Mipise, la startup méconnue du financement participatif, appuie sur l’accélérateur

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Mipise a développé une soixantaine de plateformes pour ses clients.
Mipise a développé une soixantaine de plateformes pour ses clients. (Crédits : Mipise)
La Fintech parisienne a développé, en marque blanche, une soixantaine de plateformes de crowdfunding. Elle vient de lever 1,3 million d'euros pour accélérer sa diversification et son développement à l'international.

Quand on vous dit plateformes de financement participatif, vous pensez sans doute aux incontournables KissKissBankBank et Ulule, voire à Wiseed, October ou encore Enerfip, spécialisées dans le financement des entreprises ou les projets de développement durable. Mais certainement pas à Mipise. Et pour cause. Cette startup parisienne, créée en 2013 par Michel Ivanovsky, un ancien banquier ayant fait carrière au sein du groupe BPCE, a choisi de se développer sur le modèle de la marque blanche, en développant des plateformes de crowdfunding pour le compte d'autres entreprises, sans que son nom apparaisse aux yeux des utilisateurs.

« Nous proposons une offre technologique couplée à une expertise du monde bancaire », explique cet entrepreneur de 54 ans. Mipise travaille pour des pure players positionnés sur des marchés de niche, comme la plateforme Credofunding qui s'adresse à la communauté chrétienne, à des institutionnels, comme le département de la Manche et la banque éthique La Nef, ou pour des grands groupes, comme Les Mousquetaires ou le Club Med, pour qui elle développe aussi des sites de crowdsourcing, permettant de collecter non pas des fonds, mais des idées.

Environ soixante plateformes

Au total, Mipise comptabilise une soixantaine de plateformes clientes qui cumulent près de 200.000 utilisateurs et qui ont collecté 55 millions d'euros. Aucun grand acteur du crowdfunding ne figure toutefois dans son portefeuille client. « Ce sont des plateformes qui se sont développées à peu près au même moment que nous et qui ont toute bâti leur propre infrastructure », explique l'entrepreneur.

En 2018, Mipise a enregistré un chiffre d'affaires de 480.000 euros. Elle tire ses revenus des abonnements et des commissions prélevées sur les montants récoltés.

« Ce n'est pas beaucoup, mais nous avons l'intention de multiplier par 10 notre chiffre d'affaires dans les quatre prochaines années, en nous diversifiant et en passant le cap de l'international », explique Michel Ivanovsky.

Diversification et développement international

Pour passer la vitesse supérieure, la Fintech, qui emploie 12 salariés et bientôt une vingtaine, vient de finaliser une première levée de fonds de 1,3 million d'euros, dont 530.000 euros collectés via la plateforme de crowdfunding Edulis, elle-même cliente de Mipise. « C'était important pour notre légitimité de recourir dans un premier temps au financement participatif », commente le cofondateur. Le reste de la levée de fonds s'est effectué auprès de business angels du réseau Investessor, de son fonds Sibessor 2, de la BPI et du Fonds européen d'investissement.

Mipise entend utiliser cet argent frais pour s'attaquer à d'autres pays européens et diversifier son activité à l'heure où le marché du crowdfunding français entre dans une phase de mutations et de consolidation.

« D'ici quatre ans, nous prévoyons que 50% de notre chiffre d'affaires soit réalisé dans le crowdfunding, 50% dans les activités de gestion d'actifs et que 25% de nos revenus soient réalisés à l'international », précise Michel Ivanovsky.

Mipise, quant à elle, a capitalisé sur son expérience dans le financement participatif pour développer des outils numériques à destination des sociétés de gestion afin de digitaliser la souscription et la communication auprès de leurs clients investisseurs. En parallèle, la Fintech a créé un outil basé sur la Blockchain Ethereum pour dématérialiser la tenue de registre des titres non cotés. « C'est une brique que nous allons proposer aux sociétés de gestion, mais qui pourrait aussi intéresser des cabinets d'experts comptables », précise le dirigeant de Mipise, qui utilise désormais cet outil pour tenir son propre registre d'actionnaires.

Cette diversification, la startup concurrente Capsens, elle aussi, l'a adoptée. Initialement positionnée sur le développement de plateformes de crowdfunding en marque blanche, elle se présente désormais comme une agence digitale de solutions « Fintech ». Sur son site, elle propose des services autour de la banque de détail, de l'assurance, de la vie coopérative ou encore de la simulation de portefeuille.

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