attractif - ce qui n'est pas le cas des grandes villes - et des logements disponibles. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle Bruno Le Maire entend simplifier les procédures ? Très bien, nous voulons pleinement nous inscrire dans cette démarche. Je m'apprête à faire à un tour de France des villes qui ont des projets de réindustrialisation, je crois en la force de l'exemple : Albi, Angoulême, Bourges, Saint-Dizier, jusqu'à notre congrès sur cette terre symbolique du Creusot les 6 et 7 juillet prochain. Nous allons également constituer un groupe de travail avec des élus locaux, des experts et des intellectuels afin d'aboutir à des propositions sur ce sujet.
Propos recueillis par César Armand