Connues depuis plus d’un demi-siècle mais peu répandues, les pompes à chaleur à l’eau de mer regagnent du galon à la faveur du réchauffement des eaux de surface et des évolutions technologiques. Grâce au soutien de l’Union Européenne, cinq sites pilotes seront bientôt équipés d’installations de nouvelle génération dont un en France, sur la côte normande.Dans les années 60, Monaco avait été l'une des premières collectivités au monde à s'équiper d'une pompe à chaleur (PAC) à l'eau de mer. Le modèle y a prospéré depuis. En soixante ans, la principauté a déployé plus de 80 PAC sur son littoral pour chauffer ici un musée, là un centre des congrès ailleurs encore une piscine. Malgré les bons résultats revendiqués par les autorités locales, le rocher a été peu suivi. Seules quelques villes françaises ont adopté cette technologie. C'est le cas de Cherbourg.... qui vient d'ailleurs de décider de l'abandonner après une décennie de bons et loyaux services au profit d'une chaudière au bois plus capacitaire, nous apprend Ouest-France. Trop chères, pas assez matures.... Les PAC marines sont longtemps restées l'affaire d'un petit noyau de convaincus.
Mais les cartes pourraient bien être rebattues. En cause, le réchauffement des masses d'eau de surface (bord de mer, rivières, lacs...) mais aussi les gains de performances et de robustesse des échangeurs de chaleur. Les deux phénomènes combinés relancent l'intérêt pour cette solution, y compris dans les pays les plus au Nord. Les néerlandais, par exemple, lui accordent beaucoup de crédit. Il faut dire que des recherches ont montré qu'elle pourrait fournir jusqu'à la moitié des besoins en chauffage du patrimoine bâti des Pays-Bas.
Cinq démonstrateurs sur le Vieux continent
Généreusement soutenu par Bruxelles dans le cadre de la transition verte, le projet européen Waterwarmth* matérialise ce nouvel engouement pour l'aquathermie marine. Doté de 8 millions d'euros dont un peu moins de 5 apportés par l'UE, il est porté par une grosse vingtaine de partenaires académiques, institutionnels et économiques issus de six pays : France, Pays-Bas, Belgique, Danemark, Suède et Allemagne. Son but : « développer une technologie d'extraction d'énergie basée sur des pompes à chaleur de nouvelle génération ». Lesquelles doivent permettre d'exploiter le potentiel énergétique des masses d'eau de surface pour le chauffage ou le refroidissement de bâtiments.