La SNCF, l’autre gros dossier social qui se profile

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(Crédits : © Jean-Paul Pelissier / Reuters)
Direction et syndicats doivent négocier l'an prochain un nouveau cadre social. Le dossier est très sensible. A cet égard, les prochaines élections professionnelles sont prévues le 19 novembre, risquent d'être déterminantes. Si la CGT et Sud passent sous la barre des 50%, ils ne pourront pas s'opposer à un accord d'entreprise.

Alors qu'Air France est en proie à de fortes tensions sociales, la SNCF s'apprête à entrer à son tour dans une phase délicate sur le plan social.

La société ferroviaire doit en effet renégocier son cadre social avec les syndicats en 2016 pour aboutir d'ici à juillet de l'année prochaine à de nouveaux accords d'entreprise, conformément à la loi sur la réforme ferroviaire votée en août 2014.
Ces accords d'entreprise seront le dernier étage de la fusée après la publication d'un décret socle et l'élaboration d'une convention collective pour l'ensemble des salariés du secteur.

Organisation du temps de travail

La négociation, qui commencera début d'année 2016, est extrêmement sensible dans la mesure où elle abordera, notamment, l'épineuse question de l'organisation du temps de travail à la SNCF.

L'objectif, en tous cas du côté de la direction et du gouvernement, est clair : générer des gains de productivité pour préparer la SNCF à affronter la concurrence, aujourd'hui celle des autres modes de transport (avions, covoiturage, bus), et, à plus long terme, celle d'autres opérateurs ferroviaires qui verra le jour au moment de l'ouverture à la concurrence ferroviaire au cours de la prochaine décennie.

Contrats de performance

L'Etat a bien conscience de l'enjeu. Dans les négociations (tendues) en cours avec la SNCF sur le contenu des contrats de performances pour les 10 prochaines années (dans lesquels figurera le volume des investissements qu'il prévoit au cours de cette période), l'Etat demandera des efforts de productivité à la SNCF.

«La structure de coûts est totalement incompatible avec la concurrence», explique une source ministérielle.

Dans cette perspective, les élections professionnelles prévues le 19 novembre de la SNCF s'annonce décisive.

«Elles montreront une vraie tendance, c'est l'heure de vérité», confie un membre de la direction.

Quel poids pour la CGT et Sud?

Les résultats risquent en effet d'être déterminants pour la suite.

«L'enjeu est de voir quel sera le poids de la CGT et de Sud Rail qui représentent aujourd'hui 52,12% des voix. S'ils passent sous la barre des 50% des voix, ils ne pourront pas s'opposer à un accord d'entreprise signé par des syndicats représentatifs ayant recueilli plus de 30% des voix», explique une source politique.

C'est le scénario espéré par la direction et le gouvernement. A tel point que ce dernier a tout fait ces derniers mois pour éviter d'avoir à donner du grain à moudre à ces deux syndicats. C'est notamment pour cela que l'expérimentation de l'ouverture à la concurrence pour les trains d'équilibre du territoire (TET) a été in extremis écartée par l'Elysée de la feuille de route du gouvernement pour redresser cette activité présentée en juillet.

La partie s'annonce serrée en raison de la proportion toujours plus grande du nombre de cadres, lesquels représentent quasiment la moitié des effectifs du groupe. En outre, les voix des 1.500 salariés de Réseau Ferré de France (RFF) qui ont rejoint la SNCF peuvent avoir leur importance. La CGT et Sud sont quasiment inexistants parmi eux, et ils représentent environ 1% des voix.

Le gouvernement soutiendra-t-il la direction?

Même si la CGT et Sud devaient passer sous la barre des 50% des voix, cela n'écarterait pas pour autant le risque de tensions qui semblent inévitables. 
L'attitude du gouvernement sera à ce moment-là déterminante.

«Soutiendra-t-il la direction ou la lâchera-t-il en cas de conflit social ? », s'interroge un observateur.

