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Par Gaëlle Lucas, à Madrid.
Daniel Pingarrón, stratègiste chez IG Markets à Madrid, répond aux questions de La Tribune sur la réforme du secteur bancaire en Espagne qui impose notamment aux banques de provisionner 50 milliards d'euros sur le risque immobilier.
DR. Daniel Pingarron Salazar, analyste chez IG Markets à Madrid
La réforme financière destinée à assainir une fois pour toutes le bilan des banques espagnoles impose des provisions sur le risque immobilier estimées à 50 milliards d'euros. Les banques doivent s'y soumettre d'ici fin 2012, à moins qu'elles se fusionnent entre elles, auquel cas, elles auront un an de plus pour faire les dotations nécessaires. Daniel Pingarrón, stratègiste chez IG Markets à Madrid, commente cette réforme pour La Tribune.
La Tribune : La réforme mettra-t-elle un terme à la restructuration du secteur financier espagnol entamée en 2009?
Daniel Pingarrón : Oui. La réforme va atteindre son objectif principal qui est de faire exploser une fois pour toutes la bulle immobilière qui s'est formée depuis 2003. Les prix n'ont baissé qu'entre 15% et 20% depuis 2007, ce qui est insuffisant. Les banques refusaient jusqu'à présent de reconnaître la baisse de valeur réelle des immeubles. Les provisions imposées de 80% pour le sol, 65% pour les promotions en cours et 35% pour le logement replaceront l'immobilier à un juste prix de marché qui permettra que se rencontrent l'offre et la demande.
- Les trois premières banques espagnoles affirment qu'elles peuvent assumer les conséquences de la réforme. Quels établissements seront les plus durement touchés par le texte ?
Toutes les entités espagnoles seront durement affectées par la norme, mises à part les trois plus grandes, Santander, BBVA et Caixabank, et Bankinter, qui est restée en marge de l'engouement pour l'immobilier dans les années 2000. L'idée de la réforme est que les entités les plus faibles bénéficient de la solvabilité des plus grosses en fomentant les absorptions. Mais il est pratiquement certain que des faillites auront lieu. Dans ce cas, si aucune banque ne se porte acquéreur, le FROB (Fonds public destiné à la restructuration du secteur, ndr) s'en emparera, comme pour la CAM.
- Quelles solutions pour les entités les plus exposées à l'immobilier, comme Bankia ?
C'est le cas le plus préoccupant, car il s'agit de la quatrième banque d'Espagne. Le bon sens voudrait que Bankia soit rachetée par une autre banque comme Caixabank. Le problème, c'est que Rodrigo Rato (président de Bankia, ndr) y est réticent. Il préfèrerait acquérir un petit établissement, comme Unnim (saisie par la Banque d'Espagne et actuellement en vente), ce qui lui permettrait de recevoir des aides du FROB. Il n'est pas sûr que le Gouvernement accepte cette solution.
- Combien d'établissements financiers restera-t-il au terme de la restructuration ? Certains analystes parlent d'une dizaine...
C'est le scénario idéal. Mon idée est que les dirigeants des banques vont empêcher que le processus mène à une telle concentration du secteur, comme dans le cas déjà cité de Bankia : Rodrigo Rato ne veut pas d'une fusion avec CaixaBank parce qu'il passerait de numéro un à numéro deux de l'établissement. Mais il y aura tout de même beaucoup de fusions.
- Les nouvelles exigences gouvernementales sont-elles suffisantes pour relancer le crédit ?
Pas à court terme. En 2012, les banques vont consacrer la plus grande partie de leur capital et de leurs actifs à leur assainissement du fait de la réforme. Et les plus grands devront aussi faire face aux exigences de capital de l'Autorité bancaire européenne (EBA). Il ne leur restera pas beaucoup d'argent pour alimenter le crédit, dont la demande reste faible, du reste. D'ici un an et demi, l'effet positif de la réforme sur le crédit devrait se faire sentir.
