Mystère du MH370 : « Les Etats-Unis et la Malaisie détiennent assurément des informations qui nous permettraient d'accéder à la vérité » (Maître Marie Dosé, avocate)
Propos recueillis par Mathieu Viviani
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Si la femme de loi ne « doute pas du travail des enquêteurs français » sur le MH370, elle déplore la lenteur de l'investigation.
ENTRETIEN- A ce jour, la France est le dernier pays à mener une enquête judiciaire sur la disparition il y a dix ans du vol MH370. Avocate de Ghyslain Wattrelos, un Français, dont quatre membres de sa famille étaient à bord du Boeing 777 de Malaysia Airlines, Maître Marie Dosé suit le dossier depuis plusieurs années. Elle accorde à « La Tribune » une interview exclusive, dans laquelle elle dénonce non seulement la lenteur et les lacunes de l'investigation mais aussi « la réticence des Etats-Unis, et tout particulièrement du FBI à participer à la manifestation de la vérité et à répondre à...
... uestions précises ».
Cela fait déjà plusieurs années que Maître Marie Dosé, avocate à la Cour de Paris, défend Ghyslain Wattrelos, dont quatre membres de la famille ont disparu avec le vol MH370. Le fait que ces derniers soient des ressortissants français a déclenché l'ouverture d'une instruction par la justice française, la seule encore en cours aujourd'hui.
Si la femme de loi ne « doute pas du travail des enquêteurs français », elle déplore la lenteur de l'investigation. « Depuis près de deux ans, le dossier n'a pas avancé », constate-t-elle. Avant d'ajouter qu'il est possible que les magistrats instructeurs « donnent des nouveaux éléments dans les prochaines semaines et prochains mois ».
Quoi qu'il en soit, Maître Marie Dosé souligne qu'aujourd'hui, « de nombreuses questions très précises n'ont pas de réponses » : données satellites incomplètes, investigations non effectuées sur certains passagers, doute sur le contrôle de plusieurs voyageurs à l'embarquement, difficultés à obtenir des données de la part de Boeing et des Etats-Unis, etc. Explications dans cette interview exclusive.
LA TRIBUNE - Dix ans après la disparition du MH370, il ne reste qu'une enquête judiciaire en cours, celle de la France. Qu'en attendez-vous globalement ?
MAÎTRE MARIE DOSÉ - Tout, puisqu'il n'en reste plus qu'une. Les juges d'instruction saisis sont d'une grande qualité mais ce dossier, comme beaucoup d'autres, a souffert du départ d'une magistrate particulièrement impliquée pendant des années qui avait une maîtrise parfaite des tenants et aboutissants de cette affaire. De retour à l'instruction à Paris, elle a été désignée en qualité de troisième juge, et c'est un atout.
Quelles sont vos demandes les plus importantes dans l'immédiat ?
Il est difficile de savoir l'importance qu'auront nos interrogations... Par exemple, nous persistons à ne pas comprendre pourquoi les photographies des deux passagers Iraniens publiées dans la presse quelques jours après la disparition ont été « photoshopées » [retouchées via un logiciel, ndlr]. Nous nous interrogeons encore et toujours sur le fait qu'ait été évoquée, au début des investigations, une perte de contact radar à 2h40, puis à 1h30.
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