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Après le choc sur les marchés cryptos, la Banque centrale américaine veut siffler la fin de la récréation

latribune.fr

Publié le 27 mai 2022 à 09:59 - Mis à jour le 27 mai 2022 à 10:05

La centrafrique adopte le bitcoin comme devise officielle

Photo d'illustration

DADO RUVIC

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Alors que la notoriété et l'adoption des cryptomonnaies progressent partout dans le monde, la Réserve fédérale veut accélérer sur la régulation de ces actifs qui viennent de subir un krach sur les marchés. Au Salvador, pays qui a adopté le bitcoin comme monnaie légale, les conséquences de cette dégringolade se font déjà ressentir. D'autres veulent au contraire profiter de la décrue.

Après la Banque centrale européenne (BCE) et Christine Lagarde, la banque de France comparant le phénomène bitcoin à la "tulipomanie", c'est au tour de la Réserve fédérale américaine (Fed) de mettre en garde contre les cryptomonnaies. Et de s'appuyer sur le krach marquant de ce mois d'avril pour justifier sa mise en garde : "ces événements montrent la nécessité de garde-fous réglementaires clairs", a prévenu Lael Brainard, la nouvelle vice-présidente de la banque centrale américaine.

Alors que les cryptomonnaies gagnent toujours plus en notoriété, auprès de diverses catégories d'investisseurs, jusqu'au fonds institutionnels, les crypto-actifs ont subit un krach inédit à la suite d'un mouvement algorithmique sur un stablecoin. Le marché de ces actifs décentraliés, sur lequel la BCE a identifié 16.000 cryptos, a perdu plus de la moitié de sa valeur, passant de 3.000 milliards de dollars de valorisation à 1.400 milliards - en seulement en six mois.

Depuis, le bitcoin ne parvient toujours pas à remonter la pente et à passer un pallier, aux alentours des 29.000 dollars vendredi, soit une chute de plus de 25% en un mois selon le site Bitstamp. Depuis le record à 66.000 dollars, la chute est de 57%.

Conséquences au Salvador

Cette décrue inédite, alors que le bitcoin n'est pourtant jamais retombé sur sa valeur de départ, a des conséquences pour certains Etats qui ont - ou vont - légaliser le bitcoin comme monnaie officielle. Au Salvador, la loi oblige toujours les commerçants à accepter le bitcoin comme monnaie de paiement, mais désormais la cryptomonnaie leur brûle les doigts et la plupart se précipitent pour la changer en dollars, moins risqué.

La dégringolade de la cryptomonnaie tombe mal : la négociation avec le FMI d'un prêt de 1,3 milliard de dollars s'enlise pour le Salvador, dont la dette publique est d'environ 90% du PIB. Là-bas, seulement 23% de la population dispose d'un compte bancaire.

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Mais le président Bukele a annoncé profiter de la chute du bitcoin pour en acheter 500 qui sont allés grossir les réserves en cryptomonnaie du pays, désormais à 2.301 bitcoins valant actuellement chacun environ 30.000 dollars.

Les autorités centrales, qui avaient prévenu de ces risques, ne sont donc pas avares en critiques : "les mesures que nous prenons maintenant, que ce soit sur le cadre réglementaire ou sur un dollar numérique, devront être robustes pour l'évolution future du système financier", a renchéri Lael Brainard.

La régulation se durcit... même au Portugal

La tendance à la régulation se vérifie d'ailleurs partout. Le Portugal a l'intention de combler le vide légal qui empêche l'imposition des actifs virtuels et l'a rendu particulièrement attractif pour les investisseurs en cryptomonnaies, a indiqué jeudi le ministre portugais des Finances.

"Le gouvernement a l'intention de légiférer sur cette matière, nous n'allons pas maintenir ce vide", a déclaré Fernando Medina lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Lisbonne.

Le gouvernement souhaite présenter "le plus rapidement possible" un nouveau cadre légal qui veille à garder l'équilibre entre "équité" fiscale et "compétitivité" internationale du pays, a ajouté le ministre.

Le Portugal est actuellement l'un des rares pays en Europe où les transactions en cryptomonnaies ne sont pas "imposables" car elles ne sont pas considérées comme des devises ou des actifs financiers, selon un avis rendu par l'administration fiscale en 2016 et toujours en vigueur.

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Privilégier les monnaies numériques des Etats

Dans le même temps, Washington réfléchit à la création d'un dollar numérique. Le président Joe Biden a demandé en mars au département du Trésor - équivalent du ministère de l'Economie et des Finances - de lui remettre sous six mois un rapport sur "le futur de la monnaie".

La Fed, qui y réfléchit depuis plusieurs années et avait publié en janvier un rapport, première étape d'une consultation publique, est de son côté chargée d'étudier les étapes qu'il faudrait mettre en place.

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"Aucune décision n'a été prise quant à savoir si une monnaie numérique de la banque centrale américaine (CBDC) fera partie de cet avenir", a précisé Lael Brainard. Et de conclure : "il est important que les États-Unis jouent un rôle de premier plan dans l'élaboration de normes régissant les transactions financières numériques internationales impliquant des (monnaies numériques de banques centrales)".

(Avec AFP)

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