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Pour Air France, la taxe du gouvernement sur les aéroports va profiter à Ryanair

latribune.fr

Publié le 28 septembre 2023 à 10:59 - Mis à jour le 28 septembre 2023 à 13:58

La contribution aéroportuaire globale suite à l'instauration de cette taxe devrait être de l'ordre de 500 millions d'euros sur les quatre prochaines années.

La contribution aéroportuaire globale suite à l'instauration de cette taxe devrait être de l'ordre de 500 millions d'euros sur les quatre prochaines années.

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La taxe portant sur les grands aéroports et les concessions autoroutières prévue dans le projet de budget 2024 pour financer la transition écologique va induire « une nouvelle distorsion de concurrence » qui va « faire du mal » aux compagnies aériennes françaises, a dénoncé Air France ce jeudi. Eiffage, de son côté, a estimé que cet impôt entraînerait pour le groupe une baisse d'« environ 117 millions d'euros » de son résultat opérationnel consolidé.

[Article publié le jeudi 28 septembre 2023 à 12h59 et mis à jour à 15h58] Ryanair, Wizzair, Volotea sont-ils les grands gagnants de la taxe du gouvernement sur les aéroports au nom du climat. C'est le point de vue d'Air France notamment d'Anne Rigail, la directrice générale d'Air France. Sans surprise en effet, l'impôt « sur les infrastructures de transport de longue distance » annoncé mercredi 27 septembre par le gouvernement fait des vagues. Censée être mise en place en 2024, cette taxe cible les grands aéroports et surtout les concessionnaires autoroutiers en raison de leur rentabilité jugée excessive par l'exécutif. Elle devrait rapporter 600 millions d'euros annuels pour financer la transition écologique.

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« Ce sont des infrastructures de transport polluantes, que ce soit la route ou l'aérien », avait déclaré mercredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire en présentant le projet de budget 2024. Or, « le meilleur des financements » pour les investissements « extrêmement élevés » et « impératifs » nécessaires en matière de transition écologique, « c'est de faire en sorte que ceux qui polluent davantage contribuent davantage », avait-il insisté.

Air France dénonce une« distorsion de concurrence »

La contribution aéroportuaire globale devrait être de l'ordre de 500 millions d'euros sur les quatre prochaines années. Et les compagnies aériennes devraient aussi être concernées. Le groupe Aéroports de Paris (ADP) a en effet d'ores et déjà annoncé qu'il prévoyait de « répercuter » progressivement la majorité de cette taxe sur les compagnies aériennes. « Ce n'est pas du tout une bonne nouvelle » pour Air France, a souligné sa directrice générale ce jeudi sur RTL. La compagnie aérienne « paie 3 milliards (d'euros) par an de taxes, d'impôts, de redevances », a mis en avant Anne Rigail. « Quand on entend que le transport aérien n'est pas taxé, ce n'est pas une réalité ».

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Plus globalement, Air France estime que « ce projet introduit des distorsions de concurrence entre les compagnies françaises et les compagnies étrangères comme Ryanair, qui desservent la France depuis des aéroports comme Beauvais et ne subiraient pas les effets de cette taxation », s'est inquiété le groupe dans un communiqué ce jeudi. Sa directrice générale, Anne Rigail, avait déjà tancé un projet de loi ne concernant que « les gros aéroports », sur lesquels « Air France, mais aussi l'ensemble des compagnies françaises opèrent majoritairement », et pas un « aéroport comme Beauvais, sur lequel le low-cost étranger opère ».

« Quand on regarde les niveaux de trafic depuis 15 ans, le poids des compagnies françaises régresse d'année en année. Pour nous, cela induit une nouvelle distorsion de concurrence qui va nous faire du mal »,a insisté la patronne d'Air France.

Dans son communiqué, le groupe « alerte sur l'urgence de mettre en œuvre un environnement concurrentiel équitable pour le secteur aérien français et d'en préserver la compétitivité ». « Il nous paraît logique que les compagnies françaises ne paient pas l'essentiel des taxations françaises », a asséné Anne Rigail.

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Interrogé jeudi lors d'une conférence de presse Clément Beaune a « assumé » la différenciation par chiffre d'affaires. « Il y a effectivement un seuil » et « je pense que c'est plus juste », a-t-il défendu, évoquant des aéroports régionaux avec « moins de moyens financiers ».

« Nous nous félicitons qu'Air France soit aujourd'hui en capacité d'investir massivement », a-t-il ajouté, en référence à la commande par le groupe de 50 avions long-courriers Airbus A350, annoncée lundi.

Facture à 117 millions d'euros pour Eiffage

Du côté des autoroutes, trois concessionnaires sont concernés par cette taxe. À savoir Vinci, Eiffage ainsi que l'Espagnol Abertis, qui détiennent à eux seuls 92% du chiffre d'affaires global et dont les bénéfices ont atteint 3,9 milliards d'euros en 2021, selon l'Agence de régulation des transports (ART). Des « superprofits » pointés du doigt par le gouvernement cet été, mais justifiés par les sociétés d'autoroutes au titre d'investissements pour les années à venir.

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Eiffage est le premier ce jeudi à donner une évaluation des répercussions d'une telle taxe sur ses résultats. Dans un communiqué ce jeudi, il indique estimer à « environ 117 millions d'euros du résultat opérationnel courant consolidé du groupe » l'incidence qu'aurait eue cette taxe « sur les comptes arrêtés au 31 décembre 2022 ».

Le géant français, qui exploite 2.323 km d'autoroutes dans le pays via ses filiales APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) et AREA, a également indiqué avoir « pris note » des avis récents du Conseil d'État, qui avait mis en garde mi-septembre contre le risque juridique « élevé » d'un impôt ciblant uniquement les sociétés d'autoroutes, mais laissant la voie ouverte à une taxation plus générale. « Eiffage s'engage auprès de ses actionnaires à mettre en œuvre toutes les voies de recours et tous les moyens appropriés afin de faire valoir ses droits, notamment quant au respect du contrat » avec l'État, ajoute le communiqué.

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« Chacun est libre de faire un recours », a estimé Clément Beaune. Mais les péages, qui doivent être validés par l'Etat et sont réglés par les contrats de concessions, « évoluent en fonction de l'inflation, mais pas en fonction de cette taxe ». « Ce n'est de fait pas une taxe spécifique », a-t-il dit. « Nous avons pris toutes les précautions nécessaires. »

(Avec AFP)

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