Royaume-Uni : les actionnaires d'Amazon appelés à l'aide pour améliorer les conditions de travail

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(Crédits : Mike Segar)
Le syndicat britannique GMB a interpellé une douzaine de fonds actionnaires d'Amazon sur les conditions de travail imposées par le groupe de Jeff Bezos dans ses entrepôts de logistique, selon le Guardian. Le géant américain emploie 27.500 salariés et possède 17 entrepôts au Royaume-Uni.

Pour tenter de faire améliorer les conditions de travail dans les entrepôts Amazon, le syndicat britannique GMB se tourne vers les investisseurs du géant américain. GMB a interpellé « une douzaine de gestionnaires de fonds et de fonds de pension de premier plan qui possèdent des participations dans Amazon, notamment Legal & General, Baillie Gifford et Aberdeen Standard », rapporte le Guardianafin que ces derniers fassent pression sur Amazon.

La firme de Seattle est régulièrement critiquée à cause des conditions de travail arides qu'elle impose dans ses centres logistiques - entre objectifs de performance quasi intenables et management brutal. Le syndicat a mis en avant « de longues plages horaires de travail, sous pression afin de remplir les objectifs de livraisons, entraînant des douleurs et des blessures », selon le quotidien britannique.

« Nous sommes dans un climat instable et Amazon est vulnérable sous de nombreux angles différents. Nous voulons travailler avec Amazon et nous pensons que les investisseurs ont une place dans cette discussion », a affirmé Neil Foster, un des responsable national de GMB.

Lire aussi : Amazon va payer ses salariés pour quitter leur job... et devenir livreur

Des "allégations fausses et non-fondées", selon Amazon

Selon le syndicat, ne pas changer de fonctionnement continuerait d'exposer Amazon à une mauvaise publicité. Le groupe de Jeff Bezos, qui dispose de 17 entrepôts au Royaume-Uni et y emploie 27.500 salariés, a rétorqué : « Ces allégations sont fausses et non-fondées. Amazon propose déjà une rémunération conforme [à celle du secteur], des avantages et des opportunités de carrière, tout en travaillant dans un environnement de travail sûr et moderne. »

Interrogé par le Guardian, un investisseur sous anonymat a déclaré : « La culture d'entreprise et la gestion du capital humain sont de plus en plus présents dans les discussions avec les entreprises. Nous voyons cela comme un problème de réputation. Une entreprise doit être attrayante pour que les gens veuillent y travailler et y rester, mais aussi pour attirer et fidéliser des clients. »

Chez Amazon, les syndicats ne sont pas les bienvenus

L'organisation syndicale n'est pas vu d'un bon œil chez Amazon, rendant le dialogue en interne parfois compliqué. En septembre dernier, la presse américaine a révélé une vidéo de formation adressée aux managers d'Amazon pour « repérer les signaux d'alerte » et tenter d'endiguer la création d'organisations syndicales. « Notre business model repose sur la rapidité, l'innovation et l'obsession du client - des choses qui ne sont généralement pas associées au syndicalisme », expliquait la vidéo.

Depuis 2013, les syndicats européens d'Amazon (en Italie, en Allemagne, en France...), qui ont peiné à se faire reconnaître par la direction du groupe de commerce et logistique, se mobilisent lors de journées cruciales pour le groupe (Prime Day, Black Friday) afin de ralentir les expéditions de colis et attirer l'attention du public sur leurs conditions de travail. Fin avril, après cinq ans de luttes rarement coordonnées, des représentants syndicaux d'Amazon venus de 15 pays se sont réunis pendant deux jours à Berlin pour coordonner leurs stratégie et actions face au géant américain.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2019 à 17:22 :
En parlant d'Amazon :

C’est une petite erreur administrative qui coûte cher à Amazon. Au titre de la taxe d’aménagement -réclamée à l’occasion de la construction, la reconstruction, l’agrandissement de bâtiments et aménagements de toute nature-, le géant américain est contraint de verser 3 millions d’euros à la ville de Brétigny-sur-Orge (Essonne). Une somme que viennent de réclamer les services fiscaux, payable en deux fois, qui n’était pas prévue dans le budget.Pour faciliter leur implantation, un accord avait été trouvé lors des négociations menées avec les élus de la ville mais aussi de l’agglomération Cœur d’Essonne, propriétaire de la Base. La part de la taxe d’aménagement communale avait été établie à 0 euro.« Lors du dépôt du permis de construire, le groupe doit préciser de quel type de locaux il s’agit, décrypte Sylvain Tanguy, président (DVG) d’Air 217, la société publique locale chargée de redynamiser des 300 ha du site. Apparemment ils n’ont pas rempli la même case que celle indiquée dans le délibéré pris par la ville. » Une maladresse administrative qui leur coûte donc 3 millions d’euros.
a écrit le 21/05/2019 à 17:18 :
"En septembre dernier, la presse américaine a révélé une vidéo de formation adressée aux managers d'Amazon pour « repérer les signaux d'alerte » et tenter d'endiguer la création d'organisations syndicales".

Et après, on va nous parler du syndicalisme qui baisse ,en voila une raison jamais évoqué.
a écrit le 21/05/2019 à 8:39 :
Bla bla bla. Chacun son problème, moi j'attends les dividendes....
a écrit le 20/05/2019 à 18:48 :
Je m'interroge sur ces boutiques qui ne produisent rien mais font commerce de tout, là où il passe l'artisanat trépasse..
a écrit le 20/05/2019 à 14:59 :
"Des "allégations fausses et non-fondées""

C'est là que l'on voit que AMAZON n'est pas une GAFA avec l'esprit des autres GAFA, du moins de MZ que je garde comme repère puisque c'est certainement le meilleur, quand FB a été accusé, des dizaines de fois, il a toujours pris au moins un minimum de recul et proposé des solutions d'actions, tandis que là nous sommes vraiment au sein de la sale vieille mentalité des multinationales, de celles qui ne se remettent jamais en question, de celles qui affirment sans sourciller un mensonge puisque les preuves pleuvent contre les conditions de travail imposées dans ces entrepôts et encore vous n'avez pas mentionné les robots "guides" qui en fait donnent des ordres aux salariés, l'humiliation absolue.

Par ailleurs leur situation de monopole et hégémonie financière dans le secteur leur permet d'encaisser les milliards à la pelle et de plus en plus. LE prochain ennemi des Etats Unis pourrait ne pas être un pays, puisque tous verront qu'on ne peut rien faire contre eux mais pourrait être AMAZON si elle continue de grossir à ce rythme avec une mentalité totalement déshumanisée.

"Le commerce est l'école de la tromperie" Machiavel

Belle démarche de ces syndicalistes à un moment il faut que les propriétaires de ces machines de guerre financières sachent qu'on sait à qui elles appartiennent et qui on peut donc tenir directement également responsable.

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