A l'approche de l'élection présidentielle en 2017, pas sûr que le gouvernement veuille prendre le risque d'une grève dure en 2016, notamment pendant l'Euro de football organisé en juin prochain en France, comme certains en émettent l'hypothèse. A ce titre, l'évolution de la situation à Air France et le comportement de l'Etat dans ce dossier seront riches d'enseignements pour la société ferroviaire.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2015 à 11:56 :
Vos commentaires sont lassants !
Ils révèlent dans leur grande majorité une IGNORANCE totale des enjeux de notre société !
Le chiffre qui parle quant au déséquilibre démographique et qui affecte entre autre la SNCF : 1 actif pour ... 1,8 retraité !
Voilà simplement la REALITE qui trouve son origine dans l'évolution technologique et ce n'est pas fini !
Au fait , la cotisation patronale retraite de la SNCF est supérieure de 10 points à celle d'une entreprise lambda.
Regardez vos fiches de paie respectives et regardez les % respectifs dédiés aux retraites , parts patronale et salarié ...
a écrit le 14/11/2015 à 9:03 :
SNCF / Air-France ...meme combat ...
meme combat que la SNCM ( vous savez , la cie maritime à l'agonie ) ...!
a écrit le 13/11/2015 à 18:43 :
Evidemment que "Moi Président Je " (17 fois ) " Normal 1er " cèdera sur tout. Les Syndicats d'Extrème Gauche Communiste C.G.T et S.U.D vont exploiter cette période pré-Présidentielles. Les Régimes Spéciaux de Retraite Déficitaires pompent 8 milliards d'euros par an au Régime Général qui serait sans leur racket protégé, excédentaire et n'aurait encore infligé aucun sacrifice à ses Actifs et retraités. Les Spéciaux partent en retraite avec leur dernier salaire hors primes, gonflée par une montée d'échelon fictive et donc de salaire les derniers mois d'activité, exactement comme les Fonctios, avec eux, pour seule nuance, que la retraite est payée par le budget de l'Etat : leurs privilèges en Retraite en comparaison du Régime Général Saigné coutent 21 milliards par an au budget de l'Etat. Quand ? les nouveaux embauchés de ces deux catégories seront affilliés, par leur Employeur Public, au Régime Général, idem pour Retraite Complémentaire. Et à quand un seul et unique Régime de retraite de base et complémentaire, pour salariés et non salariés. Système par points, pour la transparence des " droits " à la retraite de plus en plus occultes. Le R.S.I (Régime Social des Indépendants ) N'EN PARLONS PAS C'EST UN SCANDALE OCCULTE TERRIBLE : LA SPOLIATION PUBLIQUE, de retraités qui n'en seront pas, LA PLUS GIGANTESQUE DEPUIS LES EMPRUNTS RUSSES DE 1917
Réponse de le 13/11/2015 à 20:05 :
Le R.S.I ( Régime Social des Indépendants ) par lequel vus terminez votre commentaire, est sous tutelle de dirigeants " élus " corrompus et baillonnés, et sous la Tutelle Supérieure avant tout de l'U.R.S.S.A.F : Odieux ! Cobra qui tue les petites entreprises, causent dépression, suicides, A.V.C des petits chefs d'entreprise, qui après 60 à 80 h par semaine, toute leur vie de travailleur indépendant, et des " cotisations " prétendument " retraite " n'en auront pas : sinon 400 eur par mois " de solidarité " après avoir cotisé sur la base de 2000eur par mois. Déjà 1 350 000 Carrières sont introuvables : perdues. Volontairement ?
Réponse de le 13/11/2015 à 20:26 :
A chaque contact téléphonique de moi-même, mon épouse, ou mes confrères Commerçants et Artisans, pour éclaircir nos situations retraite. Les agents(es) du R.S.I raccrochent toujours au nez ainsi : " je vous souhaite une excellente journée Madame ou Monsieur " ( mensonge ! cette phrase est insincère et choquante, juste avant de raccrocher violemment et outrageusement le téléphone ) Les interlocuteurs (trices ) sont déplacés constamment, pour que le travailleur Indépendant réitére sans fin les memes demandes d'informations précises, et soit découragé et à bout !!! moralement !!!
Réponse de le 13/11/2015 à 20:36 :
Avec mon Mari nous exploitons un salon de coiffure, Homme et Femme. Nous employons 9 Coiffeur(ses) et nous ne passerons jamais jamais au seuil Social de 10 !! plutôt etre complet, et devoir décliner des demandes, que de passer à 10. Les Commerçants et Artisans, parmi nos clients sont déchainés, à l'endroit du R.S.I Retraite, dès lors que nous en avons au minimum deux, en Coiffure. Tous les autres clients (es) étant salarié(es) écoutent, interrogent scandalisés (ées ) par ce qu'ils apprennent sur " le R.S.I Retraite ". Pour notre part, mon Mari et Moi, écoutons, approuvons sans le montrer, eu égard la clientèle, et notre Personnel Salarié
Réponse de le 14/11/2015 à 2:13 :
Vous ne nourrissez d'ailleurs aucun espoir quant au R.S.I. Le pouvoir P.S est avant tout clientèliste. Vous n'etes pas leurs clients politiques contrairement aux fonctios qui votent à 77% à Gauche. Donc ils vont plutôt accroitre le bordel et scandale du R.S.I plutôt que d'y mettre fin. Les fonctios de plus, font grève et manifestent, comme les agriculteurs, pas vous : vous n'etes pas organisés. Tant que vous n'agirez pas comme eux, tant que vous ne représenterez aucun risque politique à l'instar des agriculteurs pourtant bien moins nombreux que vous, votre R.S.I continuera à vous empoisonner et à vous spolier votre retraite à venir, dont dites vous entres autres, ils perdent les carrières par millions.
