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Air Austral en difficulté : les actionnaires injectent 10 millions d'euros supplémentaires

latribune.fr

Publié le 08 mars 2024 à 10:28 - Mis à jour le 08 mars 2024 à 10:28

Air Austral exploite huit appareils, dont trois gros porteurs Boeing 777, et dessert plusieurs destinations de l'océan Indien (Comores, Seychelles, Madagascar...) ainsi que la métropole depuis La Réunion.

Air Austral exploite huit appareils, dont trois gros porteurs Boeing 777, et dessert plusieurs destinations de l'océan Indien (Comores, Seychelles, Madagascar...) ainsi que la métropole depuis La Réunion.

Air Austral

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Les actionnaires d'Air Austral ont approuvé jeudi un plan de redressement prévoyant « une baisse significative de la masse salariale » et accepté d'injecter 10 millions d'euros supplémentaires dans la compagnie aérienne réunionnaise en difficulté, a annoncé l'entreprise.

De l'oxygène pour Air Austral, lourdement endettée depuis le Covid-19. « Les actionnaires publics et privés ont collectivement décidé de soutenir l'entreprise financièrement à hauteur de 10 millions d'euros, en tenant compte de leur participation respective au capital », a précisé la compagnie réunionnaise qui exploite huit appareils, dont trois gros porteurs Boeing 777, et dessert plusieurs destinations de l'océan Indien (Comores, Seychelles, Madagascar...) ainsi que la métropole depuis La Réunion.

Elle est détenue à 55% par la société RunAir, rassemblant des investisseurs réunionnais, et à 44% par la Sematra, société d'économie mixte (région, département, Caisse des Dépôts) anciennement propriétaire à 99% de la compagnie.

Dans le même temps, le conseil de surveillance « a approuvé le plan d'action et de restructuration présenté par le directoire » qui prévoit « des mesures de gestion interne plus rigoureuses visant à mieux contrôler et réduire les coûts ».

Baisser la masse salariale

En particulier, « des efforts seront requis des membres du personnel, se traduisant par une baisse significative du coût de la masse salariale, mais aussi des fournisseurs et de l'État, notamment dans la gestion délicate du traitement du passif public », selon la même source. L'entreprise n'a pas précisé dans l'immédiat comment elle pensait parvenir à cette baisse de la masse salariale, soit par réduction des salaires, soit des effectifs, alors qu'elle emploie quelque 800 personnes.

Lire aussiBruxelles valide la nouvelle aide d'Etat d'Air Austral

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Air Austral a aussi évoqué une réévaluation des programmes de vol pour « optimiser la rentabilité financière » des lignes court et moyen-courriers, et dit vouloir développer la gestion des prix selon la demande («  yield management »).

De multiples aides publiques

Sortie très lourdement endettée de la crise du Covid-19, la compagnie a bénéficié de multiples aides publiques avant d'être restructurée début 2023 sur fond d'apport de capitaux privés.

Le plan approuvé jeudi vise le transport par Air Austral de 1,216 million de passagers lors de l'exercice 2024-2025 qui débutera le 1er avril, un chiffre comparable au nombre de ses voyageurs de 2019-2020. Avant la crise sanitaire de mars 2020, la compagnie pointait à la cinquième place des transporteurs français, derrière Air France, Transavia, Air Corsica et Air Caraïbes, selon les statistiques de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

La Commission européenne enquête sur les financements accordés à Corsair

De son côté, sa consœur, Corsair, doit faire faire face à une enquête approfondie de la Commission européenne sur le plan de restructuration modifié afin de déterminer s'il respectait les règles de l'UE en matière d'aides d'Etat. Pour rappel, Corsair, qui compte un millier de salariés, dispose d'une flotte de neuf appareils long-courriers desservant principalement l'océan Indien, l'Afrique, les Antilles et l'Amérique du Nord depuis Paris et plusieurs métropoles françaises.

A LIRE AUSSI

Le sauvetage de Corsair dans le viseur de Bruxelles

En décembre 2020, dans le contexte de la crise du Covid, Bruxelles avait approuvé ce plan, assorti de mesures de soutien de l'Etat français pour un montant total de 136,9 millions d'euros. Mais, en décembre dernier, la France a présenté à la Commission des modifications à ce plan, qui comprennent « des ajustements des instruments de financement existants ainsi que des incitations fiscales supplémentaires ».

La compagnie avait elle-même annoncé en décembre qu'elle avait trouvé de nouveaux financements, sous la forme d'un « apport de fonds propres de 30 millions d'euros de la part de certains de ses actionnaires existants, du département de la Guadeloupe et de la République du Congo ». Elle avait précisé que ce projet demeurait conditionné au feu vert de la Commission européenne.

Corsair et Air Austral avaient un temps envisagé un rapprochement, mais les élus de La Réunion s'y étaient opposés.

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Sur le plan des mauvaises nouvelles pour le pavillon français, rappelons que le groupe Caire, qui coiffait Air Antilles et Air Guyane, a été placé en liquidation judiciaire en août 2023. Le repreneur, la Cipim, holding du gestionnaire d'infrastructures aéroportuaires Edéis, alliée à la collectivité de Saint-Martin, avait annoncé fin septembre vouloir « pérenniser l'activité d'Air Antilles » en se concentrant sur les liaisons, depuis Pointe-à-Pitre, vers Fort-de-France, Saint-Martin Grand-Case et Saint-Barthélémy. En revanche, les vols Air Guyane, notamment vers des zones isolées en Amazonie de ce territoire ultramarin, ne font pas partie du projet.

(Avec AFP)

latribune.fr

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