La France s'est offert une nouvelle assurance-vie... Le M51.3, la nouvelle version du missile balistique français M51, est plus qu'une nouvelle version. « C'est vraiment un nouveau missile en termes de capacités », explique dans un entretien accordé à La Tribune le patron des activités défense d'ArianeGroup, dont le nom ne peut pas être cité pour des raisons de sécurité. Emporté sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), le nouveau missile nucléaire stratégique à têtes multiples, doté d'une portée intercontinentale (10.000 km), dispose notamment d'un nouveau dernier étage avec des capacités de manœuvrabilité innovantes dans l'espace. Ce qui lui permettra en principe de mieux pénétrer les défenses antimissiles. « On fait vraiment un step avec le M51.3 en termes de performances », souligne-t-il. « Le M51 est un concentré de technologies alliant puissance, précision et fiabilité », a-t-il par ailleurs posté sur le réseau Linkedin.
Tiré pour la première fois samedi sans charge nucléaire, le M51.3 bénéficie d'ailleurs d'une « nouvelle charge utile qui comprend une évolution des têtes du CEA et puis les gadgets qui vont avec », observe le patron des activités défense d'ArianeGroup, qui restera extrêmement discret sur toutes ces nouveautés opérationnelles et les gadgets. Seule concession, le M51.3 sera significativement plus performant en termes de capacités d'emport (charge utile). Il ira également plus loin en améliorant sa précision par rapport au M51.2. Pour l'état-major des armées, le glaive doit toujours l'emporter sur le bouclier (défense antimissile balistique). En tout cas potentiellement. Dans un contexte international très évolutif, la dissuasion ne fonctionne que si elle demeure crédible dans toutes ses dimensions, y compris technologiques.