Crédit Agricole résiste largement aux taux bas et voit son bénéfice s’envoler

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Le siège de Crédit Agricole à Montrouge (Hauts-de-Seine 92)
Le siège de Crédit Agricole à Montrouge (Hauts-de-Seine 92) (Crédits : Xavier Isaac)
Crédit Agricole SA, l'entité cotée du groupe bancaire, enregistre un bénéfice net part du groupe de 1,22 milliard d'euros en hausse de 8,2% au troisième trimestre 2019. Le produit net bancaire grimpe également de près de 5% sur cette période. Au cours des neuf premiers mois de l'année, la banque a séduit 210.000 nouveaux clients en France et en Italie.

Après BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Natixis, c'est au tour de Crédit Agricole de dévoiler, ce vendredi 8 novembre, ses résultats du troisième trimestre 2019. Et, Crédit Agricole SA (CASA), le véhicule coté du groupe au logo vert, clôt cette saison de publications trimestrielles avec des résultats en nette progression malgré un environnement de taux durablement bas qui rognent la rentabilité des établissements financiers. Sur la période, CASA a ainsi réalisé un bénéfice net part du groupe de 1,22 milliard d'euros, en hausse de 8,2%. À la fin du mois de septembre 2019, CASA affichait une rentabilité sur capitaux propres tangibles (ROTE) de 11,3%.

"C'est la plus belle performance en termes de rentabilité de toutes les sociétés financières cotées", s'est félicité Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole, lors d'une conférence de presse.

"Le premier semestre avait été marqué par un petit recul de notre rentabilité par rapport à la même période l'année dernière, essentiellement pour des raisons d'effets de base", a rappelé, pour sa part, Jérôme Grivet, DG adjoint de Crédit Agricole SA en charge du pôle finances. "[...] En un trimestre de résultats tout à fait satisfaisants, avec la contribution positive de tous nos métiers, nous avons absorbé ce petit retard. Toutes les entités de Crédit agricole SA contribuent à l'amélioration globale de la profitabilité", a-t-il ajouté, pointant la dimension très équilibrée des résultats.

Ce rattrapage n'a toutefois pas convaincu les investisseurs. A l'ouverture de la Bourse, ce vendredi 8 novembre, le cours de l'action Crédit Agricole chutait de 3%.

Croissance et solidité financière

De son côté, le produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires, lui aussi, enregistre une belle performance et progresse de 4,9% pour s'établir à 5,07 milliards d'euros. Il est soutenu par la croissance de toutes ses activités : de l'épargne retraite et l'assurance dommage à la gestion d'actifs et la banque de détail, en passant par la banque de financement et d'investissement, où les revenus ont enregistré une hausse de près de 22%, soit le meilleur troisième trimestre depuis 2016. La banque verte se targue, par ailleurs, d'un "bel effet de ciseaux positif" avec des revenus qui croissent plus vite (+4,9%) que les charges (+1,5%) malgré des investissements de développement dans le pôle gestion d'épargne et assurance.

Elle rappelle, en outre, que le coût du risque de crédit se maintient à des niveaux très bas, bien qu'il augmente légèrement dans l'activité de marché. L'établissement préfère toutefois évoquer une "normalisation"Crédit agricole Corporate and Investment Bank (CACIB) ayant présenté des coûts de risque négatifs pendant plusieurs trimestres.

Enfin, concernant la solvabilité, le ratio de fonds propres durs, constitué de réserves de capital proportionnelles aux crédits consentis, ressort à 11,7%, contre un minimum de 8,5% requis par la Banque centrale européenne (BCE). "Nous sommes sensiblement au-dessus de notre objectif de solvabilité de 11% défini dans le cadre de notre plan à moyen terme pour le véhicule coté du groupe Crédit Agricole", a commenté Philippe Brassac. Compte tenu de ce bon niveau de solvabilité, la banque confirme sa volonté de débloquer dès le début de l'année 2020 le mécanisme de garanties existant entre les caisses régionales et l'entité cotée baptisé Switch.

Quelque 210.000 nouveaux clients en neuf mois

Sur le plan commercial, là aussi les indicateurs sont au vert. En banque de détail, le groupe indique avoir conquis un total de 210.000 nouveaux clients sur les neuf premiers mois de l'année en France et en Italie. "C'est une très belle performance qui fait partie de nos plus hauts historiques", a relevé le directeur général du groupe bancaire. Dans les détails, cette conquête nette se décompose de 156.00 nouveaux clients dans les caisses régionales, 40.000 au LCL et 20.000 au Crédit Agricole Italia.

Dans un contexte de taux négatifs, le groupe a déclaré ne pas envisager les répercuter sur les dépôts des clients.

"Nous ne pratiquons pas les taux négatifs sur les dépôts de nos clients et nous ne projetons pas de le faire", a insisté Philippe Brassac.

En revanche, pour les épargnants, le patron du groupe bancaire a estimé que "nous rentrons dans une phase où il n'y a plus de rémunération sans risque". Predica, la filiale assurance-vie de Crédit Agricole Assurances, a ainsi décidé de charger davantage (2,5%) les épargnants souhaitant placer des sommes supérieures à 100.000 euros sur un contrat d'assurance vie sans souscrire à des unités de compte (UC). La même filiale anticipe un baisse de la rémunération du fonds euros, mais la décision définitive ne sera prise qu'en fin d'année.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2019 à 8:59 :
Vu que l'Etat donne de l'argent aux banques pour leur prêter comment pourraient elles faire pour perdre du fric ? Ils sont pas évolués mais quand même !
Réponse de le 08/11/2019 à 10:20 :
L'état ne donne pas d'argent aux banques pour prêter, elles se refinancent auprès de la BCE à taux 0. En revanche elles subissent bien les taux négatifs (-0.5%) de la même BCE sur une partie de leurs dépôts quand elles ont un excès de liquidité à placer.
Réponse de le 08/11/2019 à 15:25 :
@ jiiib

Donc la BCE, qui est de l'argent public, ne prête pas à des taux d'intérêts négatifs aux banques privées, jamais ? Pourtant les emprunts à taux longs sont descendus à -0,70% pour l’Allemagne. C'est donc une règle que les banques centrales ne puissent pas prêter à des taux négatifs ?

Et l'argent qu'empruntent les banques à la BCE est prêté aux états à des taux négatifs lui donc, mais en fait c'est tout bon pour les finances publiques ces taux d'intérêts négatifs ? Dommage que nous n'ayons plus de décideurs politiques !

Merci beaucoup.

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