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Ryanair va lancer un plan de développement important en France

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 19 septembre 2018 à 14:54 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:32

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Au lendemain d'une décision de justice annulant sa condamnation pour travail dissimulé en France, la compagnie va annoncer prochainement l'ouverture de bases d'exploitation dans l'Hexagone. Et ce avec du personnel disposant de contrats français et non irlandais,

Développement de Ryanair en vue dans l'Hexagone. Ce mercredi, au lendemain d'une décision favorable de la Cour de cassation française qui a invalidé la condamnation de la compagnie irlandaise pour travail dissimulé, Ryanair a confirmé dans un communiqué de qu'elle allait « annoncer prochainement des bases d'exploitation en France ». Ces deux annonces n'ont pourtant rien à voir.

Droit français contre droit européen

Pour cause, la création d'une base implique l'emploi de personnels basés localement. En France, la nature des contrats fait débat entre l'application du droit français et celle du droit européen. Publié fin 2006, un décret impose aux compagnies étrangères disposant d'une base dans l'Hexagone d'appliquer le droit de travail français à leurs salariés attachés à cette base, notamment les navigants.

Pour ces derniers, cette notion de base s'applique lorsqu'ils débutent et terminent leur service en France. Chose qu'ils ne peuvent faire que s'ils résident dans l'Hexagone et que, sur le plan opérationnel, si les avions « dorment » à la base.

De son côté, Ryanair a toujours considéré que la règle européenne, et non le décret français, prévalait. Pour elle, les navigants travaillant pour une compagnie dont le siège social est en Irlande et passant principalement leur journée de travail dans des avions immatriculés en Irlande sont considérés comme travaillant principalement en Irlande.

Ryanair veut aller vite

En France, conformément à ce décret de 2006 qui prévalait jusqu'à aujourd'hui, tous les opérateurs disposant d'une base d'exploitation dans l'Hexagone, emploient leurs navigants sous contrat français. Alors même qu'elle pourrait attendre l'issue d'un nouveau procès qui, dans la lignée de la décision favorable prise ce mardi par la Cour de cassation, pourrait lui permettre d'utiliser du personnel sous contrat irlandais en France, Ryanair entend bien néanmoins faire de même et employer des personnels sous contrat français.

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Plusieurs raisons à cela. En agissant ainsi, Ryanair évite tout d'abord d'attendre de longs mois la tenue d'un nouveau procès. La compagnie est en retard en France. Sur 86 bases qu'elle opère en Europe, Ryanair n'en possède aucune en France. Par ailleurs, au regard des mouvements de contestation qu'ils provoquent dans certains pays, la généralisation des contrats irlandais à l'ensemble du personnel de Ryanair a peut-être vécu. D'autant que Surtout, elle n'est pas sûre de gagner en appel. Pour le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), la décision de la Cour de cassation n'augure en rien une décision identique en appel. Au contraire.

« Rien ne s'oppose à une condamnation définitive de Ryanair », explique le président du SNPL, Christophe Tharot

Trente avions d'ici à deux ans

Pour autant, rien ne s'oppose non plus au développement de Ryanair en France si les personnels sont sous contrat français. Il promet d'être important. Le 18 janvier, la compagnie low-cost avait dit envisager baser d'ici à deux ans une trentaine d'avions en France (Easyjet en a 34) afin de doubler son trafic, d'ici à 4 ans, à 20 millions de passagers annuels. Ryanair a tout intérêt à agir ainsi. La création d'une base constitue un fort levier de développement.

Elle permet d'assurer le premier vol du matin au départ d'un aéroport et de pouvoir faire ainsi un aller-retour journée, très demandée par la clientèle affaires, un segment de marché que cible justement aujourd'hui Ryanair. Disposer d'une base d'exploitation apporte évidemment beaucoup plus d'efficacité pour une low-cost qui veut monter en puissance sur un aéroport.

Easyjet en est le meilleur exemple. Depuis l'entrée en vigueur du décret en 2006, la compagnie britannique applique la réglementation française et emploie du personnel sous contrat français. Elle n'a cessé de se développer en France en créant une base à Roissy et à Lyon en (en plus de celle d'Orly ouverte avant le décret), puis Toulouse et Nice. Son modèle focalisé sur les hommes d'affaires lui permet cependant d'augmenter le prix moyen de ses billets.

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Si elle concrétise, l'initiative de Ryanair serait une mauvaise nouvelle pour Air France, Transavia et HOP. Car, même dans un environnement de concurrence qui deviendrait loyale, il y a de fortes chances que Ryanair, au regard de la faiblesse de ses coûts, chamboule le marché. D'autant plus que l'offre de Ryanair en région s'ajouterait à celles d'Easyjet, Vueling ou Volotea qui, déjà, mènent la vie très dure au groupe Air France.

Fabrice Gliszczynski

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