Emirates achète 36 Airbus A380 et donne 10 ans de vie au super-jumbo

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Alors que la direction d'Airbus avait évoqué un arrêt du programme de son très gros-porteur si les négociations avec Emirates sur une nouvelle commande échouaient, la compagnie du Golfe a signé ce jeudi un protocole d'accord portant sur une commande de 36 appareils supplémentaires, dont 10 en option. Combinée à une baisse des cadences de production, ce contrat garantit plus de 10 ans de production à Emirates. Un temps précieux qui permettra à Airbus d'envisager le lancement d'une remotorisation de l'appareil à partir du milieu de la prochaine décennie qui pourrait séduire de nouvelles compagnies.

Emirates sauve une nouvelle fois l'A380. Alors que la direction d'Airbus avait évoqué un arrêt du programme de son très gros-porteur si les négociations avec Emirates sur une nouvelle commande échouaient, la compagnie du Golfe a signé ce jeudi un protocole d'accord portant sur une commande de 36 appareils supplémentaires, dont 10 en option. Le choix du motoriste et la possibilité d'inclure dans la commande des A380Plus, une version présentée en juin dernier qui sans aller jusqu'à une remotorisation, permet d'améliorer les performances de l'avion.

Près de 180 appareils A380 pour Emirates

L'annonce de cette commande montre qu'Emirates ne pouvait se permettre un arrêt du programme. L'A380 est en effet au cœur de sa stratégie et la compagnie du Golfe. A tel point que la compagnie aurait probablement eu plus à perdre qu'Airbus d'un arrêt du programme. Avec 162 commandes d'A380 (178 avec les options), Emirates détient désormais près de 50% des commandes enregistrées depuis le lancement de l'avion en 2000.

Il s'agit donc d'une bonne nouvelle pour Airbus qui va pouvoir regonfler son carnet de commandes qui s'est réduit comme peau de chagrin en raison de l'absence de ventes depuis plusieurs années. Avec cette commande, il s'élève officiellement à 115 appareils, même si en réalité, à l'exception de la soixantaine d'avions d'Emirates, les autres commandes ont peu ou pas de chance d'être honorées, soit parce que le client a déjà indiqué qu'il ne les prendrait pas soit parce qu'il apparaît fragile financièrement. A tel point que certains affirment que le carnet de commandes réel se résume peu ou prou aux seuls avions d'Emirates.

Baisse des cadences de production

Pour autant, avec la baisse des cadences de production prévues au cours des prochaines années, Airbus s'assure environ 10 ans de production. Après avoir livré 15 A380 l'an dernier, l'avionneur européen prévoit d'en construire 12 en 2018, 8 en 2019 et devrait descendre à 6 à partir de 2020, un niveau qui lui permet encore, selon Fabrice Brégier, le Président d'Airbus Commercial Aircraft, de fabriquer l'avion de manière industrielle (ce dont beaucoup doutent). Ce niveau devrait être maintenu au cours des prochaines années. Il constitue un socle qui sécurise pendant 10 ans la production réservée à Emirates, dont la direction demandait une telle garantie sur le maintien du programme.

Il est évident que la compagnie de Dubaï voulait non seulement être sûre de prendre livraison des appareils commandés mais aussi que la valeur résiduelle des exemplaires qui pourraient commencer à sortir dès l'année prochaine ne soit réduite à néant par un arrêt précipité du programme. Selon des analystes en effet, Emirates amortit ses A380 sur 10 ans. Dès cette année, le premier appareil reçu (en 2008) pourrait potentiellement être cédé sur le marché de l'occasion. D'ici à 2020, il y en aura neuf de plus. D'ici à 2024, 40 appareils supplémentaires seront concernés.

"Je suis personnellement convaincu que d'autres commandes suivront l'exemple d'Emirates et que cet excellent avion continuera à être construit au cours de la décennie 2030, déclare le PDG de la compagnie, Cheikh Ahmed ben Saïd Al Maktoum, cité dans le communiqué.

