La néobanque Chime boucle une levée record de 500 millions de dollars

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(Crédits : Chime)
L’entreprise californienne, qui revendique 6,5 millions d’utilisateurs, vient de boucler le plus gros tour de table réalisé par une néobanque, détrônant la brésilienne Nubank et sa levée de 400 millions de dollars. Avec cette opération, sa valorisation grimpe à 5,8 milliards de dollars contre 1,5 milliard en début d’année.

L'argent continue de couler à flots chez les plus grosses néobanques. L'entreprise californienne Chime, vient de finaliser un nouveau tour de table de 500 millions de dollars, rapporte le média américain CNBC.

Avec ce tour de table XXL, mené par le fonds DST Global du milliardaire russo-israélien Yuri Milner, Chime enregistre la plus grosse levée de fonds réalisée par une banque mobile, selon les données compilées par le cabinet spécialisé CB Insights. La startup de San Francisco coiffe ainsi la néobanque brésilienne Nubank, qui a levé 400 millions de dollars en juillet dernier, faisant d'elle la plus grande licorne d'Amérique Latine, avec une valorisation supérieure à 10 milliards de dollars.

Une valorisation multipliée par quatre

L'Américaine affiche une valorisation proche de 5,8 milliards de dollars, selon une source proche du dossier citée par CNBC, sensiblement inférieure à celle de Nubank. C'est toutefois près de quatre fois plus qu'il y a neuf mois, lors de la précédente levée de fonds de Chime de 200 millions de dollars, la valorisant 1,5 milliard de dollars.

Comme de nombreuses néobanques, la startup californienne née en 2013 a fait le choix de la gratuité. Elle propose ainsi un compte courant et une carte de débit gratuite et se rémunère grâce aux commissions interbancaires. A cela s'ajoute une fonctionnalité (optionnelle) d'épargne automatique, qui permet à l'utilisateur de mettre un peu d'argent de côté à chaque paiement avec la carte (à l'arrondi au dollar supérieur) ou à chaque virement de son salaire (10% par défaut).

Croissance exponentielle et concurrence accrue

Dans sa communication, la banque mobile met en avant la transparence : "pas de frais mensuels, pas de frais cachés, pas de frais de transaction à l'étranger, pas de découvert possible, pas de solde minimum requis", peut-on lire sur son site. Chime propose également à ses clients, payés par chèque, de toucher leur salaire de manière anticipée en le versant sur leur compte dès lors qu'elle est notifiée par la Fed du montant en question. Une formule qui semble séduire les clients non satisfaits des banques traditionnelles. Chime, qui ne détient pas de licence bancaire mais opère en partenariat avec Bancorp sous marque blanche, affiche une croissance exponentielle. Elle revendique aujourd'hui 6,5 millions de clients, contre 1 million l'année dernière.

Grâce à cette levée de fonds, la néobanque entend doubler la taille de ses effectifs. Cet argent frais lui permettra également de réaliser de nouveaux investissements à l'heure où la compétition sur le marché américain s'intensifie avec le développement d'autres Fintech locales, comme Varo et Current, l'arrivée d'entreprises européennes comme N26, Revolut ou encore Monzo, mais aussi la menace de plus en plus pressante des géants de la tech. Après Apple et sa carte en partenariat avec Goldman Sachs, Google a récemment annoncé le lancement d'un compte courant en 2020 avec la banque Citigroup, tandis que le géant des VTC Uber a officialisé la création d'une division dédiée aux services financiers.

La rentabilité au second plan

Ce nouveau tour de table d'ampleur s'inscrit par ailleurs dans une tendance de fond. Selon le décompte de CB Insights, les levées de fonds des néobanques ont atteint des sommets au début de l'année 2019 : près de 2,5 milliards de dollars au cours des sept premiers mois de l'année, soit plus que les 2,25 milliards de dollars levés sur la totalité de l'année 2018. D'après le cabinet, ces nouveaux entrants ont aussi ouvert plus de 30 millions de comptes bancaires en cumulé.

Pour se faire connaître auprès du plus grand nombre, les néobanques sont contraintes d'investir des sommes colossales dans le marketing. Des dépenses forcées, qui expliquent les méga-levées de fonds du secteur mais soulèvent la question de leur rentabilité et donc de leur viabilité. Chime, qui n'est pas encore rentable, devrait générer 300 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2019.

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