Exportations d'armes : mais que veut vraiment l'Allemagne ? (2/2)
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Jusqu'ici tout était clair et carré. Mais depuis il y a eu le fameux « Zeitenwende » (le tournant) en matière de défense en Allemagne. Et aujourd'hui la position allemande en matière d'exportation d'armements de la coalition au pouvoir (SPD, Verts et Parti libéral FPD) semble avoir explosé en vol contre toute attente après le discours décoiffant de la ministre de la Défense allemande, Christine Lambrecht (SPD), qu'elle a prononcé le 12 septembre sur la stratégie de sécurité nationale de l'Allemagne. « L'Allemagne doit s'améliorer ici (sur l'exportation d'armes, ndlr), car nous compliquons encore ces projets de coopération en insistant sur des réglementations spéciales en matière d'exportation d'armes », a-t-elle expliqué à Berlin. Une déclaration étonnante en rupture complète avec le contrat de coalition. Ce dont n'auraient jamais rêvé les industriels de l'armement, ni les responsables politiques français quelques jours plus tôt.
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« Ma question est la suivante : comment pouvons-nous attendre de nos partenaires qu'ils investissent dans des projets communs avec nous s'ils doivent s'inquiéter que nous gênions les exportations, gênions le refinancement ? », s'interrogeait le 12 septembre la ministre de la Défense. « Avec nos réserves morales, nous nous plaçons au-dessus de nos partenaires européens. Mais que signifient même les valeurs européennes si nous disons à nos partenaires que leur moralité n'est pas assez bonne ? Après tout, nous ne parlons pas de ventes d'armes à des régimes voyous. Nous parlons d'exportations que, disons, la France, l'Italie et l'Espagne jugent acceptables - comment pouvons-nous alors justifier de faire notre propre politique ? Je ne pense pas que nous le puissions ».
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