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(Un graphique de notre partenaire Statista)

Un A380 remotorisé est envisageable d'ici à 10 ans

Avec cette nouvelle commande d'Emirates, Airbus dispose désormais d'un carnet de commandes lui permettant de produire l'avion jusqu'au jour où de nouvelles technologies de moteurs émergeront (à partir de la moitié de la prochaine décennie) et permettront d'envisager une remotorisation de l'appareil, voire son allongement pour baisser les coûts au siège.

Une telle amélioration de la performance de l'A380 pourrait non seulement permettre à Airbus d'avoir une solution pour le renouvellement de la flotte d'A380 classiques d'Emirates ou d'autres clients actuels, mais aussi de séduire de nouvelles compagnies. A ce moment-là en effet, certains facteurs qui avaient justifié le lancement du programme en 2000 mais qui n'ont pas vu le jour, comme la sous-capacité aéroportuaire, auront une acuité plus prononcée, notamment en Chine. En revanche, d'autres éléments qui ont quant à eux contribué à l'échec commercial de l'appareil européen jusqu'à présent, seront également plus prononcés. Notamment la concurrence des gros biréacteurs de près de 400 sièges ou plus comme le B777 9X qui verra le jour à partir de 2020 ou l'A350-1000 (350 sièges) qui va entrer en service prochainement, voire des versions encore plus longues de ces deux appareils aujourd'hui à l'étude chez les deux constructeurs.

Lire ici l'analyse : le plan en deux temps pour l'A380 passe par le maintien des moteurs Rolls Royce chez Emirates

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Commentaires
a écrit le 20/01/2018 à 9:50 :
On a beaucoup cité la valeur de la commande au prix catalogue. A savoir combien d'escompte ( ou équivalent ) Airbus a du concéder pour arracher le marché.
a écrit le 19/01/2018 à 23:01 :
beau strike ! L'avenir reste ouvert et c'est là l'essentiel . Bravo .
a écrit le 19/01/2018 à 11:53 :
F Brégier peut quitter Airbus avec la tête haute après cet ultime contrat de 1ère grandeur!! Reste à voir ce que deviendra ce groupe ensuite après le vide radical dans les équipes opéré par Mr Enders..,
a écrit le 19/01/2018 à 7:10 :
"ce contrat garantit plus de 10 ans de production à Emirates." ??
a écrit le 19/01/2018 à 2:27 :
Emirates à t'elle obtenu les slots qu'elle réclame tant à la France en contrepartie aussi ?
a écrit le 18/01/2018 à 22:37 :
16 en option, pas 10
a écrit le 18/01/2018 à 19:41 :
ca va donner du temps et permettre de faire la version NEO, la Chine ne devrait pas tarder, ca fait un moment qui réfléchissent dessus.
a écrit le 18/01/2018 à 19:21 :
Cet article me rend perplexe. Les récentes déclarations d'Airbus sur l'arrêt de production de A380 ont probablement ''incité'' Emirates à mettre la main à la poche pour faire une commande mais, disons-le franchement, Airbus négociait en position de faiblesse sans aucun levier... sinon un brin de chantage auprès de son client.