Rico a écrit le 08/02/2012 à 18:26 :
Peut on envisager une mesure de ce genre en France ?
Generation Post 80 a répondu le 11/02/2012 à 19:39:
Non, pour des raisons de structure. Mais cette article montre que un peu partout, la détention massive d'actifs par un trop faible nombre d'acteurs biaisent littéralement le marché. Il n'y a plus de réelle économie de marché dans l'immobilier depuis 12 ans. Mais cette anomalie va perdurer, la rationalité et la justice n'étant pas la préoccupation de nos politiques...
50 + 133 = 183 ? a écrit le 08/02/2012 à 16:12 :
Ce besoin de 50 Mds était-il compris dans les estimations de 133 Mds pour l'ensemble des banques européennes qui ont été faites l'été dernier (de mémoire) ?
frag75 a écrit le 08/02/2012 à 12:46 :
Ma vision des choses : Les banques refusent de solder leurs positions, elles ont des immeubles surestimés dans leurs actifs. Ainsi si elles ne vendent pas, elles ne provisionnent pas de pertes ça peut durer très longtemps. On peut avoir ainsi des milliers de bien inoccupés. Cela fausse le marché, cette situation est 'pourrie'. Plus on attend, plus les banques se bloquent, plus dure sera la chute. Si on force les banques à provisionner un montant important en fonction du prix surestimé du bien, elles vont vendre, cela coute trop chère de le garder en stock. Le prix du marché immobilier reviendra à sa juste valeur. Les taux appliqués donne une idée de la bulle. Bref il ne faut pas acheter en ce moment en Espagne ?.
Alan JOHN a répondu le 08/02/2012 à 21:54:
Merci, Frag75
Alan John a écrit le 08/02/2012 à 10:07 :
Je ne suis pas un specialist et ne comprends pas pourquoi le fait d'obliger les banques a augmenter leurs provisions ferait baisser le prix de l'immobilier. Quelqu'un peut il m'expliquer ? Merci d'avance.
gaeye a répondu le 08/02/2012 à 12:54:
comme les banques ont un énorme portefeuille d'actifs immobiliers qu'elles refusent d'écouler sur le marché pour éviter de devoir assumer les pertes induites par la perte de valeur de ces actifs, le fait de les obliger à provisionner est une façon de reconnaître de facto une perte de valeur.
gaeye a répondu le 08/02/2012 à 12:59:
Les banques espagnoles ont un énorme portefeuille d'actifs immobiliers qu'elles refusent de mettre sur le marché pour ne pas avoir à reconnaître les pertes induites par la perte de valeur de ces actifs (due à la crise immo). Les obliger à provisionner le risque immo, c'est les forcer à reconnaître cette perte de valeur. Elles n'ont donc plus vraiment de raison de garder ces actifs à leur bilan. Elles les remttent sur le marché à moindre prix (à hauteur du risque provisionné) pour écouler leur stock ce qui a un impact sur l'ensemble du marché.
Alan John a répondu le 08/02/2012 à 21:52:
Merci Gaeye
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Non, pour des raisons de structure. Mais cette article montre que un peu partout, la détention massive d'actifs par un trop faible nombre d'acteurs biaisent littéralement le marché. Il n'y a plus de réelle économie de marché dans...
par Generation Post 80 le 11/02/2012 à 19:39
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fab a écrit le 11/02/2012 à 19:23 :
de toutes les manieres avec un chomage a 23%, il y a peu de chance que la demande en pret revienne tout de suite. Meme avant 2008 beaucoup de personnes disaient que des quartiers entiers sans locataires etaient en construction, tout ceci etait immanquable, comment le gouvernement espagnol et l'Europe n'ont pas vu venir les difficultes? Les prix sont toujours beaucoup trop haut, ils vont devoir descendre et beaucoup de banques et proprietaire devront accepter des pertes