Réponse de le 14/11/2015 à 9:08 :
à Sophie :
je ne crois pas que le RSI soit sous la tutelle de l'URSSAF ; je pense plustot que c'est une annexe de Ste Anne ( celèbre hop. psychatrique parisien).
a écrit le 13/11/2015 à 18:03 :
Personne ne relit les articles sur latribune.fr???? Il y a des fautes partout...
Réponse de le 13/11/2015 à 19:30 :
Cette C.G.T Communiste détourne des milliards d'Euros via Le C.E qu'elle " dirige " dans toutes les Entreprises Publiques, au profit d'Elle-Même, et de ses Dirigeants, et au profit du P.C.F
a écrit le 13/11/2015 à 16:45 :
Quelqu'un a t il une idée sur l'évolution des cents premiers salaires, du cartel SNCF..
eh oui je blabla..
a écrit le 13/11/2015 à 16:02 :
En attendant des centaines de locomotives sont garées à Sotteville , près de Rouen, en prévision d'un transport de marchandise qui fait toujours débat avec la CGT , pas assez de régimes spéciaux ? gageure de l'inégalité entre SNCF et travailleurs ordinaires.
a écrit le 13/11/2015 à 12:59 :
Le train: 40 milliards de dettes, 12 milliards de subventions/an, retards incessants, service déclinant. Mais c'est un bastion historique de la gauche...
Réponse de le 14/11/2015 à 2:00 :
Rails et aiguillages de plus, vétustes et de plus en plus dangereux, et Le Vrai Patron ce sont les Syndicats d'Extrème Gauche Communistes, C.G.T et S.U.D. Entre S.N.C.F et S.N.C.M ( tuée par la C.G.T Communiste ) une seule lettre diffère. Vivement la mort de la S.N.C.F et les cheminots communistes au chomage, lors de l'ouverture totale à la concurrence du train.
a écrit le 13/11/2015 à 10:23 :
Ca tombe bien, car juste avant les élections le Gvt est en position de faiblesse vis a vis des syndicats qui pourront négocier voire imposer leur point de vue.
a écrit le 13/11/2015 à 10:07 :
Vivement l'ouverture à la concurrence qui permettra plus de performance et donnera plus de choix aux usagers/clients.
Mais avec le fonctionnement actuel, la SNCF n'est pas compétitive (et pas vraiment fiable).
Les temps changent, les pratiques doivent évoluer et être adaptées.
a écrit le 13/11/2015 à 9:19 :
Ce serait bien qu'à la SNCF ils soient honnêtes et remettent en question certains de leurs avantages, parce que je veux bien être solidaire mais que nous autres du régime général contribuions à hauteur de 4 Milliards d'euros pour combler le déficit de leur régime de retraite je trouve ça un peu dur à avaler...
Réponse de le 13/11/2015 à 11:23 :
Ce n'est pas le régime général qui contribue à l'équilibre du régime de retraite de la SNCF mais le budget de l'état pour compenser la baisse démographique dans cette entreprise qui est passée de 240 000 cheminots dans les années 80 à 150 000 aujourd'hui. Suite à la réforme Sarkozy et au report de l'age de départ à la retraite à 62 ans vers 2020, ce régime sera équilibré vers 2030; Par contre le régime de retraite de la SNCF finance certains régimes régimes comme celui des agriculteurs en vertu de la solidarité entre régimes.
Réponse de le 13/11/2015 à 21:37 :
Absolument. Et que leur régime SPECIAL " autonome " 150 000 "actifs " pour 605 000 retraités, rendent au Régime Général ce qu'il lui rackette au prix de sacrifices pour le seul régime Général, et de ses Retraités ( retraite calculée sur les 25 moins mauvaises années ) Les Régmes Spécizaux volent légalement au Régime Général 8 milliards d'Euros par an : il nous doit facilement à ce jou 150 à 200 milliard d'euros + intérêt du prix de l'argent de ces 40 dernières années de vol du régime général . Qu'ils prennent en interne leurs mesures de redressement de leur régime et empruntent sur 30 ou 100 ans ces 150 à 200 milliards d'euros, pour les rendre au Régime Général, qui les mettra en fonds de réserve inviolable, sous autorité indépendante, Bilan du fonds publié par la cour des comptes chaque semestre et qui assurera les retraites du Régime Général.
Réponse de le 13/11/2015 à 22:09 :
Ces régimes Autonomes Spéciaux nous doivent autour de 350 à 400 milliards d'euros, correspondant, à ce qu'ils pompent depuis 40 ans 1975 au Régime Général, avec les intérêts de chaque année cumulés : 18% en 82 et 2% actuellement. A rendre au Régime Général pour placer en fonds de réserve et de garanties des retraites à venir, Ce fonds devra etre inviolable pour le Régime Généra lVolé , à gérer par La Caisse des Dépots, et Controlé et bilan du fonds publié chaque smestre par la Cour des Comptes. Aux Régimes Spéciaux AUTONOMES de fusionner entre eux, et de prendre EN INTERNE, leur mesure de redressement. Qu'ils empruntent sur 30 ou 150 ans, comme ils veulent, ces 400 milliards d'euros à rendre au Régime Général
a écrit le 13/11/2015 à 7:43 :
Comme Air France, la SNCF disparaitra si on ne bascule pas la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Parlez-en à Nicolas Hulot.

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