Et que ça ne tienne, il faut aussi admettre l'hypothèse que la commande est réellement rentable et que ce n'est pas une forme déguisée de ''dumping'' où les avions auraient été bradés au prix coûtant ou pire, en deçà de sa valeur. Si tel était le cas, est-ce que Boeing pourrait porter plainte contre Airbus et ainsi faire face à des sanctions commerciales sur le sol américain ?
a écrit le 18/01/2018 à 18:47 :
Espérons que nous ne le paierons pas trop cher, et je parle autant économiquement que politiquement et humainement...
a écrit le 18/01/2018 à 17:21 :
A380 :
le seul avion dans lequel un émir peut entrer de profil
a écrit le 18/01/2018 à 17:20 :
Ça y est ! Emirates remet au pot, nous passons d'un désastre à une victoire totale, comme pour le rafale vendu à la douzaine comme les œufs ! Nous sommes cyclothymiques.
Tentons d'analyser les raisons du succès : L'A380 consomme beaucoup de pétrole ! ça tombe bien c'est la production majeur des EAU (one size fits EAU). Sans remettre au pot, ils n'étaient pas sur d'avoir des pièces détachées, enfin des pièces à rattacher après que celles ci se soient détachées on se comprend.
Ces avions seront livrés non montés, il s'agit d'un réservoir de pièces au cas ou.
La nouvelle incroyable de cette affaire est qu'AIRBUS passe du pret à porter à la haute couture et est capable plus de dix ans à l'avance de savoir qu'un avion sera en parfaite adequation avec un client.
Airbus invente le one size fits EAU ! Encore plus incroyable du coup le projet ne tombe plus à l'EAU !
Réponse de le 18/01/2018 à 19:34 :
Par passager transporté, l'A380 ne consomme pas beaucoup de pétrole ! (pas plus qu'un autre avion performant). Pourquoi dites vous que ces avions seront livrés non montés ? Vous délirez ou vous avez des informations secrètes ? Quand une compagnie investit dans un avion, c'est effectivement pour 10 ans ou plus ! Rien de nouveau ici.
Réponse de le 19/01/2018 à 7:17 :
Ca a l'air d'etre de la bonne que tu prends alder ^^
a écrit le 18/01/2018 à 16:50 :
l'Emirates n'est pas un enteprise philantropique. D'ou son interessse d'acheter ces appareils quels acune autre operateur du planet voudrait acheter?
Réponse de le 18/01/2018 à 18:01 :
Probablement un bouclier militaire.La France possède une base la bas,et les émirats sont en guerre contre les rebelles yéménites soutenus par l'iran.Possibilité de créneaux supplémentaires a Roissy ce qui est difficile.Et juteuses commissions pour tous les proches acteurs
Réponse de le 18/01/2018 à 19:19 :
Emirates a un énorme hub à Dubai. Sa stratégie est d'avoir de très gros avions pour minimiser le nombre de vol et ne pas faire exploser son Hub de Dubai. La consommation par siège l'A380 est à l'état de l'art quant il est bien rempli (ce qu'arrive à faire Emirates et moins d'autres). Ayant beaucoup d'A380, la gestion de la maintenance de l'appareil ou de son indisponibilité (problème technique) est plus simple que pour d'autres compagnies ayant beaucoup moins d'A380.
Réponse de le 18/01/2018 à 19:31 :
Emirates a un énorme hub à Dubai. Sa stratégie est d'avoir de très gros avions pour minimiser le nombre de vol et ne pas faire exploser son Hub de Dubai. La consommation par siège l'A380 est à l'état de l'art quant il est bien rempli (ce qu'arrive à faire Emirates et moins d'autres). Ayant beaucoup d'A380, la gestion de la maintenance de l'appareil ou de son indisponibilité (problème technique) est plus simple que pour d'autres compagnies ayant beaucoup moins d'A380.
Réponse de le 19/01/2018 à 7:24 :
En gros l'A380 n'est pas facile a exploiter de maniere rentable dans beaucoup de situations, mais il y en a quand meme, principalement les vols interhubs, dont Emirates est le specialiste incontesté. En dehors de Dubai, la plupart des hubs ne sont pas seulement des hubs mais des destinations prisées, ce qui n'est vraiment pas le cas de Dubai, qui est pour ainsi dire exclusivement un hub.

Perso j'habite Tokyo et le seul A380 que j'ai pris est le Paris-Tokyo d'Air France, mais il y a pas mal de vols avec escale type Tokyo-Dubai -> Dubai-Paris qui sont souvent moins chers (car probablement mieux remplis).
a écrit le 18/01/2018 à 16:32 :
Cette société est un peu fatigante à pleurnicher sans arrêt dès le moindre inconvénient malgré des performances très remarquables.Son principal concurrent semble moins gémir pour à peu près la même réussite.
Réponse de le 18/01/2018 à 17:35 :
Où avez vous que Airbus Industrie pleurniche ?
Ce sont les premiers avionneurs du Monde...devant "l'autre" !!!
Réponse de le 18/01/2018 à 20:01 :
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/airbus-joue-sa-survie-la-france-et-l-allemagne-a-sa-rescousse-754183.html
Réponse de le 18/01/2018 à 20:49 :
@libertad46
En fait le premier avionneur au monde est Boeing, mais on va pas chipoter, ça dépend des chiffres qu'on regarde.

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